Ce qui se joue aujourd’hui en Syrie, c’est la crédibilité de la France et la sécurité des Français.

Ce qui se joue aujourd’hui en Syrie, c’est la crédibilité de la France et la sécurité des Français.

  • La sécurité des Français car la fuite en Syrie de près de 800 individus liés à la mouvance islamiste rend la menace plus forte que jamais pour notre pays. Qu’un seul de ces fous d’Allah pose le pied sur le sol français et nous risquons de nouveaux Bataclan ! L’urgence aujourd’hui, c’est de tout mettre en œuvre pour éviter la reconstitution de l’EI et la dispersion des djihadistes détenus en Syrie. Soit les forces spéciales françaises sont en capacité opérationnelle de sécuriser les camps où sont détenus ces islamistes ; soit la France demande et organise leur transfert vers l’Irak. Une chose est sûre : ces islamistes ne doivent tomber ni entre les mains du régime syrien ni entre celles de Recep Erdogan, le risque d’un chantage étant trop élevé. C’est à nous de garantir notre propre sécurité, en collaboration étroite avec nos alliés, à commencer par les kurdes.
  • La crédibilité de la France car les Kurdes ont, à nos côtés, payés le prix du sang dans la guerre contre le totalitarisme islamiste. Les abandonner serait nous renier ; les ignorer, nous trahir. La France ne doit avoir qu’une parole, celle de l’honneur et de la fidélité à ses alliés. Je demande à Emmanuel Macron de rappeler notre ambassadeur à Ankara, d’exiger de l’UE qu’elle prenne immédiatement des sanctions économiques contre le régime de Recep Erdogan et qu’elle rompe définitivement les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. L’Europe doit adresser un message clair à Ankara : les provocations turques doivent cesser.

Tirons les enseignements du passé : en Syrie comme en Irak, le chaos a toujours profité aux islamistes. Ce chaos, la Turquie d’Erdogan est en train de le reconstituer. Il faut agir vite, avant qu’il ne soit trop tard.

Bruno RETAILLEAU


Islamisme : l’Etat ne peut pas se défausser sur la société !

Hier à la Préfecture de Police de Paris, Emmanuel Macron a dénoncé « l’islamisme souterrain » qui gangrène la société. Si l’on ne peut que partager le constat, on peut s’interroger sur les réponses que dessinent le Président de la République.

En affirmant que les institutions « à elles seules ne suffiront pas » et en appelant à une « société de la vigilance », Emmanuel Macron semble oublier une chose : c’est à l’Etat de protéger les Français. C’est à lui qu’il revient de traquer et de neutraliser « l’hydre islamiste » qu’Emmanuel Macron a évoqué.

L’Etat ne peut pas se défausser sur la société. Il doit assumer toutes ses responsabilités. Car dans le drame qui vient d’endeuiller la République, c’est bien l’Etat qui a failli ! Pourquoi la salafisation de cet agent placé au cœur du renseignement n’a-t-elle pas été signalée aux plus hautes autorités ? Comment expliquer que l’imam radical qu’a fréquenté Michael Harpon n’ait pas été expulsé ? Pourquoi Christophe Castaner a, une fois de plus, cherché à relativiser ?

Emmanuel Macron a beau jeu d’appeler la société à la vigilance : depuis le début de son quinquennat, de nombreux observateurs, des élus locaux, de simples citoyens également, tirent le signal d’alarme et alertent le Gouvernement sur la progression du fréro-salafisme. A chaque fois, ces lanceurs d’alerte ont été ignorés, quand ils n’étaient pas caricaturés en « islamophobes » ou en « populistes ». Faut-il rappeler les propos de M. Griveaux qui jugeait « stigmatisante » la tribune de 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste ? Ou ceux de M. Castaner comparant le voile islamique aux « fichus de nos grands-mères » ? Le Chef de l’Etat promet « l’intransigeance » sur les valeurs républicaines, mais voilà plus de deux ans que les Français attendent le grand discours promis par Emmanuel macron sur la laïcité ! Qu’attendons-nous pour renforcer les sanctions contre ceux qui ne respectent pas les lois que le peuple français s’est données ?

Quant à la distinction entre la « vigilance » et le « soupçon », qui la fera ? La société elle-même ? Mais sur quels critères ? Selon quels procédés ? La nation française est assez fracturée pour ne pas rajouter de nouveaux motifs de division. Contre l’ennemi islamiste, seul l’Etat a la légitimité pour à la fois protéger et rassembler.

Nous sommes en guerre contre le totalitarisme islamiste et dans cette guerre, c’est l’Etat et lui seul qui dispose des armes pour le neutraliser : qu’il les utilise et qu’il en forge de nouvelles pour plus d’efficacité !

 

Bruno RETAILLEAU


La réponse du gouvernement n'est absolument pas à la hauteur des problèmes des policiers

Malheureusement, le gouvernement et particulièrement le ministre de l’Intérieur n’ont pas compris ou ne veulent pas comprendre, ni entendre, le profond désespoir exprimé cet après-midi par les policiers. 

Ce ne sont pas les réponses « ultra techno » que nous avons entendues toute la journée qui résoudront quoi que ce soit à une situation qui ne cesse de s’aggraver. 

Bien sûr les moyens manquent aux policiers, bien sûr les heures supplémentaires ne sont pas payées et cela doit être réglé ; mais le problème n’est pas seulement celui-là. On ne peut être qu’effaré par la cécité du gouvernement.

Ce que disent aussi les policiers c’est qu’ils en ont assez d’être déconsidérés, ils en ont assez de voir une chaîne pénale qui dysfonctionne au point que l’impunité de certains délinquants devient la règle ! Ils en ont assez que des ordres venus d’en haut les empêchent d’intervenir là où il le faudrait !

C’est l’autorité de l’État qui est en cause ! La réponse strictement comptable du gouvernement n’est absolument pas à la hauteur des problèmes auxquels sont confrontés nos forces de police.

Bruno RETAILLEAU
Président du groupe Les Républicains au Sénat


"L’ambiguïté du président finira par le rattraper" B. RETAILLEAU - Le Figaro - 26/09/19

INTERVIEW - Le sénateur LR de la Vendée et président du groupe Les Républicains au Sénat attend «des actes» de la part d’Emmanuel Macron concernant sa politique migratoire.

LE FIGARO. - Emmanuel Macron affiche sa volonté de durcir sa politique migratoire. Il va dans votre sens?

Bruno RETAILLEAU. - Je suis perplexe, parce qu’il me semble qu’au lieu d’une rupture il s’agit seulement d’une posture. Sa loi asile et immigration a été promulguée il y a un an et il a lui-même admis que la France est devenue le premier pays de rebond pour les déboutés des autres pays européens, avec une explosion de 22 % des demandes d’asile. C’est donc un échec. Pourtant, nous lui avions proposé de durcir le regroupement familial, comme d’autres pays européens l’ont fait. Mais il a fait l’inverse: Emmanuel Macron a ouvert aux mineurs étrangers la possibilité d’un regroupement familial pour les frères et sœurs.

Pourquoi un premier échec empêcherait-il d’éventuelles avancées?

J’attends des actes. Or nous n’avons pour l’instant que la promesse d’un débat. C’est peu. La question de l’immigration a été posée à l’écart de la délibération du peuple français, puis instrumentalisée politiquement. Certains ont fait de l’immigré la nouvelle figure du prolétaire, d’autres un bouc émissaire. Sans fermeté, le peuple se révoltera et tout cela peut très mal finir.

Sur ce sujet de l’immigration, les questions de l’attractivité du pays ou des reconduites à la frontière ne sont-elles pas posées par le pouvoir?

Dans les mots peut-être, mais certainement pas dans les faits. Par les décisions prises à l’Élysée, la France est le pays le plus attractif d’Europe en matière d’immigration, de regroupement familial, de visas accordés pour des étrangers malades ou d’aide médicale d’État (AME). L’appel d’air fonctionne au maximum. C’est un fait, constaté d’ailleurs par Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Cet expert venu de la gauche tire la sonnette d’alarme dans un rapport de la Fondapol. Je propose plusieurs mesures: transformer l’AME en aide d’urgence, recentrée uniquement sur les maladies contagieuses et infectieuses ; durcir les conditions du regroupement familial et supprimer toutes les aides sociales aux clandestins ou déboutés du droit d’asile. 

Quant aux reconduites, nous devons revenir sur la durée de rétention en passant de 48 heures à 5 jours. De même, l’aide humanitaire française et européenne doit être conditionnée à la maîtrise des flux migratoires. Je propose aussi une modification de la Constitution pour permettre au Parlement de voter, chaque année, des plafonds d’immigration. Il est également urgent de détruire les réseaux de passeurs. En passant par une délibération du Conseil de sécurité à l’ONU, des opérations de type militaire peuvent anéantir les moyens de ces filières esclavagistes, mieux rémunérées aujourd’hui que les cartels de la drogue.

«Il faut interdire les ­listes communautaires à toutes les élections et inscrire dans la Constitution un principe simple»

Stratégiquement, Macron n’a-t-il pas raison d’occuper l’espace sur des thématiques réputées de droite?

Son ambiguïté finira par le rattraper. Je me souviens de son discours communautariste à Marseille, quand il était candidat, et de son éloge du multiculturalisme à Washington, quand il est devenu président. Mais nous allons bien voir: dans quelques jours au Sénat, nous débattrons d’une proposition de loi pour interdire aux accompagnatrices d’être voilées dans les sorties scolaires. Sur la burqa, il est temps de passer de la contravention au délit, en supprimant les aides sociales pour les récidivistes. De même, il faut interdire les listes communautaires à toutes les élections et inscrire dans la Constitution un principe simple: «nul ne peut se prévaloir de sa religion pour se soustraire à la règle commune». J’attends d’ailleurs le discours promis depuis deux ans par Emmanuel Macron sur la laïcité. L’islam politique teste la société française en permanence. Arrêtons d’êtres dupes!

Vous reconnaissez les renoncements de la droite sur l’immigration mais vous ne souhaitez pas en assumer la responsabilité. Quel est votre message?

Le passé de la droite est aussi un passif. C’est ce que nous disent en permanence nos électeurs. La droite est responsable de trois grandes erreurs. Une erreur démographique, d’abord, avec le regroupement familial: on est passé d’une immigration de travail à une immigration de peuplement. Une erreur démocratique, ensuite, avec le traité de Lisbonne: on est passé outre la décision souveraine des Français. Une erreur technocratique enfin: du collège unique aux ARS (agences régionales de santé) en passant par la suradministration, on a cédé à l’étatisme qu’il a fallu financer par une fiscalité écrasante. En commettant ces trois erreurs, la droite s’est coupée d’une part de son électorat. N’ayant fait partie d’aucun gouvernement, je ne me sens ni comptable ni responsable de ces erreurs-là.

Êtes-vous prêt à incarner le nouveau projet politique de la droite en 2022?

Je ne l’écarterai pas si je considère que c’est mon devoir. Pour une certaine droite, totalement recyclée dans le macronisme, l’idée du pouvoir comptera toujours plus que le pouvoir des idées. Moi, j’ai toujours pensé que les convictions étaient l’honneur de la politique. Donc, en 2022, soit mes convictions seront portées et j’aiderai celui ou celle qui les incarnera. Sinon, je prendrai mes responsabilités.

Mais au-delà des idées, en avez-vous envie?

Ce n’est pas une affaire d’envie égocentrée. Les déceptions sont toujours venues d’un écart trop grand entre l’envie d’avoir le pouvoir et la capacité de l’exercer avec audace et courage. En revanche, j’ai envie que mes convictions soient défendues. J’en ai deux: la souveraineté pour la France et la liberté pour chaque Français. Il s’agit de permettre au peuple français de reprendre en main son destin.

Que pensez-vous de la primaire?

La primaire est le plus mauvais système, à l’exception de tous les autres! Sans doute doit-on l’améliorer, par exemple avec une primaire à un tour pour éviter les déchirements que nous avons connus dans l’entre-deux-tours. Mais j’attends qu’on m’explique comment, sans primaire, éviter les candidatures multiples à la présidentielle. Prendre le risque de plusieurs candidats de droite au premier tour, c’est l’assurance d’un nouveau duel Macron-Le Pen au deuxième tour. La droite serait irresponsable de prendre ce risque.

Par Emmanuel Galiero
Publié le 26/09/2019


[REPLAY] B. RETAILLEAU - BFMTV - 25/09/19

Bruno RETAILLEAU était l'invité de Jean-Jacques BOURDIN le mercredi 25 septembre 2019. L'occasion de revenir sur les sujets qui font l'actualité : Immigration, Climat, PMA sans père...




[REPLAY] B. RETAILLEAU - Europe 1 - 19/09/19

Bruno RETAILLEAU était l'invité de David Boukhan sur Europe 1 le 19 septembre. Il est revenu sur la réforme des retraites et l'immigration.




[REPLAY] B. RETAILLEAU – France Inter – 17/09/19

Bruno RETAILLEAU était l’invité de Léa Salamé sur France Inter le 17 septembre. L'occasion de revenir sur les sujets qui font l'actualité :

Immigration : Emmanuel Macron est le grand illusionniste. Les mots sont toujours plus fort que les actes. Il semble faire, mais en réalité il fait semblant.
Quotas : La politique, ce ne sont pas seulement des mots et des symboles, ce sont des actes. Ce qu'on demande, c'est que chaque année le Parlement fixe des quotas migratoires.
Asile : Devant les ambassadeurs, Emmanuel Macron a reconnu que la France est désormais, en Europe, le pays du rebond du droit d'asile : il y a une explosion de +22% des demandes d'asile, alors que l'Europe est à -10%. 
Portefeuille commission européenne : Vous avez deux phénomènes : la mondialisation menace la singularité de nos cultures et les grands flux migratoires posent la question d'un islam politique qui est conquérant.
PMA : Pour ce qui concerne la PMA, je voterai contre. La grande question c'est de savoir jusqu'où aller pour satisfaire des désirs ou soulager des souffrances.




«Le macronisme est une contrefaçon» B. Retailleau dans Le Figaro

INTERVIEW (Emmanuel Galiero) - Le sénateur LR invite la droite à «ne pas avoir honte de ses convictions».

LE FIGARO. - Plusieurs visages des Républicains n’ont pas été vus à La Baule cette année. Est-ce un regret et quelle leçon en tirez-vous?

Bruno RETAILLEAU. - Il y a de vraies absences, c’est vrai, mais sans être obligé d’accepter cela comme une fatalité, il est normal de ne pas y retrouver ceux qui ont quitté Les Républicains. Ce rendez-vous a pour objet de répondre à une seule question: la droite est-elle morte? Notre famille politique peut-elle survivre à l’effacement du clivage droite-gauche, comme au duel si bien scénographié entre les progressistes et les populistes? Si la volonté d’unité est également capitale, nous avons trop longtemps fait de cette unité et de ce rassemblement l’alpha et l’oméga. Et finalement, nous avons oublié une chose simple: le rassemblement ne peut être que la conséquence d’un socle de convictions et de projets. Aujourd’hui, nous sommes sans doute à la croisée des chemins.

Lesquels?

Il existe trois attitudes au sein de notre famille politique. Il y a ceux qui, par défaitisme, ont estimé qu’il fallait vite se ranger dans le camp des gagnants. Évidemment, ceux-là nous ont quittés parce qu’ils ont toujours placé leurs calculs avant leurs convictions. Quant aux maires dits macron-compatibles, ils reviendront lorsque les sondages s’inverseront. L’autre attitude consiste à tourner le regard vers le ciel en espérant un événement salvateur, un sauveur ou un revenant. Mais cela ne marchera pas. D’abord parce que sur beaucoup de sujets notre passé est aussi un passif. Mais aussi parce que la droite ne pourra se sauver que par elle-même. Rebâtir un projet à partir d’un idéal est la seule attitude à avoir. D’ailleurs, la question de notre espace politique entre Macron et Le Pen pose d’abord celle de nos différences.

«La question de notre espace poli­tique entre Macron et Le Pen pose d’abord celle de nos différences»

Comment la droite peut-elle marquer sa singularité?

Il est facile de nous démarquer de Le Pen car notre projet n’est pas la France claquemurée, condamnée à n’être qu’un quartier clos du village global. Le Rassemblement national est un attrape-tout. Il capture les angoisses et les colères en y répondant avec le langage de la démagogie, comme avec la retraite à 60 ans qui appauvrirait la France et les retraités français. Quant à Emmanuel Macron, certains pensent que nous avons avec lui une différence de degrés. Je crois tout le contraire: c’est une différence de nature qui nous oppose. En vérité, le macronisme est une contrefaçon de ce à quoi nous croyons. C’est pourquoi Emmanuel Macron est condamné à ne faire que semblant. 

Dans quels domaines?

Il fait semblant sur les réformes économiques, lorsqu’il renonce à la baisse de la dépense publique et à la compétitivité de la France. Nous sommes 25e sur 28 pour le taux de chômage en Europe. Il fait semblant sur les retraites, en faisant croire aux Français qu’il n’y aura pas de baisse des pensions, même si on ne recule pas l’âge de départ. Sur la sécurité, on enregistre 110 policiers et pompiers agressés chaque jour dans une totale indifférence gouvernementale. En matière d’immigration, nous sommes devenus le premier pays européen de rebond pour l’asile. Enfin, en matière d’écologie, il fait semblant sur le Mercosur en faisant croire qu’il abandonne le traité alors qu’il ne fait que le suspendre, après avoir déclaré que c’était un bon accord. Incendies ou pas en Brésil, il n’est pas possible de faire entrer, sur le sol français, des produits intégrant des molécules interdites en Europe. Tout le reste, c’est de la pipe, comme le dit Emmanuel Macron lui-même!

Concernant la révision constitutionnelle, Nicole Belloubet a annoncé que rien ne serait décidé sans l’accord du Sénat…

C’est à nouveau un coup de com et même du jamais-vu de délibérer en Conseil des ministres sur des textes constitutionnels sans les inscrire à l’ordre du jour du Parlement. En réalité, c’est un début de campagne sénatoriale qui vise à donner le mauvais rôle au Sénat. Nous ne sommes pas opposés ni à la réduction du nombre de parlementaires ni à la limitation dans le temps du cumul des mandats. La balle est donc dans le camp du gouvernement.

Mais quelle est la nature politique du macronisme?

Emmanuel Macron est le point d’intersection et l’aboutissement de deux trajectoires croisées. Celle d’une gauche de gouvernement avec sa conversion au néolibéralisme décomplexé, à l’individualisme et à la politique des minorités, et celle d’une droite qui s’est perdue dans les eaux glacées du matérialisme en réduisant la politique à la gestion. E. Macron achève aux deux sens du terme ces deux évolutions. Il illustre parfaitement cette convergence contemporaine du libéralisme culturel, à l’origine de gauche, et du néolibéralisme financier, à l’origine de droite.

Macron n’a-t-il pas pris la main sur la communication?

Bien sûr. Le théâtre macronien est une mise en scène parfaite. Mais c’est un monologue. Tôt ou tard, il sera rattrapé par la réalité parce qu’il n’aura pas de résultat, ses réformes étant homéopathiques. En revanche, il a raison quand il dit craindre les risques de violence. Les crises couvent toujours.

Quelle est la solution pour la droite?

Un vide existe. La majorité des Français refusent l’impasse démocratique du duel entre progressisme et populisme. Aux élections européennes, ce refus a été exprimé par près de 60 % de l’électorat. Une attente n’est pas comblée et une espérance n’est pas portée. La droite ne doit pas avoir honte de ses convictions. Quand on est au fond du trou, on ne baisse pas la tête, on regarde vers le haut! La droite doit se mettre au travail pour incarner un nouvel idéal français, fondé sur la liberté du peuple, l’autorité de l’État et l’identité de la nation.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 02/09/2019.


L’avenir de la terre, ce n’est pas le retour à l’âge de pierre !

L’abandon des recherches pour la construction d’un réacteur nucléaire français de 4ème génération est une faute, écologique, stratégique et politique.

Une faute écologique, car le nucléaire reste notre principale source d’énergie décarbonnée. Aucune autre énergie propre n’est aujourd’hui assez rentable et assez développée pour se substituer au nucléaire.

Une faute stratégique, car le nucléaire est une filière d’excellence française qui assure notre indépendance énergétique et représente une filière économique de tout premier plan. La recherche sur le nucléaire permet de conjuguer responsabilité environnementale et souveraineté industrielle.

Une faute politique enfin, car le Gouvernement cède ainsi aux ayatollah d’une écologie régressive et décroissante. Nous ne pourrons pas protéger notre environnement sans la recherche et l’innovation.

L’avenir de la terre, ce n’est pas le retour à l’âge de pierre !

Bruno RETAILLEAU


«Le traité Mercosur-UE est d’un autre temps» B. RETAILLEAU - Le Figaro - 11/07/19

TRIBUNE - Le président du groupe LR au Sénat dénonce la «tartufferie écologique» du président de la République. S’il se dit favorable à la liberté d’entreprendre, il déplore un accord désastreux pour notre agriculture et la santé des consommateurs.

«Make our planet great again.» C’était en juin 2017. La formule macronienne avait fait mouche, piquant au vif un Donald Trump parti en guerre contre l’accord de Paris. Un an plus tard, Emmanuel Macron était sacré par les Nations unies «champion de la Terre». Rien que cela! Mais au lieu d’un titre de champion, c’est un Molière qui aurait dû lui être décerné. Car à travers son soutien au traité avec le Mercosur, la tartufferie écologique s’étale au grand jour, sur fond d’un drame économique, celui de l’agriculture française, et dont le roman de HouellebecqSérotonineconstitue la fable malheureuse.

Les mêmes qui font le procès du glyphosate ouvrent nos marchés à ceux qui chez eux l’utilisent massivement

De quoi s’agit-il avec cet accord? De doper la croissance, nous explique-t-on. Mais à coup d’antibiotiques et de molécules interdites sur le sol européen, comme l’atrazine par exemple. Nos concitoyens savent-ils qu’au Brésil 74 % des produits phytosanitaires utilisés sont prohibés en Europe? Qu’on se rassure: des contrôles drastiques seront établis. Compte tenu de l’insuffisance des contrôles existants, il est permis d’en douter. Ainsi, en 2017, un rapport de l’IGF soulignait que, sur un poste d’inspection frontalier français, «aucune recherche d’hormones n’était réalisée sur la base des viandes importées ; la recherche d’antibiotiques n’était réalisée que pour la viande d’agneau et de cheval». Soyons honnêtes avec les consommateurs: la traçabilité n’était pas garantie, le risque sanitaire existe. Cette honnêteté est d’autant plus nécessaire que l’hypocrisie à laquelle on assiste est insupportable: les mêmes qui font le procès du glyphosate ouvrent nos marchés à ceux qui chez eux l’utilisent massivement ; les mêmes qui s’émeuvent de la condition animale délivrent des laissez-passer aux gigantesques fermes usines sud-américaines. «L’en même temps», encore et toujours. Beaucoup redoutent aujourd’hui que, d’une science, l’écologie ne devienne une religion

Ces accords commerciaux sont d’un autre temps

Une chose est sûre: elle a désormais ses faux dévots, vrais hypocrites exigeant des autres les vertus environnementales qu’ils piétinent eux-mêmes, distribuant des indulgences à ceux prêts à en payer le prix. Certes, tout accord commercial implique des compromis réciproques. Mais justement: de quelle réciprocité a bénéficié une agriculture française qui, prise entre le marteau de la concurrence déloyale et l’enclume des contraintes environnementales ou sociales, a perdu deux points de parts de marché depuis dix ans, soit le plus fort recul mondial sur les marchés agricoles? Notre puissance agricole s’érode et voilà que la Commission européenne, avec la complicité sinon la passivité du gouvernement français, se propose de l’affaiblir davantage. Ce renoncement de plus, c’est la trahison de trop. Comment les éleveurs de bovins, étrillés par une succession de crises, pourront-ils résister à l’arrivée sur le marché européen de 99.000 tonnes de viande bovine produite à bas coût? Comment notre filière volaille pourra-t-elle s’en sortir alors que déjà 43 % des poulets consommés en France sont importés et que cet accord prévoit 180 000 tonnes supplémentaires en provenance d’Amérique du Sud? Un gigantesque plan social menace de se produire, avec son cortège d’exploitations fermées, son lot de familles précarisées et de vies brisées. Quel prix faudra-t-il encore payer pour satisfaire aux folles exigences d’un libre-échange dévoyé et dépassé?

La liberté est d’abord ce que nous en faisons

Car ces accords commerciaux sont d’un autre temps. Construits sur l’illusion de la mondialisation heureuse, pensés dans un monde où les limites n’avaient pas droit de cité - à commencer par nos ressources limitées -, négociés dans le dos des peuples alors que nos concitoyens exigent désormais la transparence, ils représentent tout ce qui a échoué, tout ce qui nous a emmenés au bord du précipice économique, écologique et politique. Lors des dernières élections européennes, tous les partis sans exclusive ont défendu le principe d’une protection accrue face aux dérives de la globalisation. Mais à peine les isoloirs démontés, les engagements pris sont immédiatement trahis! Il n’aura pas fallu deux mois pour qu’Emmanuel Macron abandonne son rôle de composition, celui de champion de la protection européenne, et qu’il revienne à son répertoire original: le libre-échange sans conditions. Je crois aux vertus de l’échange. Toutes les nations qui, dans l’histoire, ont fait le choix du repli économique, étouffé l’aspiration naturelle des hommes à la liberté, placé des barrières infranchissables aux échanges, toutes ont perdu en croissance comme en grandeur. Mais il en va dans la vie économique comme dans la vie tout court: la liberté est d’abord ce que nous en faisons.

Qu’à l’intérieur de nos frontières on libère nos entreprises du carcan réglementaire et fiscal qui les étouffent, c’est une nécessité. Mais qu’au nom d’un néolibéralisme daté on fasse sauter toutes les protections extérieures, nous plaçant en situation de dépendance au mépris notamment de notre souveraineté alimentaire, voilà qui défigure et empêche toute authentique politique de liberté. On voudrait souffler sur le feu illibéral qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Ouvrons les yeux: c’est à travers de telles décisions que se préparent les futures insurrections électorales.