La mort de Jean-Mathieu Michel aura été un révélateur édifiant de la démocratie locale

La mort de Jean-Mathieu Michel, maire de Signes au coeur de cet été a soulevé une émotion légitime chez beaucoup de Français et en particulier chez les élus locaux.

C’est que ce décès, quelles que soient les conclusions de l’enquête aura été un révélateur tout à fait édifiant de la démocratie locale telle que beaucoup de nos concitoyens la vivent dans les zones rurales.

Le révélateur d’abord de la grandeur de nos élus locaux, Jean-Mathieu Michel était maire de sa commune depuis près de 40 ans. Il était de ces élus qui ont le service des autres chevillé au coeur. Beaucoup de ses administrés ont témoigné de son infatigable souci d’être présent pour sa commune. A une période où beaucoup de Français se reposent, il était là, à 76 ans, veillant sur ses concitoyens comme on veille sur sa famille. Cet engagement de chaque instant de milliers d’élus de terrain est sans doute ce qui tient notre démocratie debout à l’heure où la défiance pour les représentants de la Nation ne cesse de grandir. Jean-Mathieu Michel était une sentinelle de la République et il en est mort.

Le révélateur ensuite d’un terrible sentiment d’abandon des élus locaux. Le fossé entre les citoyens et leurs élus grandit de plus en plus ces dernières décénnies. on croyait les élus locaux protégés de ce mal démocratique. La mort de Jean-Mathieu Michel montre que si les maires sont les élus en qui nos concitoyens ont de loin le plus confiance, ils sont aussi de plus en plus exposés C’est ainsi que 361 maires et adjoints ont été victimes « d’atteinte volontaires à l’intégrité physique » l’an dernier. Un pays où les élus locaux prennent des risques pour mener une mission le plus souvent bénévolement est un pays profondément malade.

Le révélateur, enfin, d’une crise très inquiétante du civisme. Là encore les circonstance de la mort du Maire de Signes sont éloquentes. Jean-Mathieu Michel voulait empêcher une de ces incivilités qui font malheureusement de plus en plus le quotidien de nos élus laissés bien seuls en première ligne de ce combat. Le civisme est ce qui nous lie. Il n’y a pas de Cité possible sans civisme. L’individualisme de nos sociétés occidentales, le sentiment d’impunité due à la faiblesse de la réponse pénale, le manque de respect le plus élémentaire sont autant de causes de l’affaiblissement de l’esprit de civisme pourtant fondateur de notre Nation.

Le défi est gigantesque mais il faudra le mener sous peine d’observer le lent et inexorable délitement de ce qui tient les Français ensemble, de ce qui nous permet d’envisager un destin commun. Dans cette bataille, les élus locaux seront aux avant-postes. La France doit soutenir ces sentinelles de la République. Elle doit le faire parce que c’est juste au regard du service rendu, elle doit aussi le faire parce que il n’y a rien de plus nécessaire pour l’avenir de notre démocratie que le fait de pouvoir compter sur des hommes et des femmes pour la faire vivre au quotidien sur nos territoires. Il n’est rien de plus indispensable à notre Nation que des Jean-Mathieu Michel.

Bruno Retailleau


"Cachez cet Aquarius que je ne saurais voir !"

« Cachez cet Aquarius que je ne saurais voir ! » : ainsi pourrait-on résumer l’attitude d’Emmanuel Macron dans ce nouvel épisode autour de l’Aquarius.  D’un côté, le président de la République ne cesse de faire la leçon aux Italiens ou aux Hongrois pour qu’ils accueillent des migrants et de l’autre, il refuse de les accueillir à Marseille. Cette tartufferie d’Etat ne peut plus durer. Elle est moralement condamnable et politiquement irresponsable : souffler le chaud et le froid comme le fait Emmanuel Macron est le meilleur moyen de créer de nouveaux appels d’air pour une immigration incontrôlée que nous n’avons plus les moyens d’intégrer.

Une autre politique s’impose, mobilisant un maximum d’Etats européens, afin de mettre en place notamment un blocus humanitaire et sécuritaire en Méditerranée. Blocus humanitaire pour sauver les migrants des noyades éventuelles, et blocus sécuritaire pour lutter contre les passeurs, exiger que les ONG ne renforcent pas, par leurs actions, les filières d’immigration illégale et reconduire les embarcations jusque dans leurs ports d'origine.

Bruno RETAILLEAU