Le Conseil d’État vient de donner une leçon au Gouvernement

La circulaire Castaner qui cherchait à tripatouiller le résultat des élections municipales s’apparentait à un coup de force contre la démocratie.

Le Gouvernement ne voulait pas que les Français aient une photographie juste du résultat des élections municipales. On retrouve avec cette manœuvre les travers du macronisme : une tendance à préférer le théâtre et l’ambiguïté à la vérité.

La manœuvre était double :

-      - Pas d’étiquette politique en dessous de 9000 habitants parce que LaREM n’est pas capable de gagner des mairies dans cette strate de population ;

-     - L’apparition d’une nouvelle catégorie politique « listes divers centre » qui regrouperait non seulement les listes investies par LaREM mais également les listes plus ou moins soutenues par laREM.

C’était une véritable manipulation qui permettait à LaREM de gonfler ses résultats et de revendiquer des victoires là où elle n’aurait même pas eu de candidat.

Le pot aux roses a été dénoncé par de nombreux juristes et le Conseil d’État vient d’infliger un véritable camouflet au Gouvernement. Il a relevé une erreur manifeste d’appréciation et une atteinte à l’égalité entre les nuances. Le Gouvernement est sévèrement désavoué.

C’est le deuxième désaveu après l’avis sur le projet de loi retraite en quelques jours. Le Conseil d’Etat vient de donner une leçon au Gouvernement et de lui rappeler que nous étions dans un état de droit. Le pouvoir ne peut pas s’assoir sur la démocratie et tout se permettre.

 

Bruno RETAILLEAU


Décision de la Cour de Cassation sur la GPA : réaction de B. RETAILLEAU

Le 18 décembre, la Cour de Cassation a déclaré que deux hommes ayant eu recours à la GPA étaient considérés comme parents à part entière de l’enfant.

Cette validation de la parenté d’intention est une jurisprudence qui bouleverse notre droit de la filiation et qui va conduire à une légalisation de fait, sinon de droit, de la GPA dans notre pays. Nous ne pouvons pas l’accepter. Évidemment pour des raisons morales : la GPA, c’est la location d’un utérus et la vente d’un enfant, le plus souvent par des femmes pauvres au profit d’hommes riches. Mais aussi pour des raisons politiques : ce n’est pas au juge de faire la loi, mais au législateur, représentant légitime du peuple français.

Dans le cadre du projet de révision des lois bioéthiques au Sénat, je m’opposerai à la PMA sans père, notamment parce qu’elle est le cheval de Troie de la GPA. Car au nom de quoi refusera t’on aux couples d’hommes ce que l’on a accordé aux couples de femmes ? Mais je déposerai aussi des amendements visant à réaffirmer explicitement l’interdiction de la GPA dans notre droit. Ce sera un moment de vérité.

Si le gouvernement est favorable à la GPA, qu’il le dise. Mais l’exécutif doit cesser de se cacher derrière le judiciaire pour faire aboutir des régressions éthiques qu’il n’ose pas assumer.

Bruno RETAILLEAU


Lycéennes voilées pendant les cours : le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté

COMMUNIQUÉ

Moins d’un mois après que la rectrice de l’académie de Versailles ait refusé de visiter une école à Clamart en raison de la présence de mères voilées dans l’établissement, l’Express révèle que dans un lycée de Seine-Saint-Denis, des lycéennes voilées assistent à certains cours et que dans un établissement des Hauts-de-Seine les manifestations communautaires sont nombreuses et même tolérées.

Ces révélations sont une confirmation de ce que beaucoup savent mais que trop peu osent dire : aujourd’hui l’islam politique progresse et la République recule. Elle recule lorsque l’interdiction des signes religieux à l’école publique n’est plus respectée. Elle recule lorsque les menus communautaires sont autorisés et que certains contenus ne peuvent plus être enseignés. Elle recule aussi lorsque le Gouvernement refuse d’interdire le port du voile islamique pour les accompagnants scolaires que le Sénat a voté.

Face à cette dérive, le Gouvernement ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Jean Michel Blanquer doit s’expliquer. Le Ministre de l’Education Nationale ne peut pas affirmer d’un côté que « le voile n’est pas souhaitable » et tolérer la présence d’élèves voilées à l’école de la République, en dépit de la loi de 2004. Cet « en même temps » est insupportable, ces accommodements déraisonnables sont irresponsables : à force de composer, c’est la République qui se décompose. J’attends du Gouvernement qu’il envoie un message clair : la laïcité n’est pas négociable, la République n’est pas à géométrie variable.

Bruno RETAILLEAU


Laïcité : l’État doit sortir du double discours et cesser d’ignorer la loi de 1905.

Alors qu’à grand renfort de communication le ministre de l’intérieur annonce une mobilisation de tous les préfets de France dans la lutte contre le communautarisme, nous avons pris connaissance ce matin d’une lettre du directeur de Cabinet du Rhône adressée à la Président de l’université de Lyon II qui peut faire sérieusement douter de la réalité de cette mobilisation annoncée. Ecrite il y a 8 jours, ce courrier annonce la tenue des « Assises territoriales de l’Islam de France » qui selon l’auteur « visent à accompagner l’émergence de structures départementales du culte musulman » . Le premier enjeu de ces assises annoncé par le directeur de Cabinet du préfet est profondément attentatoire à notre pacte Républicain et à la Laïcité telle qu’elle est prévue par la loi. En effet, il s’agit de « mieux faire connaître l’Islam dans la société civile notamment via les médias »
L’Etat aurait-il pour objectif d’aider une religion à faire de nouveaux adeptes ? A t-il la prétention de devenir l’attaché de presse d’un culte ?
Dans les ateliers qui se dérouleront lors de ses assises départementales, un sera consacrée à « la valorisation des interactions entre l’Islam et la société civile ».
Et cette journée se passera à la Préfecture du Rhône...
Il n’y aurait pas de difficultés à ce que les musulmans du département du Rhône organisent une journée comme celle-ci. Ce qui est très grave c’est l’implication de la préfecture et donc de l’Etat, ce qui est grave c’est qu’en faisant cela, l’Etat devient le collaborateur d’un culte.

Aussi je demande à Christophe Castaner de sortir de ce double discours. Il ne peut continuer à vanter la laïcité à Paris dans les paroles tout en balayant toute évolution législative pour l’adapter aux menaces que fait peser sur la République l’Islam politique. En refusant de faire évoluer la loi sur les signes religieux dans les sorties scolaires ou sur la présence de listes communautaires aux élections, le gouvernement sème le doute sur la réalité de son engagement à lutter contre ces menaces. Le gouvernement ne peut pas à la fois inviter les préfets à la vigilance sur le communautarisme à coup de circulaires qui se contentent de rappeler la loi tout en laissant certains d’entre eux ignorer cette même loi dans les territoires.
Je lui demande de s’expliquer rapidement sur l’attitude de la préfecture du Rhône.

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Réforme des retraites : Le gouvernement doit revoir sa copie

La réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron n’est pas acceptable en l’état. Derrière de grands principes proclamés se cache une réforme qui va baisser substantiellement le pouvoir d’achat des retraités.

Alors que le gouvernement présente son régime comme favorable aux femmes, quelques calculs concrets et précis montrent qu’il n’en est rien. En supprimant les trimestres supplémentaires accordés aux femmes qui ont eu des enfants, le projet du gouvernement fait baisser substantiellement les pensions des femmes qui sont déjà dans une situation défavorisée. L’étude publiée ce matin par l’Institut de la protection sociale vaut mieux que de longs discours.

Le gouvernement fait fausse route et ses manœuvres pour cacher son objectif de baisser les pensions apparaissent aujourd’hui au grand jour. Non seulement les femmes seront les grandes victimes de la réforme mais les familles de 3 enfants seront matraquées. Comment peut-on oublier la dimension familiale et démographique dans une système par répartition ?

Le gouvernement doit reprendre sa copie ; un système de retraite plus juste s’impose, certainement pas un système qui généralise la paupérisation des retraités. Il doit cesser de se cacher derrière les régimes spéciaux, qu’il faut absolument réformer. La réforme des régimes spéciaux ne doit pas être le prétexte à une baisse généralisée du pouvoir d’achat des retraités.

Bruno RETAILLEAU


Une université renonce, sous la pression, à organiser un colloque sur le terrorisme.

Le 7 novembre dernier, une conférence internationale organisée par le Le Centre d’Analyse du Terrorisme et le Counter Extremism Project ayant pour thème « Terrorisme : quelles menaces et quels enjeux après la chute du califat ? » s’est tenue à l’Ecole militaire.

Or, cette conférence internationale aurait du avoir lieu à l’Auditorium du Centre International de Conférence de l’Université de la Sorbonne, Place Jussieu à Paris. Le 31 octobre j’ai été averti par un des intervenants à ce colloque que, sous la pression de syndicats, le président de l’université de Jussieu avait renoncé à abriter dans ses locaux cette conférence malgré la présence annoncée du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, Monsieur Laurent Nunez. Après avoir fait savoir mon indignation directement à la ministre de l’enseignement supérieur, Madame Frédérique Vidal, ses services m’ont assuré, le soir même, qu’une solution avait été finalement trouvée et que le colloque allait être délocalisé...

Nous en sommes donc là. Faut-il que nous soyons tombés dans un océan de renoncements pour voir une grande université française refuser l’organisation dans ses locaux d’un colloque sur le terrorisme ?

317 personnes sont mortes de ce fléau du terrorisme islamiste en France ces 40 dernières années et, attentat après attentat, les gouvernements ne cessent de répéter que nous menons une guerre contre « l’islam souterrain » ou contre « l’hydre islamiste ».

Mais quelle guerre pouvons-nous bien mener si nous ne sommes pas capables d’imposer la tenue d’une pareille conférence et d’en assurer la sécurité? Quelle est cette guerre où, à chaque fois que la République a l’occasion de réaffirmer ses valeurs et l’Etat son autorité, nous assistons à de telles lâchetés, à de telles capitulations devant nos adversaires ? La guerre contre le terrorisme et contre l'islamisme ne peut pas être qu'une affaire de grands discours et de coups de mentons, elle doit être d'abord une affaire d'actes et de mesures concrètes.

En ce jour où nous nous souvenons des 131 victimes des attentats de Paris, soyons certains que la meilleure manière d’honorer leur mémoire ainsi que celle de toutes les victimes de la barbarie islamiste est bien de lui faire la guerre. Mais de la faire vraiment.

Bruno RETAILLEAU


Listes communautaires : rencontre avec C. CASTANER

Le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux m’ont reçu ce matin, avec Xavier Bertrand, pour évoquer la question des listes communautaires aux élections.

Christophe Castaner et Nicole Belloubet nous ont écouté. Ils ont posé avec nous un diagnostic partagé : aujourd’hui en France, l’islam politique est en train de construire une contre société séparatiste et anti-républicaine. Cet islam radical qui place la loi religieuse au-dessus de la loi civile a non seulement conquis des territoires mais il gagne des esprits également, notamment dans la jeunesse des quartiers.

Mais si nous avons posé le même diagnostic, reste la question des remèdes à apporter.

J’ai proposé que s’il devait y avoir une révision constitutionnelle, l’article 2 de la constitution soit modifié pour donner au principe de laïcité une portée plus effective qui permette de sanctionner le communautarisme. Mais parce qu’il nous faut agir rapidement, j’ai demandé qu’une loi interdisant les listes communautaires soit adoptée par le Parlement, se fondant sur les principes constitutionnels de laïcité, de souveraineté nationale et de la démocratie. Comme le démontre ma proposition de loi, nous avons les fondements juridiques pour interdire ces partis ou ces listes communautaires.

Sur ce sujet, les paroles importent peu. Seuls comptent les actes. De ce point de vue, l’attitude du Premier Ministre à l’Assemblée a de quoi inquiéter : interrogé aujourd’hui sur l’interdiction des listes communautaires, Edouard Philippe s’est contenté d’éluder… Ce n’est pas en nous rangeant derrière le parti de l’immobilisme qui proclame que rien n’est jamais juridiquement possible que nous réaffirmerons nos principes et nos valeurs.

Car l’islam politique n’est pas une fatalité, tout est affaire de volonté.

Le Gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour sortir de l’ambiguïté. A lui de trancher. Rapidement. Car il vaut mieux agir aujourd’hui que subir demain. Voulons-nous qu’un jour la République se réveille avec des fréro-salafistes à la tête de nos municipalités ?

Nous ne devons pas céder à la tentation du défaitisme. Car il y a pire que la radicalisation islamiste, c’est la capitulation devant l’islam radical, parce qu’elle met en péril l’indivisibilité de la République et l’unité du peuple français.

 

Bruno RETAILLEAU


"Non, sur l'immigration, le compte n'y est pas !" B. RETAILLEAU

La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile.

Au lieu de la rupture annoncée, c’est une simple posture qu’affiche le gouvernement sur l’immigration. Comme d’habitude, il semble faire mais il fait semblant. Ces annonces ne vont pas diminuer l’appel d’air migratoire mais gonfler au contraire les chiffres de l’immigration.

Plus d’immigration économique et doublement du nombre d’étudiants étrangers : pour « reprendre le contrôle » sur les flux migratoires, le gouvernement s’apprête à distribuer de nouveaux laissez-passer pour de nouveaux immigrés !

S’agissant des soi-disant quotas, ils n’ont rien à voir avec les plafonds que nous proposions. D’abord parce qu’ils ne visent pas à plafonner le nombre d’immigrés en fonction de nos capacités d’intégration, mais à atteindre des objectifs chiffrés, fixés sur le seul critère économique. Ensuite parce qu’ils oublient le regroupement familial, les étudiants étrangers et les naturalisations. Des objectifs quantitatifs à atteindre plutôt que des plafonds limitatifs à respecter : Emmanuel Macron reprend l’idée des quotas mais il inverse sa finalité ! Par ailleurs, accroître l’immigration de travail alors que notre pays est aux prises avec un chômage endémique et que le taux de chômage des étrangers est, en France, deux fois supérieur à celui des citoyens français, ce n’est pas sérieux.

Pourquoi ouvrir une nouvelle voie d’immigration alors que nous ne parvenons pas à maitriser les flux migratoires existants ? La priorité aujourd’hui, c’est de lutter contre l’immigration illégale, de diminuer l’immigration familiale et de reconduire à la frontière les déboutés du droit d’asile. Ce n’est pas aux passeurs de décider qui doit entrer sur le territoire français !

La réalité est crue : que ce soit sur le regroupement familial, les séjours pour soins ou le droit d’asile, la France est devenue le pays le moins exigeant d’Europe. Sur tous ces sujets, nous n’attendons pas du gouvernement qu’il fasse preuve d’une grande audace, mais qu’il commence au moins par se mettre au diapason des nouvelles règles en vigueur chez nos partenaires européens.  Non, sur l’immigration, le compte n’y est pas. Ce défi, notre pays doit pourtant rapidement le relever. Car si nous n’apportons pas une réponse républicaine à la question de l’immigration, d’autres y répondront autrement. Face au risque de séparation, nous devons renouer avec l’assimilation républicaine. Certes, elle implique un certain nombre de contraintes mais elle comporte la promesse de devenir pleinement Français. 

 

Bruno Retailleau


Voile à l'école : le seul fait que le Régime islamiste d'Erdogan prenne une telle position valide la position du Sénat

COMMUNIQUÉ

Aujourd’hui le Ministère des affaires étrangères turc a cru bon de dénoncer le vote, par le Sénat de la République française, de l’interdiction des signes ostentatoires religieux pour les accompagnements scolaires.

Cette attitude est inacceptable. Je demande à Jean-Yves Le Drian de protester vigoureusement après de son homologue turc sur cette ingérence dans les affaires de la France. 

La France est une nation souveraine. De quel droit la Turquie s’ingère-t-elle dans ce qui relève du seul peuple français et de ses représentants ? D’autant qu’en matière de laïcité, le régime islamiste de Recep Erdogan n’a aucune leçon à donner. Le seul fait qu’il prenne une telle position valide la position du Sénat. Ce communiqué prouve que pour les tenants de l’Islam radical, le voile est une bannière et pas un simple vêtement et que nos enfants doivent en être préservés dans l’espace scolaire.

Bruno RETAILLEAU


Le combat combat d'Emmanuel Macron contre l’islamisme commence bien mal.

 

A la Réunion, Emmanuel Macron a fait du Macron en se prononçant sur la question du port du voile et de la communautarisation d’une partie de la société.

Les grandes envolées lyriques, le discours quasi martial ne débouche sur rien d’autres que sur des propos ambigus .

Emmanuel Macron considère t-il que les sorties scolaires qui sont l’école hors les murs comme l’espace public ?
Considère t il un conseil municipal comme l’espace public ?

Emmanuel  Macron semble ne vouloir ni interdire le port du voile lors des sorties scolaires organisées par l’école, ni muscler notre arsenal juridique pour lutter contre les listes communautaristes.

Son combat contre l’islamisme commence bien mal. Il ne sert à rien de déplorer une dérive communautariste si c’est aussitôt pour renoncer à lutter contre l’islam politique et se borner à rappeler des généralités.

Ce qu’a dit hier Emmanuel Macron ou plutôt ce qu’il n’a pas dit est grave car il ne s’agit ni plus ni moins que d’un renoncement à défendre les valeurs françaises dont nous avons pourtant tout lieu d’être fier.

Bruno RETAILLEAU