[REPLAY] B. RETAILLEAU - France 2 - 14/11/19

Bruno RETAILLEAU était l'invité de Caroline ROUX dans les 4 Vérités sur France 2 le 14 novembre 2019


Listes communautaires : rencontre avec C. CASTANER

Le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux m’ont reçu ce matin, avec Xavier Bertrand, pour évoquer la question des listes communautaires aux élections.

Christophe Castaner et Nicole Belloubet nous ont écouté. Ils ont posé avec nous un diagnostic partagé : aujourd’hui en France, l’islam politique est en train de construire une contre société séparatiste et anti-républicaine. Cet islam radical qui place la loi religieuse au-dessus de la loi civile a non seulement conquis des territoires mais il gagne des esprits également, notamment dans la jeunesse des quartiers.

Mais si nous avons posé le même diagnostic, reste la question des remèdes à apporter.

J’ai proposé que s’il devait y avoir une révision constitutionnelle, l’article 2 de la constitution soit modifié pour donner au principe de laïcité une portée plus effective qui permette de sanctionner le communautarisme. Mais parce qu’il nous faut agir rapidement, j’ai demandé qu’une loi interdisant les listes communautaires soit adoptée par le Parlement, se fondant sur les principes constitutionnels de laïcité, de souveraineté nationale et de la démocratie. Comme le démontre ma proposition de loi, nous avons les fondements juridiques pour interdire ces partis ou ces listes communautaires.

Sur ce sujet, les paroles importent peu. Seuls comptent les actes. De ce point de vue, l’attitude du Premier Ministre à l’Assemblée a de quoi inquiéter : interrogé aujourd’hui sur l’interdiction des listes communautaires, Edouard Philippe s’est contenté d’éluder… Ce n’est pas en nous rangeant derrière le parti de l’immobilisme qui proclame que rien n’est jamais juridiquement possible que nous réaffirmerons nos principes et nos valeurs.

Car l’islam politique n’est pas une fatalité, tout est affaire de volonté.

Le Gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour sortir de l’ambiguïté. A lui de trancher. Rapidement. Car il vaut mieux agir aujourd’hui que subir demain. Voulons-nous qu’un jour la République se réveille avec des fréro-salafistes à la tête de nos municipalités ?

Nous ne devons pas céder à la tentation du défaitisme. Car il y a pire que la radicalisation islamiste, c’est la capitulation devant l’islam radical, parce qu’elle met en péril l’indivisibilité de la République et l’unité du peuple français.

 

Bruno RETAILLEAU


Listes communautaristes : B. RETAILLEAU dévoile sa proposition de loi - Le Figaro - 08/11/19

Dans son bureau, face à une Constitution qu’il a consultée sans relâche ces dernières semaines, le sénateur assure qu’il ne s’agit en rien «d’une manœuvre contre le gouvernement mais d’une urgence contre le communautarisme qui menace la République».

LE FIGARO.-Vous êtes invité à échanger avec le ministre de l’Intérieur sur le communautarisme mardi prochain. Que comptez-vous lui dire?

Bruno RETAILLEAU .- J’ai reçu un sms, il y a quelques jours, me proposant une rencontre de travail. J’en ai accepté le principe. Avec Xavier Bertrand, nous avons décidé de participer à cette réunion prévue sur un format resserré. Ce sujet concerne les Républicains des deux rives, droite et gauche. Car jusqu’ici, la République a beaucoup trop composé. Il faut agir avant qu’elle ne se décompose.

Cela augure-t-il la coécriture d’un texte?

Ces dernières semaines, cette question a émergé dans les discours de plusieurs ministres dont Gérald Darmanin ou Sébastien Lecornu. De son côté, Xavier Bertrand a alerté sur le risque de listes communautaristes. Moi, je suis législateur, j’ai beaucoup travaillé avec des juristes sur cette proposition de loi. Je la déposerai vendredi matin.

Transparence financière des partis politique, code électoral et code général des collectivités territoriales: vous proposez de modifier des articles précis sur trois textes. Dans quel but?

Combattre le communautarisme. J’ai puisé la définition de ce communautarisme aux sources de la Constitution et des grands principes constitutionnels. Notre premier objectif est d’interdire le financement des partis politiques à visée communautariste. Ensuite, concernant les candidatures à une élection et les documents de propagande électorale qui comporteraient un caractère communautariste, nous voulons donner aux préfets la possibilité de les interdire, sous le regard du juge de l’élection. Enfin dans l’exercice de leur mandat, les élus doivent être tenus au principe de la neutralité, qu’ils doivent respecter en tant qu’officiers d’état-civil, notamment lorsqu’ils siègent au sein de leur assemblée. C’est la même neutralité qui s’applique à eux lorsqu’ils célèbrent un mariage en mairie, et je ne vois pas au nom de quoi cette règle serait à géométrie variable.

Le parti UDMF (Union des musulmans de France), qui s’est présenté aux dernières européennes, affirme militer pour l’unité française et la laïcité. Est-il un parti communautaire?

Il existe un certain nombre d’exemples dans les discours parfois prononcés en France, notamment par exemple par le parti Égalité et Justice. Mais il ne m’appartient pas de me prononcer sur des cas particuliers. En tant que législateur, je dépose un texte qui a vocation à devenir une loi. Et le travail de la loi n’est pas d’envisager du cas par cas mais de rappeler les principes. Je m’en tiens là. Aux préfets et aux juges ensuite de caractériser les situations de communautarisme. Notre texte fixe des limites et donnera des outils. Il vaut mieux prévenir que guérir car lorsque nous aurons des listes communautaristes élues, il sera trop tard. La révocation d’un maire est hautement plus délicate que l’interdiction d’un candidat.

Jusqu’ici les listes communautaires n’ont jamais réussi à percer réellement, quelle est selon vous la définition du parti communautariste?

Ce ne sont pas les termes de «musulmans», «chrétiens», «bouddhistes» ou «juifs» qui permettent de caractériser le communautarisme. Ce qui est communautariste, ce sont les programmes et les propos qui visent à soutenir et à défendre les revendications d’une «section du peuple», fondée sur l’origine éthique et l’appartenance religieuse. C’est un parti qui ne respecte pas les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie, en contradiction avec l’article 4 de la Constitution. La souveraineté nationale appartient en effet au peuple et à ses représentants, mais aucune section du peuple ne peut s’en attribuer l’exercice. La Constitution impose également aux partis de respecter la laïcité: en 2006, le conseil constitutionnel avait défini ce qu’est l’identité constitutionnelle de la France en prenant justement la laïcité comme exemple.

Soit la République a encore la force de défendre ces principes républicains pour les Français, soit elle abdique. Mais je constate qu’en France, le parti du renoncement progresse chaque jour. Ne nous y trompons pas: une épreuve de force est engagée. Pas contre l’ensemble de nos compatriotes musulmans bien sûr, mais contre l’islam politique qui tente, méticuleusement, d’affaiblir la République pour créer une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine. Cet islam politique place la charia au-dessus de la loi civile. L’objectif du communautarisme, c’est la sécession ou la soumission. Beaucoup de nos concitoyens musulmans en ont assez d’être amalgamés à cet islam fondamentaliste qui s’est dévoyé dans une idéologie totalitaire. Nous devons avoir du courage. Et ce d’autant plus que dans une France fracturée, la laïcité est le seul sujet qui rassemble trois Français sur quatre. Mon rôle, c’est d’être un lanceur d’alerte. Il faut arrêter de reculer.

Emmanuel Macron peut-il adhérer à une telle approche?

Je n’en sais rien, car il doit sortir de l’ambiguïté. Il est soumis à deux difficultés, deux obstacles: d’abord sa majorité, qui est très loin d’être unie sur ces questions, et puis son logiciel. À Marseille, quand le candidat Macron s’adresse aux Français en fonction de leur origine, il flatte clairement le communautarisme Une fois président, devant le Congrès américain, il fait aussi un éloge vibrant du multiculturalisme. Tout cela donne l’impression qu’il est séduit par le modèle anglo-saxon, qui est celui de l’archipelisation. Mais je mets en garde Emmanuel Macron: le modèle multiculturel, c’est l’inverse du modèle laïc républicain. La politique, ce ne peut pas être seulement l’émancipation d’un individu détaché de tout destin collectif. La politique, c’est d’abord la construction d’un cadre commun qui nous rassemble. C’est pourquoi la question de la laïcité, c’est aussi celle du communautarisme islamiste qui catégorise les citoyens en fonction de leur religion ou de leur sexe. La fraternité française, ce n’est pas la fraternité religieuse, c’est la fraternité civique. Devant les tensions qui s’accumulent, il est grand temps que le président de la République tienne un discours de clarté aux Français.


B. RETAILLEAU - BFM Business - 07/11/19

Jeudi 7 novembre 2019, Bruno RETAILLEAU était l'invité d'Hedwige CHEVRILLON sur BFM Business. L'occasion d'aborder les sujets suivants :
Réforme des retraites
Privatisation de la Française des Jeux
Souveraineté numérique
Immigration
Grèves SNCF


"Non, sur l'immigration, le compte n'y est pas !" B. RETAILLEAU

La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile.

Au lieu de la rupture annoncée, c’est une simple posture qu’affiche le gouvernement sur l’immigration. Comme d’habitude, il semble faire mais il fait semblant. Ces annonces ne vont pas diminuer l’appel d’air migratoire mais gonfler au contraire les chiffres de l’immigration.

Plus d’immigration économique et doublement du nombre d’étudiants étrangers : pour « reprendre le contrôle » sur les flux migratoires, le gouvernement s’apprête à distribuer de nouveaux laissez-passer pour de nouveaux immigrés !

S’agissant des soi-disant quotas, ils n’ont rien à voir avec les plafonds que nous proposions. D’abord parce qu’ils ne visent pas à plafonner le nombre d’immigrés en fonction de nos capacités d’intégration, mais à atteindre des objectifs chiffrés, fixés sur le seul critère économique. Ensuite parce qu’ils oublient le regroupement familial, les étudiants étrangers et les naturalisations. Des objectifs quantitatifs à atteindre plutôt que des plafonds limitatifs à respecter : Emmanuel Macron reprend l’idée des quotas mais il inverse sa finalité ! Par ailleurs, accroître l’immigration de travail alors que notre pays est aux prises avec un chômage endémique et que le taux de chômage des étrangers est, en France, deux fois supérieur à celui des citoyens français, ce n’est pas sérieux.

Pourquoi ouvrir une nouvelle voie d’immigration alors que nous ne parvenons pas à maitriser les flux migratoires existants ? La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile. Ce n’est pas aux passeurs de décider qui doit entrer sur le territoire français !

La réalité est crue : que ce soit sur le regroupement familial, les séjours pour soins ou le droit d’asile, la France est devenue le pays le moins exigeant d’Europe. Sur tous ces sujets, nous n’attendons pas du gouvernement qu’il fasse preuve d’une grande audace, mais qu’il commence au moins par se mettre au diapason des nouvelles règles en vigueur chez nos partenaires européens.  Non, sur l’immigration, le compte n’y est pas. Ce défi, notre pays doit pourtant rapidement le relever. Car si nous n’apportons pas une réponse républicaine à la question de l’immigration, d’autres y répondront autrement. Face au risque de séparation, nous devons renouer avec l’assimilation républicaine. Certes, elle implique un certain nombre de contraintes mais elle comporte la promesse de devenir pleinement Français. 

 

Bruno Retailleau


[REPLAY] B. RETAILLEAU - Europe 1 - 30/10/10

Bruno RETAILLEAU était l'invité de Sonia MABROUK le mercredi 30 octobre 2019 sur Europe 1 pour évoquer les sujets du voile en sortie scolaire, de la laïcité et des dérives du communautarisme.


Voile à l'école : le seul fait que le Régime islamiste d'Erdogan prenne une telle position valide la position du Sénat

COMMUNIQUÉ

Aujourd’hui le Ministère des affaires étrangères turc a cru bon de dénoncer le vote, par le Sénat de la République française, de l’interdiction des signes ostentatoires religieux pour les accompagnements scolaires.

Cette attitude est inacceptable. Je demande à Jean-Yves Le Drian de protester vigoureusement après de son homologue turc sur cette ingérence dans les affaires de la France. 

La France est une nation souveraine. De quel droit la Turquie s’ingère-t-elle dans ce qui relève du seul peuple français et de ses représentants ? D’autant qu’en matière de laïcité, le régime islamiste de Recep Erdogan n’a aucune leçon à donner. Le seul fait qu’il prenne une telle position valide la position du Sénat. Ce communiqué prouve que pour les tenants de l’Islam radical, le voile est une bannière et pas un simple vêtement et que nos enfants doivent en être préservés dans l’espace scolaire.

Bruno RETAILLEAU


[REPLAY] B. RETAILLEAU - BFMTV - 22/10/19

Bruno RETAILLEAU l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV & RMC le mardi 22 octobre 2019. L'occasion de revenir sur ma proposition de loi pour interdire les listes communautaristes lors des élections, le port du voile lors des sorties scolaires, la réforme des retraites, la SNCF et les Kurdes


Bruno Retailleau : "Ma proposition de loi pour interdire les listes communautaristes aux élections"

Alors que les sénateurs examinent à partir de mercredi une proposition de loi imposant la "neutralité religieuse" des parents accompagnant des sorties scolaires, le président du groupe Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, dépose un texte pour interdire les listes communautaristes aux élections. Une idée déjà portée par le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand ou la députée En marche Aurore Bergé. Le ministre Sébastien Lecornu a, pour sa part, appelé à "des fronts républicains locaux" pour faire barrage à d'éventuelles listes communautaires. Pour Bruno Retailleau, il s'agir de "contrer ce qui est une forme de sécession".

Le Sénat va examiner un texte sur la "neutralité religieuse" lors des sorties scolaires. Pourquoi faut-il légiférer à nouveau?
En France, l'islam politique tente de construire une contre-société à visée séparatiste et antirépublicaine. Les preuves sont sous nos yeux. Selon deux études, celle de l'Institut Montaigne et celle, plus récente, de la Fondation Jean Jaurès, près de 30% de nos compatriotes musulmans considèrent que la charia est au-dessus de la loi républicaine. Nous sommes engagés dans une épreuve de force, non pas contre une religion – un islam apaisé a toute sa place dans notre pays – mais contre l'islam politique, dont le projet est de séparer les Français et d'affirmer la supériorité de la loi religieuse sur la loi civile. Face à cela, Emmanuel Macron est d'une formidable ambiguïté. C'est l'angle mort du macronisme.

Pourquoi cette "ambiguïté"?
Elle tient à sa conception du monde. Le chef de l'État est plus proche du modèle ­anglo-saxon multiculturaliste, qui juxtapose des communautés. Et son ­modèle ­progressiste considère que la ­fonction politique se limite à garantir les droits et les libertés individuels au nom de l'émancipation. Mais les Français attendent du ­Président qu'il soit le garant de l'unité nationale, pas seulement le gérant de la "start-up nation". Il est aussi ambigu parce que sa majorité est celle du "en même temps". Mais ­Emmanuel Macron doit sortir du double langage. J'attends du président de la République qu'il expose enfin clairement aux Français sa conception de la laïcité. Et je lui demande d'agir. Car pour l'heure, sur ces sujets, c'est "courage, fuyons".

Vous voulez interdire les listes communautaristes aux élections. De quelle manière?
Après avoir présenté une liste aux européennes, l'Union des démocrates musulmans français veut maintenant en présenter aux municipales. Nous déposerons dans les jours qui viennent au Sénat une ­proposition de loi pour contrer ce qui est une forme de sécession, puisque ces listes veulent privilégier une partie de la population alors que notre République est "indivisible". Nous proposons d'interdire tout financement public d'un mouvement communautariste, qui ne respecterait pas les principes de souveraineté nationale et de laïcité, et de prohiber, sous le contrôle du juge administratif, les candidatures et la propagande électorale communautaristes. Cela concerne tous ceux qui portent les ­revendications d'une partie de la population à raison de son appartenance religieuse ou ethnique. Cela signifie par exemple l'interdiction de signes religieux comme le voile sur les affiches ou les professions de foi. Nous souhaitons aussi que les élus, dans l'exercice de leur mandat, soient désormais tenus à une stricte neutralité, comme c'est le cas pour les fonctionnaires, lorsqu'ils représentent la ­collectivité, notamment lors des cérémonies officielles ou des réunions des assemblées territoriales. Si la révision constitutionnelle arrive à son terme, il faudra aussi préciser notre définition de la laïcité.

C'est-à-dire?
La laïcité, ce n'est pas seulement la neutralité de l'État à l'égard des religions. C'est un principe qui s'adresse aussi aux citoyens. Je propose d'inscrire dans la ­Constitution que "nul ne peut se prévaloir de sa religion pour se soustraire à la règle commune". Cela réglera tous les débats sur les horaires différenciés de piscine, par exemple.

Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, préconise des "fronts républicains" face aux listes communautaires…
C'est la même logique que la "­société de vigilance" de Macron : c'est l'État qui se défausse de ses responsabilités sur la société. La "société de vigilance", c'est au mieux inefficace, au pire dangereux parce qu'on laisse les communautés face à face. Après l'attaque de la préfecture de police de Paris, il est d'ailleurs stupéfiant, alors que les faits sont gravissimes, dans la mesure où la sécurité de l'État a été mise en cause, que la seule décision prise a été de lancer des enquêtes administratives. La faiblesse de la riposte est à la mesure du manque de courage sur ce sujet.

Vous auriez souhaité des sanctions?
Évidemment. Pour signifier que ce qui s'est produit est inacceptable, et qu'on n'a pas le droit à l'erreur.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a déjà exclu de légiférer sur les accompagnantes scolaires…
Après les premiers incidents ­autour du voile à Creil [Oise], nous avons mis quinze ans à voter la loi de 2004 interdisant les signes ­religieux ostensibles dans les ­établissements scolaires. Entre-temps, on a laissé les chefs ­d'établissement se débrouiller seuls. On est en train de refaire la même chose. Nous ne pouvons pas nous défausser. L'école doit rester un sanctuaire, et les sorties scolaires ne sont pas des vacances. Elles s'inscrivent dans un projet pédagogique. Au nom de quoi ­aurait-on une règle différente pour l'école dans les murs et pour l'école hors les murs?

Diriez-vous comme le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, que "le voile n'est pas souhaitable dans notre société"?
Oui. Évidemment, toutes les femmes voilées ne sont pas ­islamistes. Mais tous les ­islamistes exigent des femmes qu'elles soient voilées. Le voile devient un étendard pour un islam ­politique conquérant. C'est le signe de la soumission de la femme. ­Veut-on encourager une société où la femme n'est pas l'égale de l'homme?

Macron veut être "intraitable avec le communautarisme" mais ne pas "stigmatiser" les musulmans. A-t-il raison?
Paroles, paroles, paroles… Qui pourrait dire l'inverse? Et après? Ce sujet est grave. Il menace l'unité de notre société. Il y a le ­djihadisme qui tue. Et il y a un islam politique, un communautarisme qui prépare le terreau des vocations djihadistes de demain. On doit s'attaquer à l'un et à l'autre, et ne rien céder. Nous avons des valeurs. Soyons-en fiers. La laïcité est exigeante, mais c'est une garantie de concorde civile. La promesse française permet à chacun de s'émanciper de ses déterminismes pour rejoindre la communauté nationale. C'est cette promesse que nous devons renouveler. Mais nous ne pourrons pas ouvrir nos bras sans l'effort consenti de nos compatriotes musulmans. Face à l'islamisme, j'en appelle à la force d'âme française.


Ce qui se joue aujourd’hui en Syrie, c’est la crédibilité de la France et la sécurité des Français.

Ce qui se joue aujourd’hui en Syrie, c’est la crédibilité de la France et la sécurité des Français.

  • La sécurité des Français car la fuite en Syrie de près de 800 individus liés à la mouvance islamiste rend la menace plus forte que jamais pour notre pays. Qu’un seul de ces fous d’Allah pose le pied sur le sol français et nous risquons de nouveaux Bataclan ! L’urgence aujourd’hui, c’est de tout mettre en œuvre pour éviter la reconstitution de l’EI et la dispersion des djihadistes détenus en Syrie. Soit les forces spéciales françaises sont en capacité opérationnelle de sécuriser les camps où sont détenus ces islamistes ; soit la France demande et organise leur transfert vers l’Irak. Une chose est sûre : ces islamistes ne doivent tomber ni entre les mains du régime syrien ni entre celles de Recep Erdogan, le risque d’un chantage étant trop élevé. C’est à nous de garantir notre propre sécurité, en collaboration étroite avec nos alliés, à commencer par les kurdes.
  • La crédibilité de la France car les Kurdes ont, à nos côtés, payés le prix du sang dans la guerre contre le totalitarisme islamiste. Les abandonner serait nous renier ; les ignorer, nous trahir. La France ne doit avoir qu’une parole, celle de l’honneur et de la fidélité à ses alliés. Je demande à Emmanuel Macron de rappeler notre ambassadeur à Ankara, d’exiger de l’UE qu’elle prenne immédiatement des sanctions économiques contre le régime de Recep Erdogan et qu’elle rompe définitivement les pourparlers d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. L’Europe doit adresser un message clair à Ankara : les provocations turques doivent cesser.

Tirons les enseignements du passé : en Syrie comme en Irak, le chaos a toujours profité aux islamistes. Ce chaos, la Turquie d’Erdogan est en train de le reconstituer. Il faut agir vite, avant qu’il ne soit trop tard.

Bruno RETAILLEAU