Il est urgent de redonner aux Français un destin commun !

J’ai rappelé au Président de la République, au cours de l’entretien que nous avons eu aujourd’hui, que le rôle du chef de l’État n’est pas de diviser les Français et de les opposer les uns aux autres. Le sentiment d’injustice dans notre pays est fort et lorsque le gouvernement décide que la suppression de l’ISF est financée par la baisse des pensions de retraite, il ne rend pas service à la Nation.

La réussite collective de notre pays ne peut se résumer à la somme des réussites individuelles. La France a besoin d’un destin commun et malheureusement ses deux premières années à l’Elysée auront abimé la concorde civile. Il y a urgence à retisser les liens entre les Français eux-mêmes.

J’ai dit au Président de la République que la colère des Français est la conséquence directe de l’absence de résultat de sa politique. En presque deux ans, les Français n’auront vu ni le chômage réellement baisser, ni le pouvoir d’achat progresser, ni l’immigration maitrisée, ni la sécurité s’améliorer, ni les comptes publics se redresser.

Je lui ai dit que les annonces contradictoires qui se multiplient produisent chez nos concitoyens plus d’anxiété que d’adhésion. Il est temps qu’il fixe un cap, il est temps de quitter la transgression pour la cohérence.

Enfin, la colère des Français ne trouvera pas d’issue heureuse dans un bidouillage institutionnel. L’enjeu démocratique passe d’abord par les territoires. Nous sommes confrontés à une société de l’éloignement qui a cassé le lien entre les pouvoirs publics et le citoyen. Il faut d’urgence engager le 3ème acte de la décentralisation en privilégiant la proximité et en faisant confiance aux élus locaux.

Bruno RETAILLEAU
Président du groupe Les Républicains au Sénat


L'annonce de fermeté d’Edouard Philippe n’était-elle qu’un coup de com ?

L’Assemblée nationale s’est attachée à amoindrir la portée du texte voté par le Sénat.

D’abord, elle a supprimé la possibilité pour le Préfet de prévoir un périmètre de sécurité autour des manifestations. Ce périmètre permettrait pourtant de fouiller et de stopper les individus qui se rendent à des manifestations avec des armes, des cagoules ou des objets dangereux.

D'autre part, l’Assemblée nationale a dévitalisé une disposition essentielle du texte qu’est la création d’un délit lorsqu’une personne participe cagoulée à une manifestation. En effet, l’Assemblée nationale a précisé que le juge doit prouver que l’individu qui dissimule son visage entend participer aux troubles. Ce point rendra difficile la tâche des magistrats.

L’examen de la proposition de loi par l’Assemblée nationale risque fort de ne déboucher sur rien de concret, un faux-semblant de plus. Si le texte reste en l’état, l’annonce de fermeté du Premier ministre n’aura été qu’un coup de com.

 

Bruno Retailleau, Président du groupe Les Républicains au Sénat

Catherine Troendlé, Rapporteur du texte et sénatrice du Haut-Rhin


Réforme constitutionnelle : Emmanuel Macron est à la recherche de la toute puissance !

Les annonces du gouvernement concernant la réforme constitutionnelle ont une ligne directrice ; le débat gêne le Président de République. Pour Emmanuel Macron les élus sont des gêneurs. Il l’avait exprimé concernant les élus locaux, voilà maintenant les parlementaires dans le collimateur. Le droit d’amendement serait limité et le débat étouffé. Emmanuel Macron est à la recherche de la toute puissance.

Les élus de tous horizons politiques lui rappellerons ensemble que les parlementaires sont l’expression de la démocratie. Qu’il n’y a pas de débat sans liberté au parlement, sans droit pour l’opposition.

Sa majorité pléthorique et aux ordres ne lui suffit plus, Emmanuel Macron veut désormais réduire l’expression démocratique de ses opposants. Le fondateur d’En Marche veut que tout le monde marche au pas. Ce n’est pas acceptable. Nous sommes loin de l’esprit de rassemblement et d’ouverture affiché par Emmanuel Macron.

Bruno RETAILLEAU