Le premier budget d’Emmanuel Macron déchire le voile des illusions

Le premier budget d’Emmanuel Macron permet de déchirer le voile des illusions. Le budget 2018 qui vient d’être voté est un budget qui prolonge les mauvaises habitudes françaises.

1- L’Etat va continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Le déficit augmentera de 6,4 milliards d’euros.

2- La masse salariale de l’Etat va continuer à augmenter.

3- La compétitivité des entreprises n’est pas un sujet dans ce budget puisque le CICE en passant de 7 à 6 % va coûter au monde économique 3 milliards d’euros et le gouvernement augmente encore les charges des entreprises en les transformant en collecteurs d’impôts.

4- Les impôts des ménages vont s’alourdir de 4,5 milliards d’euros en 2018. La France reste accro à l’impôt.

La conjoncture internationale est aujourd’hui pourtant favorable et ce premier budget du quinquennat aura dû être l’occasion de mettre en œuvre des réformes structurelles ambitieuses et de tourner le dos aux maux français qui nous singularisent en Europe et dans le monde.

Le budget d’Emmanuel Macron est un budget de facilité. Ce n’est pas un budget de transformation comme voudrait le faire croire le gouvernement mais un budget de continuation.

Bruno RETAILLEAU

 

 


Commission d’enquête parlementaire sur l’état des forces de sécurité en France.

Le nouveau suicide en Loire Atlantique d’un policier porte à 65 le nombre des membres des forces de l’ordre qui ont mis fin à leur vie depuis le début de cette année.

Ces drames à répétions en augmentation, et même si leurs causes sont multiples, sont aussi l’expression de la détresse des forces de l’ordre face à des situations de plus en plus difficiles. La violence et l’absence de respect de l’autorité se banalisent. La surcharge de travail, l’accroissement des risques professionnels, l’obsolescence des équipements,  et une chaîne pénale qui fait parfois défaut sont autant de facteurs de fragilisation des forces de l’ordre.

Les réponses du gouvernement -soutien psychologique, cellule de veille...- ne s’intéressent qu’aux conséquences de ces drames et oublient de rèflechir aux causes du malaise policier.

Face à ce malaise et aux difficultés matérielles et morales des forces de l’ordre le groupe les Republicains au Senat va lancer une commission d’enquête parlementaire sur l’état des forces de sécurité en France.

Bruno RETAILLEAU


« Le projet de Fillon doit servir de socle à la droite » Bruno RETAILLEAU dans Les Échos

INTERVIEW - A la veille du premier tour de l'élection à la présidence des Républicains, ce dimanche, Bruno Retailleau appelle le futur patron du parti, vraisemblablement Laurent Wauquiez, à avoir le rassemblement pour « obsession » et à « assumer le libéralisme ».

Qu'attendez-vous du futur leader de LR ?

La droite est dans une  situation difficile parce qu'elle a subi deux défaites électorales. Aujourd'hui, tout est à reprendre ; mais tout est possible. J'attends de la droite qu'elle dise aux Français quel idéal elle souhaite porter. J'attends aussi que la droite s'assume clairement. Sur le plan économique bien sûr, mais pas seulement. Car la droite, ce n'est pas seulement Macron moins la  CSG .

Nous devons répondre aux deux symptômes du même mal français que sont le déclassement économique et la dépossession culturelle. Ne faisons pas la même erreur qu'Emmanuel Macron qui s'enferme dans une forme d'économisme et oublie tous les autres champs. Enfin, j'attends l'unité de ma famille politique. Ce devra être l'obsession du prochain président de notre mouvement parce que présider, c'est rassembler et que le propre du politique, c'est d'additionner, pas de soustraire, de faire du commun avec du multiple.

Ne craignez-vous pas que les droites soient irréconciliables ?

Il y a peut-être des égos irréconciliables, mais il n'y a pas de droites irréconciliables. L'électorat de droite et du centre s'est retrouvé au moment de la primaire autour du projet de François Fillon, qui était un point d'équilibre entre l'idée de liberté, le sens de l'Etat, de l'autorité et de valeurs comme la famille. Malgré le poison des affaires, il a permis de dépasser les 20 % des voix à la présidentielle. Le projet que nous avons porté doit servir de socle pour nous projeter. Le renier serait une erreur.

Pour quelles raisons ?

Il ne s'agit pas de sacraliser, de muséifier le projet de François Fillon. Je ne suis pas fétichiste, pas plus que je ne regarde dans le rétroviseur. Ce que nous avons construit doit évidemment être enrichi, actualisé, complété, pour nous permettre de relever les grands défis du monde, les mutations technologiques, le choc démographique, la transition énergétique, etc.

Mais il n'en reste pas moins que ce projet, choisi par les électeurs de droite et du centre à la primaire, était le seul à même de relever le pays. C'était un projet qui ne faisait pas semblant. Le mal français est trop profond pour être soigné avec des demi-mesures, comme le fait Emmanuel Macron. Les Français se rendront compte très vite que le président, au-delà des mots et des images, ne propose aucune révolution, aucune transformation. On a tout essayé depuis trente ans, sauf ce qui peut fonctionner. Il faut redonner la liberté aux Français, l'autorité à l'Etat et l'unité au pays.

Le libéralisme doit-il être le logiciel de LR ?

Pour moi, il faudra que la droite assume son libéralisme. Cette idée de liberté est dans l'Histoire le principal moteur de la création, de l'initiative et du progrès. Mais je ne crois pas à une liberté sans limites, à ce principe prométhéen que toute limite du pouvoir de l'individu sur la nature ou sur lui-même doit être transgressée. Plus que jamais nous avons besoin d'une éthique de la fragilité. Oui à l'économie de marché mais non à la société de marché, celle du chacun pour soi. Etre en marche ne suffit pas, encore faut-il marcher ensemble.

Vous retrouvez-vous dans l'opposition frontale de Laurent Wauquiez ?

A chacun son tempérament ! Laurent Wauquiez est en campagne. Ensuite, il y aura un temps où il faudra construire le rassemblement, créer les conditions pour que les uns et les autres puissent se retrouver. On peut discuter du style et des mots, mais le temps que l'on passera à critiquer les uns les autres sera du temps de perdu pour le débat d'idées.

Que vous inspire la « règle d'or » promise par Laurent Wauquiez : pas de hausse d'impôts dans les programmes de la droite ?

C'est pour moi une évidence puisque la France est championne des prélèvements obligatoires. Mais la clef, c'est d'abord la dépense publique, qu'il va falloir baisser. Pour ne pas augmenter les impôts et pour les baisser, il faut assumer une redéfinition des fonctions de l'Etat. Il n'y a aucune transformation dans le projet de budget d'Emmanuel Macron, les dépenses de l'Etat et la dette augmenteront encore en 2018. Ce n'est pas tenable. Pour taxer moins, il faut dépenser moins.

Où la droite doit-elle se situer sur l'Europe ?

La droite doit éviter deux écueils. D'un côté, l'Europe bouc émissaire du FN. De l'autre, les vieilles lunes fédéralistes d'Emmanuel Macron. L'Europe que nous devons promouvoir, c'est l'Europe des résultats, des projets, mais aussi des peuples. Car redonner du sens à l'Europe, cela signifie que l'Union ne peut pas être qu'une construction marchande, financière ou administrative. Elle doit reprendre possession de ses racines et de ses frontières, de ses ambitions aussi, pour redevenir le continent de l'innovation.

Quelles sont les lignes rouges que ne doit pas franchir le futur leader de LR ?

Il ne peut évidemment pas y avoir d'accord avec le FN, nous l'avons dit et répété. Pas plus qu'il ne doit exister de sujets tabous ou interdits. Cette méthode qui consiste à caricaturer pour intimider, à diaboliser pour paralyser, c'est la gauche qui l'a inventée, et c'est malheureusement une partie de la droite qui la reprend à son compte. Ne soyons pas les idiots utiles du macronisme, redéfinissons ce que nous sommes et portons une vision audacieuse pour relever la France.

Propos recueillis par Pierre-Alain Furbury


VIDÉO : Bruno RETAILLEAU invité de CNEWS - 09/11/17

Bruno RETAILLEAU était l'invité de Jean-Pierre Elkabbach sur CNEWS le jeudi 9 novembre 2017.