Lycéennes voilées pendant les cours : le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté

COMMUNIQUÉ

Moins d’un mois après que la rectrice de l’académie de Versailles ait refusé de visiter une école à Clamart en raison de la présence de mères voilées dans l’établissement, l’Express révèle que dans un lycée de Seine-Saint-Denis, des lycéennes voilées assistent à certains cours et que dans un établissement des Hauts-de-Seine les manifestations communautaires sont nombreuses et même tolérées.

Ces révélations sont une confirmation de ce que beaucoup savent mais que trop peu osent dire : aujourd’hui l’islam politique progresse et la République recule. Elle recule lorsque l’interdiction des signes religieux à l’école publique n’est plus respectée. Elle recule lorsque les menus communautaires sont autorisés et que certains contenus ne peuvent plus être enseignés. Elle recule aussi lorsque le Gouvernement refuse d’interdire le port du voile islamique pour les accompagnants scolaires que le Sénat a voté.

Face à cette dérive, le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Jean Michel Blanquer doit s’expliquer. Le Ministre de l’Education Nationale ne peut pas affirmer d’un côté que « le voile n’est pas souhaitable » et tolérer la présence d’élèves voilées à l’école de la République, en dépit de la loi de 2004. Cet « en même temps » est insupportable, ces accommodements déraisonnables sont irresponsables : à force de composer, c’est la République qui se décompose. J’attends du Gouvernement qu’il envoie un message clair : la laïcité n’est pas négociable, la République n’est pas à géométrie variable.

Bruno RETAILLEAU


Laïcité : l’État doit sortir du double discours et cesser d’ignorer la loi de 1905.

Alors qu’à grand renfort de communication le ministre de l’intérieur annonce une mobilisation de tous les préfets de France dans la lutte contre le communautarisme, nous avons pris connaissance ce matin d’une lettre du directeur de Cabinet du Rhône adressée à la Président de l’université de Lyon II qui peut faire sérieusement douter de la réalité de cette mobilisation annoncée. Ecrite il y a 8 jours, ce courrier annonce la tenue des « Assises territoriales de l’Islam de France » qui selon l’auteur « visent à accompagner l’émergence de structures départementales du culte musulman » . Le premier enjeu de ces assises annoncé par le directeur de Cabinet du préfet est profondément attentatoire à notre pacte Républicain et à la Laïcité telle qu’elle est prévue par la loi. En effet, il s’agit de « mieux faire connaître l’Islam dans la société civile notamment via les médias »
L’Etat aurait-il pour objectif d’aider une religion à faire de nouveaux adeptes ? A t-il la prétention de devenir l’attaché de presse d’un culte ?
Dans les ateliers qui se dérouleront lors de ses assises départementales, un sera consacrée à « la valorisation des interactions entre l’Islam et la société civile ».
Et cette journée se passera à la Préfecture du Rhône...
Il n’y aurait pas de difficultés à ce que les musulmans du département du Rhône organisent une journée comme celle-ci. Ce qui est très grave c’est l’implication de la préfecture et donc de l’Etat, ce qui est grave c’est qu’en faisant cela, l’Etat devient le collaborateur d’un culte.

Aussi je demande à Christophe Castaner de sortir de ce double discours. Il ne peut continuer à vanter la laïcité à Paris dans les paroles tout en balayant toute évolution législative pour l’adapter aux menaces que fait peser sur la République l’Islam politique. En refusant de faire évoluer la loi sur les signes religieux dans les sorties scolaires ou sur la présence de listes communautaires aux élections, le gouvernement sème le doute sur la réalité de son engagement à lutter contre ces menaces. Le gouvernement ne peut pas à la fois inviter les préfets à la vigilance sur le communautarisme à coup de circulaires qui se contentent de rappeler la loi tout en laissant certains d’entre eux ignorer cette même loi dans les territoires.
Je lui demande de s’expliquer rapidement sur l’attitude de la préfecture du Rhône.

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[REPLAY] B. RETAILLEAU - France Inter - 27/11/19

Bruno Retailleau était l'invité de Léa Salamé sur France Inter le mercredi 27 novembre pour évoquer la situation au Mali, la réforme des retraites ainsi que sa proposition de loi pour garantir un service minimum dans les transports publics.


Réforme des retraites : Le gouvernement doit revoir sa copie

La réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron n’est pas acceptable en l’état. Derrière de grands principes proclamés se cache une réforme qui va baisser substantiellement le pouvoir d’achat des retraités.

Alors que le gouvernement présente son régime comme favorable aux femmes, quelques calculs concrets et précis montrent qu’il n’en est rien. En supprimant les trimestres supplémentaires accordés aux femmes qui ont eu des enfants, le projet du gouvernement fait baisser substantiellement les pensions des femmes qui sont déjà dans une situation défavorisée. L’étude publiée ce matin par l’Institut de la protection sociale vaut mieux que de longs discours.

Le gouvernement fait fausse route et ses manœuvres pour cacher son objectif de baisser les pensions apparaissent aujourd’hui au grand jour. Non seulement les femmes seront les grandes victimes de la réforme mais les familles de 3 enfants seront matraquées. Comment peut-on oublier la dimension familiale et démographique dans une système par répartition ?

Le gouvernement doit reprendre sa copie ; un système de retraite plus juste s’impose, certainement pas un système qui généralise la paupérisation des retraités. Il doit cesser de se cacher derrière les régimes spéciaux, qu’il faut absolument réformer. La réforme des régimes spéciaux ne doit pas être le prétexte à une baisse généralisée du pouvoir d’achat des retraités.

Bruno RETAILLEAU


"Nous devons instaurer un service minimum garanti" B. RETAILLEAU - JDD - 24/11/19

INTERVIEW - Le président des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, va déposer dans les prochains jours une proposition de loi permettant aux entreprises des transports publics de réquisitionner des personnels grévistes pour garantir un service minimum.

A dix jours du lancement de la grève contre la réforme des retraites, synonyme de journée noires pour les usagers de la SNCF ou de la RATP, la droite remet sur la table la question du service minimum dans les transports. Le président des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, déposera d'ici le 5 décembre une proposition de loi créant un "droit aux transports publics garanti". Depuis la loi de 2007 sur le service minimum votée sous le mandat de Nicolas Sarkozy, les grévistes ont l'obligation d'informer leur direction 48 heures à l'avance, afin que l'entreprise puisse s'organiser avec les personnels non-grévistes et informer au plus tôt les usagers. "C'est un progrès, mais cela n'a rien d'un service minimum garanti", estime l'élu LR.

Vous plaidez pour un service minimum dans les transports publics. Comment le mettre en œuvre?

Nous allons déposer au Sénat d'ici le 5 décembre une proposition de loi créant un nouveau droit : le droit aux transports publics garanti pour les usagers.

Comment?

Nous proposons d'instaurer une obligation pour les entreprises de transport public de garantir un tiers du trafic quotidien aux heures de pointe, c'est-à-dire le matin et le soir. En cas de grève, l’entreprise pourrait se tourner d’abord vers les non-grévistes, bien sûr, pour assurer les dessertes. Mais en cas de mouvement massif, la proposition de loi autorise, comme c’est déjà le cas pour les personnels hospitaliers ou les pompiers par exemple, la réquisition de personnels grévistes. Il n'est plus possible que le droit de grève conduise à prendre tout un pays et toute une économie en otage, comme cela risque d’être encore le cas le 5 décembre. Ce sont les Français qui en subissent les conséquences. Or, il y a une nouvelle donne que nous devons prendre en compte. Les transports publics n'ont plus le même poids qu'hier. Ce sont désormais des millions de Français qui les utilisent au quotidien. Et il y a un enjeu écologique, aussi. Si on veut réussir la transition écologique, on doit proposer des services publics de transport en commun qui soient attractifs, donc réguliers. C'est pourquoi nous devons instaurer un service minimum garanti.

Ce service minimum n'existe-t-il pas déjà depuis la loi de 2007?

La loi de 2007 était une première étape, mais elle rencontre ses limites. Elle prévoit des règles pour faciliter le dialogue social - mais il est dépassé en cas de crise - et l’obligation pour les personnels grévistes d'informer leur direction 48 heures à l’avance pour que l'entreprise puisse s’organiser et informer les usagers. C'est un progrès, mais cela n'a rien d'un service minimum garanti.

Quid du droit de grève, qui a valeur constitutionnelle?

Tout comme le droit de grève, le principe de continuité des services publics a une valeur constitutionnelle et il n'est clairement pas respecté aujourd’hui dans les transports. La jurisprudence du Conseil constitutionnel prévoit la possibilité d’interdire purement et simplement le droit de grève aux agents "dont la présence est indispensable pour assurer le fonctionnement des services publics dont l’interruption porterait atteinte aux besoins essentiels du pays". Dans une décision de 1979, le Conseil avait considéré que l’audiovisuel public était un "besoin essentiel du pays". Si c’est le cas pour la télévision publique, je crois que nous pouvons estimer que les transports publics correspondent aussi à "un besoin essentiel du pays".

Ne cherchez-vous pas surtout à bloquer toute opposition à une réforme?

En aucun cas. C’est une question d'équilibre et de bon sens. Un droit de grève mature peut perturber un service public, mais en aucun cas le bloquer totalement. Nous ne voulons pas interdire le droit de grève mais faire en sorte qu’un autre principe de valeur constitutionnelle soit respecté. Même avec un tiers du trafic garanti, je vous assure qu'il y aura des perturbations! Et nous proposons par ailleurs dans notre texte, en cas grève ou de retard des transports publics - SNCF, bus ou bateaux - que le remboursement des usagers soit désormais automatique, sans avoir à effectuer aucune demande ou démarche particulière, à partir du moment où ils auront acheté leur billet par carte bancaire. Ce remboursement ne pourra pas se faire non plus sous forme de bons d'achat ou d'avoirs.

Par Christine Ollivier


[REPLAY] B. RETAILLEAU - France 2 - 14/11/19

Bruno RETAILLEAU était l'invité de Caroline ROUX dans les 4 Vérités sur France 2 le 14 novembre 2019


Listes communautaires : rencontre avec C. CASTANER

Le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux m’ont reçu ce matin, avec Xavier Bertrand, pour évoquer la question des listes communautaires aux élections.

Christophe Castaner et Nicole Belloubet nous ont écouté. Ils ont posé avec nous un diagnostic partagé : aujourd’hui en France, l’islam politique est en train de construire une contre société séparatiste et anti-républicaine. Cet islam radical qui place la loi religieuse au-dessus de la loi civile a non seulement conquis des territoires mais il gagne des esprits également, notamment dans la jeunesse des quartiers.

Mais si nous avons posé le même diagnostic, reste la question des remèdes à apporter.

J’ai proposé que s’il devait y avoir une révision constitutionnelle, l’article 2 de la constitution soit modifié pour donner au principe de laïcité une portée plus effective qui permette de sanctionner le communautarisme. Mais parce qu’il nous faut agir rapidement, j’ai demandé qu’une loi interdisant les listes communautaires soit adoptée par le Parlement, se fondant sur les principes constitutionnels de laïcité, de souveraineté nationale et de la démocratie. Comme le démontre ma proposition de loi, nous avons les fondements juridiques pour interdire ces partis ou ces listes communautaires.

Sur ce sujet, les paroles importent peu. Seuls comptent les actes. De ce point de vue, l’attitude du Premier Ministre à l’Assemblée a de quoi inquiéter : interrogé aujourd’hui sur l’interdiction des listes communautaires, Edouard Philippe s’est contenté d’éluder… Ce n’est pas en nous rangeant derrière le parti de l’immobilisme qui proclame que rien n’est jamais juridiquement possible que nous réaffirmerons nos principes et nos valeurs.

Car l’islam politique n’est pas une fatalité, tout est affaire de volonté.

Le Gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour sortir de l’ambiguïté. A lui de trancher. Rapidement. Car il vaut mieux agir aujourd’hui que subir demain. Voulons-nous qu’un jour la République se réveille avec des fréro-salafistes à la tête de nos municipalités ?

Nous ne devons pas céder à la tentation du défaitisme. Car il y a pire que la radicalisation islamiste, c’est la capitulation devant l’islam radical, parce qu’elle met en péril l’indivisibilité de la République et l’unité du peuple français.

 

Bruno RETAILLEAU


Listes communautaristes : B. RETAILLEAU dévoile sa proposition de loi - Le Figaro - 08/11/19

Dans son bureau, face à une Constitution qu’il a consultée sans relâche ces dernières semaines, le sénateur assure qu’il ne s’agit en rien «d’une manœuvre contre le gouvernement mais d’une urgence contre le communautarisme qui menace la République».

LE FIGARO.-Vous êtes invité à échanger avec le ministre de l’Intérieur sur le communautarisme mardi prochain. Que comptez-vous lui dire?

Bruno RETAILLEAU .- J’ai reçu un sms, il y a quelques jours, me proposant une rencontre de travail. J’en ai accepté le principe. Avec Xavier Bertrand, nous avons décidé de participer à cette réunion prévue sur un format resserré. Ce sujet concerne les Républicains des deux rives, droite et gauche. Car jusqu’ici, la République a beaucoup trop composé. Il faut agir avant qu’elle ne se décompose.

Cela augure-t-il la coécriture d’un texte?

Ces dernières semaines, cette question a émergé dans les discours de plusieurs ministres dont Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu. De son côté, Xavier Bertrand a alerté sur le risque de listes communautaristes. Moi, je suis législateur, j’ai beaucoup travaillé avec des juristes sur cette proposition de loi. Je la déposerai vendredi matin.

Transparence financière des partis politique, code électoral et code général des collectivités territoriales: vous proposez de modifier des articles précis sur trois textes. Dans quel but?

Combattre le communautarisme. J’ai puisé la définition de ce communautarisme aux sources de la Constitution et des grands principes constitutionnels. Notre premier objectif est d’interdire le financement des partis politiques à visée communautariste. Ensuite, concernant les candidatures à une élection et les documents de propagande électorale qui comporteraient un caractère communautariste, nous voulons donner aux préfets la possibilité de les interdire, sous le regard du juge de l’élection. Enfin dans l’exercice de leur mandat, les élus doivent être tenus au principe de la neutralité, qu’ils doivent respecter en tant qu’officiers d’état-civil, notamment lorsqu’ils siègent au sein de leur assemblée. C’est la même neutralité qui s’applique à eux lorsqu’ils célèbrent un mariage en mairie, et je ne vois pas au nom de quoi cette règle serait à géométrie variable.

Le parti UDMF (Union des musulmans de France), qui s’est présenté aux dernières européennes, affirme militer pour l’unité française et la laïcité. Est-il un parti communautaire?

Il existe un certain nombre d’exemples dans les discours parfois prononcés en France, notamment par exemple par le parti Égalité et Justice. Mais il ne m’appartient pas de me prononcer sur des cas particuliers. En tant que législateur, je dépose un texte qui a vocation à devenir une loi. Et le travail de la loi n’est pas d’envisager du cas par cas mais de rappeler les principes. Je m’en tiens là. Aux préfets et aux juges ensuite de caractériser les situations de communautarisme. Notre texte fixe des limites et donnera des outils. Il vaut mieux prévenir que guérir car lorsque nous aurons des listes communautaristes élues, il sera trop tard. La révocation d’un maire est hautement plus délicate que l’interdiction d’un candidat.

Jusqu’ici les listes communautaires n’ont jamais réussi à percer réellement, quelle est selon vous la définition du parti communautariste?

Ce ne sont pas les termes de «musulmans», «chrétiens», «bouddhistes» ou «juifs» qui permettent de caractériser le communautarisme. Ce qui est communautariste, ce sont les programmes et les propos qui visent à soutenir et à défendre les revendications d’une «section du peuple», fondée sur l’origine éthique et l’appartenance religieuse. C’est un parti qui ne respecte pas les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, en contradiction avec l’article 4 de la Constitution. La souveraineté nationale appartient en effet au peuple et à ses représentants, mais aucune section du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice. La Constitution impose également aux partis de respecter la laïcité: en 2006, le conseil constitutionnel avait défini ce qu’est l’identité constitutionnelle de la France en prenant justement la laïcité comme exemple.

Soit la République a encore la force de défendre ces principes républicains pour les Français, soit elle abdique. Mais je constate qu’en France, le parti du renoncement progresse chaque jour. Ne nous y trompons pas: une épreuve de force est engagée. Pas contre l’ensemble de nos compatriotes musulmans bien sûr, mais contre l’islam politique qui tente, méticuleusement, d’affaiblir la République pour créer une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine. Cet islam politique place la charia au-dessus de la loi civile. L’objectif du communautarisme, c’est la sécession ou la soumission. Beaucoup de nos concitoyens musulmans en ont assez d’être amalgamés à cet islam fondamentaliste qui s’est dévoyé dans une idéologie totalitaire. Nous devons avoir du courage. Et ce d’autant plus que dans une France fracturée, la laïcité est le seul sujet qui rassemble trois Français sur quatre. Mon rôle, c’est d’être un lanceur d’alerte. Il faut arrêter de reculer.

Emmanuel Macron peut-il adhérer à une telle approche?

Je n’en sais rien, car il doit sortir de l’ambiguïté. Il est soumis à deux difficultés, deux obstacles: d’abord sa majorité, qui est très loin d’être unie sur ces questions, et puis son logiciel. À Marseille, quand le candidat Macron s’adresse aux Français en fonction de leur origine, il flatte clairement le communautarisme Une fois président, devant le Congrès américain, il fait aussi un éloge vibrant du multiculturalisme. Tout cela donne l’impression qu’il est séduit par le modèle anglo-saxon, qui est celui de l’archipelisation. Mais je mets en garde Emmanuel Macron: le modèle multiculturel, c’est l’inverse du modèle laïc républicain. La politique, ce ne peut pas être seulement l’émancipation d’un individu détaché de tout destin collectif. La politique, c’est d’abord la construction d’un cadre commun qui nous rassemble. C’est pourquoi la question de la laïcité, c’est aussi celle du communautarisme islamiste qui catégorise les citoyens en fonction de leur religion ou de leur sexe. La fraternité française, ce n’est pas la fraternité religieuse, c’est la fraternité civique. Devant les tensions qui s’accumulent, il est grand temps que le président de la République tienne un discours de clarté aux Français.


B. RETAILLEAU - BFM Business - 07/11/19

Jeudi 7 novembre 2019, Bruno RETAILLEAU était l'invité d'Hedwige CHEVRILLON sur BFM Business. L'occasion d'aborder les sujets suivants :
Réforme des retraites
Privatisation de la Française des Jeux
Souveraineté numérique
Immigration
Grèves SNCF


"Non, sur l'immigration, le compte n'y est pas !" B. RETAILLEAU

La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile.

Au lieu de la rupture annoncée, c’est une simple posture qu’affiche le gouvernement sur l’immigration. Comme d’habitude, il semble faire mais il fait semblant. Ces annonces ne vont pas diminuer l’appel d’air migratoire mais gonfler au contraire les chiffres de l’immigration.

Plus d’immigration économique et doublement du nombre d’étudiants étrangers : pour « reprendre le contrôle » sur les flux migratoires, le gouvernement s’apprête à distribuer de nouveaux laissez-passer pour de nouveaux immigrés !

S’agissant des soi-disant quotas, ils n’ont rien à voir avec les plafonds que nous proposions. D’abord parce qu’ils ne visent pas à plafonner le nombre d’immigrés en fonction de nos capacités d’intégration, mais à atteindre des objectifs chiffrés, fixés sur le seul critère économique. Ensuite parce qu’ils oublient le regroupement familial, les étudiants étrangers et les naturalisations. Des objectifs quantitatifs à atteindre plutôt que des plafonds limitatifs à respecter : Emmanuel Macron reprend l’idée des quotas mais il inverse sa finalité ! Par ailleurs, accroître l’immigration de travail alors que notre pays est aux prises avec un chômage endémique et que le taux de chômage des étrangers est, en France, deux fois supérieur à celui des citoyens français, ce n’est pas sérieux.

Pourquoi ouvrir une nouvelle voie d’immigration alors que nous ne parvenons pas à maitriser les flux migratoires existants ? La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile. Ce n’est pas aux passeurs de décider qui doit entrer sur le territoire français !

La réalité est crue : que ce soit sur le regroupement familial, les séjours pour soins ou le droit d’asile, la France est devenue le pays le moins exigeant d’Europe. Sur tous ces sujets, nous n’attendons pas du gouvernement qu’il fasse preuve d’une grande audace, mais qu’il commence au moins par se mettre au diapason des nouvelles règles en vigueur chez nos partenaires européens.  Non, sur l’immigration, le compte n’y est pas. Ce défi, notre pays doit pourtant rapidement le relever. Car si nous n’apportons pas une réponse républicaine à la question de l’immigration, d’autres y répondront autrement. Face au risque de séparation, nous devons renouer avec l’assimilation républicaine. Certes, elle implique un certain nombre de contraintes mais elle comporte la promesse de devenir pleinement Français. 

 

Bruno Retailleau