Un discours qui essaie de ne choquer personne et de ménager tout le monde

Le discours d’Emmanuel Macron était confus sur le fond et très faible sur les mesures. C’est un discours très ambigu, qui essaie de ne choquer personne et de ménager tout le monde. En revendiquant l’existence d’identités multiples en France et en parlant de stigmatisation Emmanuel Macron est une fois de plus dans une posture multiculturaliste et victimaire. Il ne peut pas y avoir de En même temps dans la lutte contre l’islamisme.

Sur le fond, le président de la République a tort de dire qu’il ne s’agit pas d’un problème de laicité. C’est bien au nom de pratiques religieuses que les islamistes cherchent à constituer une contre-société, avec des symboles comme le voile ou des revendications comme les horaires différenciés dans les piscines. Quand le président fait un tel contre-sens sur la laicité, il se condamne à l’impuissance.

Sur les mesures, elles sont très faibles ou très floues et ne permettront pas de faire régresser l’islamisme territorial. Rien sur les expulsions des prêcheurs de haine, rien sur l’assimilation sans laquelle on ne pourra pas lutter contre le communautarisme. Je trouve très dangereux d’instituer le CFCM comme l’interlocuteur privilégié du dialogue avec l’Etat quand on sait que son délégué général, il y a quelques semaines, expliquait que Mila l’avait bien cherché... Le CFCM est une instance qui nourrit trop de liens avec les pays étrangers pour être totalement indépendante.

En réalité, Emmanuel Macron n’a ni le logiciel, ni les ministres, ni la majorité pour combattre efficacement l’islamisme.

Bruno RETAILLEAU

B. RETAILLEAU - BFMTV - 18/02/20

Islamisme : Bruno RETAILLEAU était l'invité d'Apolline de Malherbe mardi 18 février 2020.


[INTERVIEW] "Contre l'islamisme, il sera bientôt trop tard" B. RETAILLEAU - JDD - 16/02/20

INTERVIEW - Avant le discours d'Emmanuel Macron mardi sur le communautarisme, le chef des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau présente son plan pour "gagner la guerre contre l'islamisme". Centres de rétention pour djihadistes, déchéance de nationalité pour les binationaux, "peine d'indignité nationale" pour les Français... il détaille ses propositions et pointe la complaisance de certains élus.

Emmanuel Macron va dévoiler cette semaine ses premières pistes contre le « séparatisme ». Dites-vous « enfin » ?

Il a fallu trois ans à Emmanuel Macron pour savoir si on devait parler de « communautarisme » ou de « séparatisme ». Pendant ce temps, on est en train de perdre le combat contre l’islamisme, que nous devons mener sur trois fronts simultanément : celui du djihadisme et du terrorisme ; dans les enclaves territoriales islamistes ; contre le politiquement correct. Bientôt, il sera trop tard. Il faut réagir immédiatement. Ce qui manque surtout, c’est la lucidité et le courage, qu’il s’agisse de l’islam politique, de la laïcité ou de l’immigration. Car on ne doit plus dissocier, par conformisme, les dérives communautaristes du laisser-aller migratoire. La vérité, c’est qu’on ne peut assimiler des populations toujours plus nombreuses.

Y a-t-il des territoires aux mains des islamistes en France ?

Il y a des enclaves qui se referment, oui. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Les doctrinaires islamistes le disent : leur stratégie est de créer des contre-sociétés salafistes, des mini-États islamiques sur le territoire français. Ce sont des bombes à retardement, les terreaux des vocations djihadistes de demain. La DGSI a dénombré 150 de ces enclaves. Il faut d’abord que l’État en établisse un diagnostic sur la base d’une cartographie.

Et ensuite ?

Dans ces enclaves, il faut créer et déployer une force d’intervention républicaine pour concentrer des moyens exceptionnels : police et gendarmerie, mais aussi magistrats, travailleurs sociaux, services fiscaux et douanes… Cette stratégie, proposée notamment par le général Soubelet, doit nous permettre de traiter ces quartiers un par un, en profondeur, en mobilisant des moyens massifs jusqu’à ce que nous ayons repris le contrôle. Il faut aussi faciliter la fermeture des mosquées islamistes. Seules deux l’ont été en 2019. Nous devons pouvoir les fermer quand des discours de haine y sont tenus. Il faudra modifier la loi Silt en ce sens.

Y a-t-il des élus complices des islamistes ?

Bien sûr. À droite comme à gauche. Je propose donc un contrôle de légalité renforcé pouvant aller jusqu’à une mise sous tutelle républicaine d’une collectivité par le préfet lorsqu’on constate des manquements graves.

Que faire des djihadistes souhaitant rentrer en France ?

Il ne doit pas y avoir de retour en France pour ceux qui ont trahi leur pays. Ils doivent être jugés sur place, par les États ou un tribunal international. Les binationaux doivent être déchus de leur nationalité française. Pour les Français, je propose une peine d’indignité nationale avec interdiction d’accès au territoire français. Nous devons interdire tout séjour en France pour ceux qui nous menacent, et mener une politique active d’expulsion des étrangers dangereux. C’est possible avec l’arsenal dont nous disposons.

Ne serait-il pas plus sûr de garder les djihadistes dans nos prisons plutôt qu’à l’étranger ?

Non, parce que notre système carcéral est en situation d’échec. Comme l’a résumé un jeune chercheur, Hugo Micheron, nos prisons sont en réalité « l’ENA du djihadisme ». Elles fonctionnent comme une machine à disséminer l’islamisme. Avec 522 individus concernés fin 2019, c’est le premier réservoir humain de djihadistes en Europe. Face à cela, il faut des moyens supplémentaires pour le renseignement pénitentiaire, mais aussi créer des centres de détention pour djihadistes garantissant une étanchéité totale.

Des personnes condamnées pour activités en lien avec une entreprise terroriste vont être libérées dans les mois qui viennent. Que faire ?

Dans les deux prochaines années vont sortir de prison plus d’une centaine de djihadistes condamnés avant la loi de 2016 renforçant la lutte contre le crime organisé et le terrorisme. Avec Philippe Bas et Marc-Philippe Daubresse, nous proposerons dans les tout prochains jours un dispositif qui permette d’étendre à ces individus les mesures de surveillance et de rétention de sûreté prévus par la loi de 2016.

Est-ce constitutionnel ?

Pour que cela soit constitutionnel, ces dispositions devront être limitées aux individus condamnés pour des crimes de terrorisme et représentant un degré élevé de dangerosité. Mais je le dis solennellement : si l’action publique est entravée, alors il faudra faire un référendum. Il s’agit de protéger la société française. C’est une question de vie ou de mort.

Vous dénoncez le « politiquement correct ». Est-ce vraiment le sujet ?

Une partie du combat se joue dans les esprits. Il faut nommer correctement les choses, et on ne le fait pas. On est passé de l’excuse sociale à l’excuse psychiatrique. Mais le djihadisme n’est pas une pathologie. C’est une idéologie. « Radicalisation » est aussi un mot piégé parce qu’il banalise. Posons le bon diagnostic et refusons le piège de l’islamophobisme.

Qu’entendez-vous par « islamophobisme » ?

On l’a encore vu à l’œuvre avec la jeune Mila. Il a un double objectif : empêcher toute critique de l’islam en réhabilitant le délit de blasphème et solidariser tous les musulmans en leur faisant croire qu’il y aurait une haine antimusulmane en France. Le 10 novembre, on a vu des hommes politiques de premier plan tomber dans ce piège et manifester aux côtés de gens criant « Allah Akbar ». Aucun de ceux qui y sont allés ne mérite le qualificatif de républicain. L’islam n’est pas intouchable et nos libertés ne sont pas négociables.

Propos recueillis par Christine Ollivier


Le Conseil d’État vient de donner une leçon au Gouvernement

La circulaire Castaner qui cherchait à tripatouiller le résultat des élections municipales s’apparentait à un coup de force contre la démocratie.

Le Gouvernement ne voulait pas que les Français aient une photographie juste du résultat des élections municipales. On retrouve avec cette manœuvre les travers du macronisme : une tendance à préférer le théâtre et l’ambiguïté à la vérité.

La manœuvre était double :

-      - Pas d’étiquette politique en dessous de 9000 habitants parce que LaREM n’est pas capable de gagner des mairies dans cette strate de population ;

-     - L’apparition d’une nouvelle catégorie politique « listes divers centre » qui regrouperait non seulement les listes investies par LaREM mais également les listes plus ou moins soutenues par laREM.

C’était une véritable manipulation qui permettait à LaREM de gonfler ses résultats et de revendiquer des victoires là où elle n’aurait même pas eu de candidat.

Le pot aux roses a été dénoncé par de nombreux juristes et le Conseil d’État vient d’infliger un véritable camouflet au Gouvernement. Il a relevé une erreur manifeste d’appréciation et une atteinte à l’égalité entre les nuances. Le Gouvernement est sévèrement désavoué.

C’est le deuxième désaveu après l’avis sur le projet de loi retraite en quelques jours. Le Conseil d’Etat vient de donner une leçon au Gouvernement et de lui rappeler que nous étions dans un état de droit. Le pouvoir ne peut pas s’assoir sur la démocratie et tout se permettre.

 

Bruno RETAILLEAU


[REPLAY] B. RETAILLEAU - LCI - 29/01/20

Bruno RETAILLEAU était l'invité politique d'Elizabeth Martichoux sur LCI le mercredi 29 janvier 2020


[REPLAY] B. RETAILLEAU - Europe 1 - 07/01/20

Bruno RETAILLEAU était l'invité d'Europe 1 le mardi 7 janvier 2020, l'occasion de revenir sur la réforme des retraites.


Décision de la Cour de Cassation sur la GPA : réaction de B. RETAILLEAU

Le 18 décembre, la Cour de Cassation a déclaré que deux hommes ayant eu recours à la GPA étaient considérés comme parents à part entière de l’enfant.

Cette validation de la parenté d’intention est une jurisprudence qui bouleverse notre droit de la filiation et qui va conduire à une légalisation de fait, sinon de droit, de la GPA dans notre pays. Nous ne pouvons pas l’accepter. Évidemment pour des raisons morales : la GPA, c’est la location d’un utérus et la vente d’un enfant, le plus souvent par des femmes pauvres au profit d’hommes riches. Mais aussi pour des raisons politiques : ce n’est pas au juge de faire la loi, mais au législateur, représentant légitime du peuple français.

Dans le cadre du projet de révision des lois bioéthiques au Sénat, je m’opposerai à la PMA sans père, notamment parce qu’elle est le cheval de Troie de la GPA. Car au nom de quoi refusera t’on aux couples d’hommes ce que l’on a accordé aux couples de femmes ? Mais je déposerai aussi des amendements visant à réaffirmer explicitement l’interdiction de la GPA dans notre droit. Ce sera un moment de vérité.

Si le gouvernement est favorable à la GPA, qu’il le dise. Mais l’exécutif doit cesser de se cacher derrière le judiciaire pour faire aboutir des régressions éthiques qu’il n’ose pas assumer.

Bruno RETAILLEAU


[REPLAY] B. RETAILLEAU - RTL - 17/12/19

Bruno RETAILLEAU était mardi 17 décembre 2019 l'invité d'Alba Ventura sur RTL. L'occasion de revenir sur sa proposition de service minimum garanti dans les transports et la réforme des retraites.


[REPLAY] B. RETAILLEAU - LCI - 11/12/19

Bruno RETAILLEAU était l'invité d'Elizabeth MARTICHOUX sur LCI le 11 décembre 2019


Lycéennes voilées pendant les cours : le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté

COMMUNIQUÉ

Moins d’un mois après que la rectrice de l’académie de Versailles ait refusé de visiter une école à Clamart en raison de la présence de mères voilées dans l’établissement, l’Express révèle que dans un lycée de Seine-Saint-Denis, des lycéennes voilées assistent à certains cours et que dans un établissement des Hauts-de-Seine les manifestations communautaires sont nombreuses et même tolérées.

Ces révélations sont une confirmation de ce que beaucoup savent mais que trop peu osent dire : aujourd’hui l’islam politique progresse et la République recule. Elle recule lorsque l’interdiction des signes religieux à l’école publique n’est plus respectée. Elle recule lorsque les menus communautaires sont autorisés et que certains contenus ne peuvent plus être enseignés. Elle recule aussi lorsque le Gouvernement refuse d’interdire le port du voile islamique pour les accompagnants scolaires que le Sénat a voté.

Face à cette dérive, le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Jean Michel Blanquer doit s’expliquer. Le Ministre de l’Education Nationale ne peut pas affirmer d’un côté que « le voile n’est pas souhaitable » et tolérer la présence d’élèves voilées à l’école de la République, en dépit de la loi de 2004. Cet « en même temps » est insupportable, ces accommodements déraisonnables sont irresponsables : à force de composer, c’est la République qui se décompose. J’attends du Gouvernement qu’il envoie un message clair : la laïcité n’est pas négociable, la République n’est pas à géométrie variable.

Bruno RETAILLEAU