Ouverture des marchés : la guerre de l'aloyau est ouverte !

par Yves d'Amécourt, viticulteur, Maire de Sauveterre-de-Guyenne, Président de la Communauté des Communes Rurales de l'Entre-deux-Mers, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau politique de Force Républicaine (photo Yves d'Amécourt).

 

Après près de vingt années de négociations et de discussions obscures, le traité commercial entre l’Union européenne et les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a été signé vendredi 28 juin 2019. L’Assemblée nationale doit ratifier définitivement l’accord du CETA avec le Canada.

Le point sur ces décisions controversées et autour desquelles circulent de nombreuses informations contradictoires.

Quel est le poids des nouveaux contingents accordés au Canada et au Mercosur ?

Les partisans de ces traités expliquent qu’ils représentent une faible part de la consommation de viande bovine en Europe et qu’ils ne sont pas une menace pour les filières européennes.

  • 67 950 Tonnes au total pour le Canada ;
  • 99 000 Tonnes à droits de douanes préférentiels (7.5%) pour le Mercosur ,

Les chiffres leur donnent raison à première vue puisque l'on parle de 2% du marché européen ! Mais la réalité est toute autre. Ces nouveaux contingents vont cibler en grande partie le segment de marché spécifique de l’aloyau. Un marché très rémunérateur et beaucoup plus valorisé en Europe que sur leur propre territoire qui représente 400.000 Tonnes et risque donc de confisquer 40% du marché le plus rémunérateur aux éleveurs et opérateurs européens !

La viande importée en Europe respectera-t’elle les mêmes normes que celles qui s’appliquent en Europe aux éleveurs ?

Certains défenseurs des accords soutiennent l’idée que la viande importée respectera les normes européennes, que les contrôles seront fiables et qu’il n’y aura pas de bœuf aux hormones.

C'est vrai pour l'usage des hormones, seules substances aujourd’hui interdites dans les accords ! Mais qu'en sera-t-il d’autres produits interdits en Europe depuis de nombreuses années et qui ne sont pas prévus dans les accords ?

La vérité est que les règles de l’OMC ne lui permettent pas à Union Européenne d’imposer ses propres normes de production ! Il en sera ainsi de ...

  • l'usage des farines animales dans l’alimentation des animaux vecteur de l'encéphalite spongiforme bovine, qui avait provoqué en Europe la crise de la vache folle ;
  • l'usage des antibiotiques administrés comme activateurs de croissance ;
  • l'utilisation de produits OGM et de pesticides interdits en Europe (plus de 200 substances sont autorisées au Brésil ;

Quelles garanties sur la traçabilité des viandes importées ?

Alors que les viandes bovines françaises font l’objet d’une traçabilité obligatoire individuelle de chaque animal, de son lieu de naissance jusqu’au lieu de transformation de la viande, le Canada et le Mercosur n’imposent, eux, aucune traçabilité individuelle. La traçabilité des bovins se fait donc par lot, et uniquement à la sortie des exploitations. Un système qui a de quoi inquiéter, d’autant qu’une commission d’enquête du Parlement européen s’était rendue au Brésil début 2018 et avait émis de sérieux doutes sur les modalités de traçabilité et de contrôle en vigueur dans ce pays…

Michel Dantin faisait partie de cette commission d'enquête. Il déclarait à l'issue : "La Commission européenne fait preuve d’un certain angélisme sur la question de l’ouverture du marché aux pays du Mercosur, dont le Brésil, mais également en matière sanitaire."

En effet, l'accès des animaux à l’alimentation, à l’eau, aux soins, la surface minimale par animal … sont autant de prérogatives qui ne font l’objet d’aucune obligation règlementaire, dans les pays du Mercosur.

Enfin, l’élevage bovin brésilien est aujourd’hui responsable d'une partie importante de la destruction de la forêt amazonienne qui est, avec la forêt du fleuve Congo, l'un des deux poumons de la planète.

Quels impacts sur le marché Français et Européen ?

Les défenseur de l'accord prétendent que l’accord avec le Canada n’a eu que très peu d’impact sur la filière Française et Européenne. En effet, le pays n’aurait exporté que 1.000 Tonnes de viande de bœuf en 2018, ce qui représente 2% du contingent autorisé.

Ils disent également que seules 36 fermes canadiennes seraient en mesure de produire de la viande de bœuf sans hormone ce qui ne représenterait pas de danger pour le marché européen.

Dans ces conditions, on se demandent bien pourquoi ces pays signent des accords, si c'est pour ne pas les utiliser ! La vérité c'est que la filière canadienne s’organise pour exporter davantage vers l’Union européenne. Entre 2017 et 2018, elle a été en mesure de doubler ses exportations de viande bovine.

CETA, Mercosur, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande… A chaque nouvel accord, le secteur de la viande bovine devient systématiquement la variable d’ajustement des négociations.

Comme l'écrivait justement Bruno Retailleau le 10 juillet dans une tribune parue dans le FIGARO : les éleveurs d'Europe se retrouvent pris entre le marteau de la concurrence déloyale et l'enclume de la réglementation environnementale !

Cette situation est intenable pour les professionnels de la filière ! Labourage et pâturage, les deux mamelles de la France, ont une sérieuse mammite !

Il nous faut inventer les accords commerciaux du XXIème siècle !

Ces accords avec le Mercosur, le Canada, sont complétement dépassés et  connotés  XXème siècle . Les négociateurs obnubilés depuis 20 ans pour cette volonté de signer coûte que coûte un jour un accord, ont oublié que le monde autour d'eux changeait … Ils sont incohérents en termes de choix stratégiques pour les nations qui veulent limiter les émissions de GES, incohérents pour les consommateurs d'Europe qui veulent de la qualité, et de la traçabilité … Ce sont des accords de « l'ancien monde » ! Ce n'est même pas du libéralisme : le vrai libéralisme s'impose des règles du jeu communes !
Ce que nous voulons par dessus tout c'est défendre nos races et nos terroirs : la salers dans le Cantal, la charolaise en Bourgogne et en Vendée, la rouge des près dans le Maine et l'Anjou, la blonde d'Aquitaine, la parthenaise, la limousine et la bazadaise, en Nouvelle-Aquitaine, la normande, … plutôt que de consommer comme nous le faisons aujourd'hui la viande en provenance d'Europe du Nord et demain, l’Angus d'Argentine …
Nous le voulons pour toute une liste de bonnes raisons très positives pour notre pays !
Nous voulons que les consommateurs puissent connaître l'origine, le lieu de la transformation, celui de l'emballage, afin que totalement informés, ils puissent être des acteurs responsables de l'écologie et de l'économie !
Nous souhaitons rentrer de plein pied dans l'économie du XXIème siècle ! Demain nous appartient, si nous le voulons bien !

 

 


Symptôme d’un Etat qui n’arrive pas à se réformer, les « trésoreries » locales

Tribune parue sur le site de l'IFRAP, par Yves d'Amécourt, Maire de Sauveterre-de-Guyenne (photo), Président de la Communauté des Communes Rurales de l'Entre-deux-Mers, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau politique de Force Républicaine.

A quoi servent les quelque 4.000 trésoreries, antennes de la direction générale des finances publiques, réparties sur le territoire ? 67% des trésoreries comptent moins de 10 agents et 26% moins de 5. Or, la DGFiP estime dans des documents internes, qu'en dessous de 10 postes, une implantation ne peut plus fournir de services de qualité aux usagers.

Ces trésoreries assistent surtout les collectivités locales dans l’élaboration de leur budget. Elles réalisent pour chaque collectivité locale les « comptes de gestions » qui sont la copie exacte des « comptes administratifs » réalisés par les collectivités locales elles-mêmes. Elles conseillent et assistent les collectivités locales dans l’établissement de ces différents documents et dans leurs choix de gestion.

Les trésoreries permettent aux collectivités locales de recevoir leurs recettes et d’acquitter leurs dépenses. Concrètement, pour pouvoir honorer leurs dépenses, les collectivités locales continuent à rédiger des mandats et des titres, comme au XIXème siècle. Les titres et les mandats sont signés par le maire, ou le président, envoyés à la trésorerie la plus proche où quelqu’un les contrôle, puis les active… Ce processus de gestion des mandats et des titres occupe en France entre 50.000 et 70.000 personnes !

Ce processus n’existe pas dans les pays d’Europe qui nous entourent, lesquels comptent beaucoup moins d’agents, des homologues de la DGFiP (l’écart atteint 57.937 agents avec le Royaume-Uni en 2017). La situation de la France avec un réseau d’agents de l’Etat qui tiennent les comptes de gestion des collectivités et assurent les paiements et encaissements sur le territoire, est totalement spécifique à la France. Ni l’Allemagne ni le Royaume-Uni ne fonctionnent de la sorte ce qui ne les empêche pas pour autant d’assurer une grande transparence sur l’utilisation des fonds publics par les collectivités.

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De droite et écolo ?

Intervention d'Yves d'Amécourt, hier, à l'occasion de la convention de Force Républicaine, le 15 juin 2019.

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Chers Amis,

Nous voici rassemblés pour une nouvelle convention, et non des moindre !

Je remercie Bruno Retailleau et tous ceux qui ont travaillé depuis quelques mois à sa préparation, en particulier Xavier Regnault, Jean-François Dejean, Briac Legouvello, Louis-Maire Le Roy, Vincent Chriqui, Sophie Rohfritsch. Tous ceux qui nous ont adressé leurs contributions au sein des « Forces Vives », la branche société civile de Force Républicaine, animée avec talent par Viviane Chaine-Ribeiro.

L’écologie est un vaste, très vaste sujet… C’est en fait le sujet de tous les sujets ! C'est la science de l'habitat, la science des conditions d'existence.

L’écologie est une science. Elle sait se remettre en cause, contester ses propres conclusions, elle avance avec son temps. L’écologisme est un dogme ! Nous étudions la science, nous refusons le dogme ! Voilà la différence !

Pourquoi organiser une convention sur l’écologie alors que l’on a l’impression que, sur le sujet, tout a été dit ?

Et bien parce que nous refusons la politique écologique telle qu'elle nous est présentée aujourd'hui !

Quelques exemples parmi tant d'autre …

Personne ne comprend pourquoi la filière nucléaire doit être sacrifiée alors qu’elle permet à la France d’être dans le concert des grandes puissances peu émettrices de gaz à effet de serre !

Personne ne comprend pourquoi on n’investit pas plus sur le sujet du stockage de l'énergie électrique : seul véritable sujet important ! Notamment sur la filière hydrogène ! Savez-vous que si la Sahara était un panneau solaire, il pourrait produire l'énergie électrique dont a besoin l’humanité tout entière ! Encore faudrait-il pouvoir la transporter !

Au moment où l’on nous annonce l’arrivée de carburants composés de 10% d’agro-carburants personne ne comprend pourquoi les taxes ne baissent pas elles aussi de 10% !

Si le pétrole est mauvais et que l’électricité est bonne, pourquoi l’augmentation des taxes sur le pétrole n’est-elle pas compensée par une baisse des taxes sur l’électricité. Elles sont aujourd’hui de 54% !

Décidément, personne ne comprend rien à cette politique écologique … dont on ne voit finalement que des taxes et des règlements !

Alors que l’habitat est le 1er poste de consommation d’énergies fossiles, qu’attendons-nous, avec nos chercheurs, nos techniciens et nos ingénieurs, pour devenir les leaders de la construction à énergie positive ?

Personne ne comprend pourquoi on va manifester à l’autre bout du monde contre la déforestation, et que, dans le même temps, on ne soutient pas en France, notre filière bois ! La Forêt française est en expansion mais la balance commerciale de la filière bois reste déficitaire de quelques milliards d’euros !

Personne ne comprend pourquoi on ne choisit pas de travailler main dans la main avec nos agriculteurs plutôt que d’en faire des souffre- douleur ! Si tous les agriculteurs du monde augmentaient de 4 pour 1000 la matière organique dans les sols chaque année, cela reviendrait à fixer la totalité des gaz à effet de serre émis par les activités humaines que ne fixent pas déjà la nature et les océans ! Ce type d’agriculture du futur est gagnant-gagnant : moins d’émission, plus de stockage, plus de production pour nourrir le monde ! Mais il n’est pas admis par l’idéologie du moment. Il est contraire au dogme de la décroissance !

Chers amis,

Si nous nous engageons résolument sur le terrain de l’écologie, c'est que tout ce qu’on nous présente manque cruellement de cohérence !

-         Notre sentiment est que l’écologie politique s’attaque à des symboles plus qu’aux sujets réels!

-         Notre conviction c’est qu'il y a urgence, et que les sujets ne sont pas traités à la bonne échelle !

C’est pour cette raison à Force Républicaine, qu’il nous faut prendre la main sur l’écologie !

Dans cette réflexion globale qui commence aujourd’hui, notre 1er objectif est de démêler le vrai du faux …

En matière d’écologie les fausses nouvelles sont très nombreuses, notamment du coté des écologistes !

Démêler le vrai du faux sur les énergies renouvelables, sur le diesel, sur les OGM, sur les pesticides, sur le dérèglement climatique, sur la biodiversité …

Ca n’est pas si simple mais c’est salutaire car la vérité est le chemin. Le seul chemin !

Notre second objectif est de propager les bonnes nouvelles !

Quand tout autour de nous, sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans nos écoles, le catastrophisme est devenu le mode de communication de l’écologisme, nous pensons au contraire, que l’enthousiasme est vertueux et que l’optimisme est porteur d’avenir !

  • La France, par exemple, fait partie des pays les plus vertueux, dans le monde, en matière d’écologie, selon le classement réalisé par l'Université de Yale aux Etats-Unis, qui classe 180 pays en fonction de 24 critères environnementaux : on y trouve la qualité de l'air, des eaux, la préservation des ressources naturelles animales, végétales et minérales, de la biodiversité, ...

Et bien soyons fiers de nos résultats et poursuivons nos efforts ! Propageons ces bonnes nouvelles comme autant de contre-feu au catastrophisme ambiant !

  • Lorsque Gérard Mourou, prix nobel de Physique, déclare le 3 octobre  2018 dans LA TRIBUNE qu’avec le laser, « on peut réduire la radioactivité d’un million d’année à 30 minutes » … On s’étonne qu’aucun média ne se fasse l’écho de cette déclaration pleine d’espoir ! A Force Républicaine, on la diffuse, on communique, on interpelle !
  • Lorsque le 14 mai dernier, le quotidien Allemand Tagespiegel titre : « Les écologistes allemands s'interrogent sur le dogme anti-OGM » car « il y va de la vérité et des faits » … Nous considérons que c'est une très bonne nouvelle et nous la diffusons en France, notamment aux écologistes !
  • Lorsque le magazine LE POINT, cette semaine, consacre sa une à l’« ECOLOGIE : Vérités et Fariboles » nous conseillons de l’acheter !

Tout ce qui nous permettra de sortir du dogme, de rétablir la vérité, doit être considéré comme une bonne nouvelle et nous devons le propager, notamment sur les réseaux sociaux qui sont le mode de communication de la jeunesse !

Refusons les raisonnements globalisant, l'appauvrissement de la langue, les mots valises, la novlangue que dénonçait Georges Orwell dès 1949 dans son livre « 1984 ».

La connaissance et l’éducation permettent le discernement. Notre mission est d'enrichir le débat, pas de le rétrécir. D'ouvrir le champ des possibles quand d’autre le ferme !

Il faut que nous permettions à chacun, par nos communications, de sortir du prêt à penser, de faire la part des choses, de trier entre le bon grain et l'ivraie ! L’avenir se construit sur du solide !

Notre troisième objectif est de proposer des actions concrètes et significatives à l’échelle souhaitée !

Alors que l’écologie politique s’attaque à des totems, notre objectif à nous est d’être dans le concret, dans la réalisation, dans les projets !

Et puis, mes chers amis, sur le sujet de l'écologie, la France à aussi des choses à dire au monde ! Un message particulier !

L’atmosphère, les océans, l’eau, ne connaissent pas de frontière, ils font partie du patrimoine mondial de l’humanité !

Cela doit engager nos politiques de coopération d’une part, et nos politiques d’échanges et de commerce d’autre part.

Je pense en particulier à l’entretien des deux poumons du monde que sont le bassin du fleuve Amazone et celui du fleuve Congo !

Le sujet de la réforme foncière en Afrique Subsaharienne, le sujet du droit de l’arbre sont aussi nos sujets et il ne faut pas les abandonner à l’influence grandissante des Chinois. Le règlement de ces questions est crucial pour le continent Africain, et pour l’humanité tout entière.

L'Afrique est le berceau de l'humanité, elle ne doit pas devenir son tombeau. C'est notre responsabilité collective !

Là aussi, notre message doit être clair pour nous permettre d’agir.

Je vous le disais en introduction, l'écologie est le sujet ! C'est un sujet enthousiasmant et porteur d'avenir !

On nous le présente aujourd'hui comme une multitude de contraintes et de taxes ! Ce n'est pas notre écologie !

Rabelais disait : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme » … Aujourd’hui, chers amis, il est tant de remettre un peu de sciences dans nos consciences !

-        Démêler le vrai du faux

-        Propager les bonnes nouvelles

-        Faire des propositions concrètes pour agir au bon endroit et à la bonne échelle

C’est le but de cette 1ère convention qui allie sciences humaines et sciences dures, pensées globales et actions locales, qui replace l’homme et la philosophie au cœur du débat … Pour construire une écologie du bien commun !

Cette convention s’organisera en deux parties autour de deux questions :

  • Quel modèle économique ? Avec les interventions du philosophe Luc FERRY et du scientifique Olivier BABEAU.
  • Quelle échelle pour la révolution écologique ? avec les interventions de Philippe CHARLEZ, Docteur en physique, de Patrice VALANTIN, entrepreneur, et de Jean-Francois Husson, sénateur de Meurthe et Moselle

C’est notre amie Sophie Rohfritsch qui accueillera et présentera nos invités, animera les débats de l’après-midi !

Pour conclure, cher Bruno, chers amis, j’ai bien envie de dédier cette convention au regretter Michel SERRES, éternel optimiste, passionné d'écologie, précurseur aussi !

« Un philosophe doit faire trois voyages, aimait-il dire.  Il doit voyager dans la totalité du savoir, c'est-à-dire être encyclopédiste.  Dans la totalité du monde, c'est-à-dire dans les paysages qui permettent de voir la planète. Et dans la totalité des hommes, à travers les classes sociales et les cultures, pour rencontrer le  plus de langues et de religions possible »

C’est le chemin que nous vous proposons ! Il commence aujourd’hui !

Je laisse le parole à notre président Bruno Retailleau ! Sous vos applaudissements !


Sur la forêt, ne faisons pas de langue de bois !

Dans un reportage sur le Chêne et la Chine diffusé dans le journal de 20h00 de TF1 le 16 mai, il est indiqué de manière erronée que "30% des parquets en chêne fabriqués par la Chine reviendraient en France" ; ce qui induit l'idée auprès des téléspectateurs que les chênes de qualité secondaire exportés en Chine reviendraient ensuite en France pour concurrencer nos propres parquets.

Les chiffres officiels des douanes françaises contredisent cette idée ! Ils indiquent que les parquets en provenance de Chine représentent sur les douze derniers mois moins de 2% des importations françaises de parquet.

Par ailleurs, il est inexact de soutenir, comme le fit TF1 le 16 mai, que nos scieries manqueraient actuellement de chêne à cause des exportation vers la Chine ! La vérité est que les scieries françaises regorgent de chêne qu'elles sont obligées de surstocker. Que des milliers de m3 de chêne sont actuellement abandonnés en forêt faute d'acheteur.

Ce reportage, 10 jours avant les élections européennes, contribue à biaiser l'opinion des téléspectateurs qui ont pourtant le droit à des données fiables et vérifiées pour se faire leur propre jugement !

C'est vrai, la France ne transforme pas assez le bois qu'elle produit !

C'est vrai, la France importe trop de bois !

C'est vrai, il y aurait un intérêt national a réinvestir dans les industrie de 1ère et de seconde transformation en France.

Mais nous n'y arriverons pas avec la méthode Coué et avec des reportages mensongés !

Nous y arriverons en donnant aux scieurs, aux transformateurs, aux artisans de France, un environnement social et fiscal qui leur permettent d'investir, de travailler, d'employer de la main d'œuvre, sur un marché où la concurrence serait libre et non faussée !  Ce n'est pas le cas actuellement.

C'est vair, le déficit de la balance commerciale de la filière forestière française est de quelques milliards d'€uros. Les bois importés arrivent de partout et pour nombre d'entre eux, du nord de l'Europe (Allemagne, Scandinavie).

Pourtant la France est un grand pays forestier et chaque année, les surfaces boisées gagnent du terrain. Elle représentent aujourd'hui 16,9 millions d'hectare, soit 31% du territoire métropolitain.

Pourtant, la France dispose de toutes les essences de bois nécessaire, sur son sol, pour subvenir à tout les types de besoin dans toutes les filières.

Mettons donc notre énergie à reconstruire et à développer des filières bois pérenne : pour l'énergie, le transport, les meubles, la construction, à l'image de celle qui existe pour les barriques et l'élevage du vin.

La forêt est une source de matériaux, un endroit où l'on absorbe le CO2 (gaz à effet de serre), un lieu de vie sociale et un réservoir de biodiversité.

Faisons en sorte de la protéger et de la développer durablement au service de l'économie, de l'écologie et du lien social ! C'est un sujet qui devrait être prioritaire pour le gouvernement français.

Alors, parlons vrai ! La forêt française, ses acteurs, ne sauraient se satisfaire de la langue de bois !

Yves d'Amécourt


La douloureuse affaire Vincent LAMBERT une rupture qui fera jurisprudence?

Par Dominique DELANDRE:

diplôme universitaire de prise en charge des patients en état végétatif ou pauci-relationnel et responsable d'une unité de vie EVC-EPR

La douloureuse affaire Vincent LAMBERT pose nombre de questions sur la relation de la société sur la fin de vie et l'extrême dépendance.

Sans avoir pu bien évidemment consulter le dossier médical de Vincent LAMBERT, les multiples déclarations médiatiques des membres de la famille et des médecins (qui pour certains n'ont pas respecté le code de déontologie et le secret médical) permettent d'estimer que Vincent LAMBERT est au pire dans un état végétatif chronique.

L'état végétatif fait suite au coma. La sortie du coma se manifeste par l'ouverture des yeux. Les fonctions vitales respiratoires et cardiaques ne nécessitent aucune assistance mécanique. En résumé le patient végétatif peut ouvrir les yeux, présente des cycles veille sommeil, respire, son coeur bat, mais n'a pas conscience de lui-même et de son environnement, ce qui le distingue du patient pauci-relationnel qui lui possède un état de conscience lui permettant selon son niveau d'interférer plus ou moins avec le milieu extérieur.

La frontière entre un état végétatif et pauci-relationnel est souvent ténue. Certains critères cliniques, des échelles d'évaluation et des examens para-cliniques comme l'IRM fonctionnelle permettent d'affiner le diagnostic mais soulèvent également nombre de nouvelles questions. Comme souvent dans la recherche, la résolution d'une énigme en entraîne de nouvelles.

Un exemple: longtemps nous avons estimé que les patients végétatifs n'ayant conscience à priori ni d'eux-mêmes ni de leur environnement ne souffraient pas, or l'IRM fonctionnelle, on injecte un produit traceur qui va se fixer sur certaines régions du cerveau correspondantes à des fonctions spécifiques, a contredit ce postulat.

Par contre ces patients extrêmement dépendants, le plus souvent tétraplégiques, doivent être alimentés et hydratés par l'intermédiaire d'une sonde placée directement dans l'estomac. Passée la phase initiale, une fois leur situation clinique stabilisé, ils vivent en général dans des structures spécifiques où ils bénéficient de soins parfaitement adaptés à leur situation de la part d'équipes spécialisées. Ces structures sont de véritables lieux de vie et permettent l'accompagnement de ces patients et de leurs proches dans les meilleures conditions possibles de confort, d'écoute et de soins. Leur espérance de vie est désormais supérieure à 10/15 ans.

Nous pouvons donc considérer que Vincent LAMBERT présente un état végétatif chronique qui ne correspond pas à une fin de vie. Le fait de stopper toute alimentation et hydratation associé à une sédation continue peut être considéré comme une euthanasie active.

On ne peut parler d'acharnement thérapeutique. Cela serait le cas si il présentait une pathologie intercurrente comme un cancer par exemple, une complication comme une septicémie que l'on traiterait coûte que coûte ou un arrêt cardio-respiratoire que l'on réanimerait.

En l'absence de directives anticipées l'équipe médicale définit un cadre de limitations thérapeutiques qui est discuté avec la personne de confiance si elle a été désignée et avec la famille proche afin d'obtenir un consensus. En cas de désaccord la justice peut alors être saisie ce qui est le cas pour Vincent LAMBERT.

La décision prise par la justice représente donc une véritable rupture qui risque de faire jurisprudence, il y aura un avant et un après affaire Vincent LAMBERT.

On estime à environ 1700 patients dans cet état clinique. Heureusement le dialogue continu entre les équipes soignantes et les familles permet le plus souvent de trouver des compromis permettant une prise en charge éthique, humaine et respectueuse de la position de chacun en l'absence de directives anticipées de ces patients.

A partir du moment où une société accepte et désire réanimer parfois à l'excès certains patients elle doit en accepter les conséquences. La richesse et l'humanité d'une société se mesurent entre autre à sa capacité d'accueil de ses membres les plus vulnérables.

Cette triste affaire est d'abord une affaire familiale symbolique des difficultés affectives, humaines, philosophiques, anthropologiques et religieuses engendrées par ce drame.

Face à de telles situations nous devons rester humbles et n'avoir aucune certitude.

Malheureusement certains préfèrent en faire une tribune pour demander une révision de la loi Claeys Leonetti et promouvoir l'euthanasie active. Cette loi revisitée et approuvée unanimement en 2016 insuffisamment connue et appliquée répond à la majorité des situations de fin de vie.

La période n'est pas à l'ouverture d'un débat qui ne ferait que diviser à nouveau les Français.


Monsieur le Président : on ne joue pas avec la biodiversité !

Le Président de la République a tort d’instrumentaliser à chaud le rapport sur la biodiversité au bénéfice de son parti !

Son intervention se situe toujours sur le même thème : attiser les peurs pour justifier une politique du bâton ! Et comme coupable idéal : les agriculteurs ! Comme totem « la fin de glyphosate » !

« 1 millions d’espèces vont disparaître », hier matin Aurore Berger parlait même de « la fin du monde » !

Le titre du rapport est choisi à dessein pour interpeller. Le pré rapport mentionnait 500000 à 1000000 d’espèces menacées si on ne fait rien. C’était un appel à agir !

Oui, le constat est alarmant au niveau mondial : métropolisation de l’habitat et artificialisation des terres, déforestation, pollution de l’eau et diminution de l’eau potable, exploitation des ressources naturelles (mines) sans respect de la nature...

Mais c’est tout le contraire de ce qui se passe en France où la prise de conscience est là et est partagée depuis longtemps déjà. Les actions sont engagées.  Il ne faut pas inquiéter les français mais les encourager dans la voie que nous avons choisie :

Nos agriculteurs sont parmi les plus performants du monde et progressent chaque année, nous reboisons la France et notre forêt est gérée durablement, notre droit minier a intégré depuis longtemps un volet environnemental conséquent. Les filières de recyclage, la diminution des emballages à la source, la France est en pointe sur chacun de ces sujets !

La France est au travail ! En Bretagne, récemment, on a observer une augmentation du nombre des abeilles dans les essaims.

Reste le problème de l’étalement urbain, de la pollution lumineuse dans les villes, qui sont aujourd’hui redoutables pour les insectes, de l'arrivée par la mondialisation des échanges, d'espèces invasives, de virus, ... Or, parmi les espèces menacées il y a des plantes mais aussi de nombreux insectes. Les insectes sont la nourriture des oiseaux et des chauves-souris… C’est la toute la chaine alimentaire qui en danger. Au bout, il y a l’homme.

Nous avons fait des progrès collectivement en France. Il faut en faire encore. Il faut aussi aujourd’hui porter ce message au monde et aider les autres pays à protéger leur forêt, je pense notamment aux deux poumons du monde : le bassin de l’Amazone et celui du Congo. Au Congo et sur le continent Africain, cela passe par une réforme foncière d'envergure.

Quant à nous, il ne faut pas nous satisfaire de ce que nous avons déjà fait. Nous devons être exemplaires ! Nous sommes, en France, sur le bon chemin, malgré tout ce que raconte les écologistes radicaux !

Nous organisons le 15 juin une convention sur ce sujet à Force Républicaine, pour participer à la prise de conscience et aussi, parce que les français le demandent, pour faire la part des choses entre l’idéologie et l’écologie !

Nous souhaitons sortir de l’écologie politique pour promouvoir l’écologie du bien commun !

La terre a connu 5 extinctions de masse, ce serait la 6ème.

La terre en a vu d’autre . Elle nous survivra ! Aujourd’hui, la question est plus celle de l’humanité ! Car l’homme n’a pas toujours habité la terre ... et la terre peut vivre sans l’homme ! C’est l’humanité qui serait en danger si elle ne vivait pas en cohérence avec la planète qui la nourrit. L'enjeu fondamental est de ne pas hypothéquer l'avenir et de consommer ce que la planète est capable de nous donner. Mais, contrairement à l'idéologie dominante, il faut prendre conscience, aussi, que la planète peut nous donner plus à condition de mieux la comprendre et de mieux la connaître, de la respecter.

Ce rapport comme l’écrivent ses auteurs est un rapport de "prise de conscience". C'est un rapport d’espoir en la sagesse de l’humanité !

N’en faisons pas un instrument de politique politicienne ! Ne l’instrumentalisons pas comme le font les ténors de LREM, EELV, FI, ... qui appellent à ne plus manger de viande alors que cette préconisation ne fait pas partie de celles mentionnées dans le rapport initial.

Nourrir 10 milliards de personnes en 2050 de façon « durable » implique une transformation de la production agricole, une meilleure gestion de l'eau, mais aussi des habitudes de consommation (régime alimentaire, gaspillage alimentaire), souligne le rapport.

Dans son intervention très opportuniste sur la biodiversité, le Président annonçait des mesures qui, pour la plupart, sont déjà toutes votées. Des processus qui ont été engagés par ses prédécesseurs depuis 20 ans !

Le Président prenait la parole, le jour même où on annonçait la fin du « train des primeurs » de Rungis, et bientôt 25.000 camions en plus sur les routes !

Monsieur le Président, il est urgent de passer des belles paroles aux actes ! On ne protégera pas la biodiversité avec des discours !

Entre dire et faire, il y a place pour la sincérité !


La téléconsultation une solution face à la désertification médicale

Par Dominique DELANDRE

Face à la désertification médicale, de nombreux territoires font preuve d’innovation et d’imagination pour palier la carence de médecins généralistes.

Une expérience intéressante à l’initiative du député de MONTARGIS, Jean Pierre DOOR, a débuté dans le LOIRET. Ce département compte seulement 90 généralistes pour 100 000 habitants soit 30 de moins que la moyenne nationale et se classe dans le trio de tête peu enviable des départements les moins médicalisés de France.

Depuis l’entrée en vigueur le 15 septembre 2018 du remboursement de la téléconsultation par l’assurance maladie, il a incité les maires de sa circonscription à se mobiliser pour lancer la téléconsultation dans leur commune.

Un partenariat a été signé avec une start-up basée à Marseille pour équiper les cabinets mis à disposition par les maires et assurer la logistique

Trois municipalités se sont engagés dans le processus et d’autres communes vont rejoindre le dispositif.

Le principe est simple.

Une infirmière accueille sur rendez-vous les patients, les installe devant une caméra, le médecin de l’autre côté de la webcam, lui demande de prendre les constantes, d’utiliser le cas échéant des appareils connectés (stéthoscope, tensiomètre, otoscope, thermomètre.. et peut-être bientôt échographe) et peut s’entretenir avec les patients.

A la fin de la consultation les patients repartent avec une ordonnance envoyée par le médecin. Le règlement de la consultation se fait par carte bancaire et la télétransmission de la feuille de soins est possible.

Ces médecins ont été recrutés par la start-up suite à un appel à candidature, ils sont soit retraités, soit exercent dans des régions qui en général ne connaissent pas encore de crise démographique médicale.

Le projet est porté par les collectivités locales : la région Centre Val de Loire finance l’ensemble du matériel nécessaire soit 25000 € par cabinet, les communes mettent à disposition les locaux. L’Agence Régionale de Santé quant à elle finance la rémunération des infirmiers assurant la téléconsultation.

Condition nécessaire le territoire doit être couvert pas le haut débit, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas pour toutes les communes.

Ce dispositif semble séduire élus, population et médecins.

Même si cette innovation n’est pas parfaite ni suffisante, elle permet de soulager les médecins généralistes souvent débordés et de répondre à une demande de plus en plus pressante de patients ne trouvant plus de médecins traitants.

 


Plan Santé Buzyn : des thérapeutiques étatiques et bureaucratiques !

Par Dominique DELANDRE

Comme souvent avec Emmanuel MACRON et son gouvernement le constat et les intentions vont plutôt dans le bon sens.

D'ailleurs ce plan a été globalement bien accueilli par les médecins, les jeunes en particulier, lors de sa présentation en septembre 2018.

Depuis les choses ont un peu changé et les négociations entre la CNAM et les syndicats médicaux ont montré des divergences de fond majeures. En particulier au sujet des aides financières accordées pour le recrutement des assistants administrativo-médicaux, la CNAM demandant aux médecins de doubler leur nombre de consultations par heure (de 3 à 6). Immédiatement et unanimement les syndicats médicaux ont décidé de quitter la table des négociations en dénonçant une approche trop productiviste.

Il est évident qu'une telle réforme ne peut se faire sans les professionnels de santé et doit aussi tenir compte de l’évolution des mentalités en particulier l’aspiration d’une large majorité de jeunes médecins d’exercer sous statut salarié.

Mais ce plan santé présente de nombreux points critiquables et surtout il semble très bureaucratique et étatique.

La médecine libérale paraît la grande oubliée de ce plan, nous assistons à une étatisation rampante et donc à sa mise sous tutelle.

La médecine libérale de ville française a un des rapports coût/efficacité le plus élevé au monde. La généralisation et le rattachement des CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) au système hospitalier met la médecine de ville sous la tutelle des ARS (Agence Régionale de Santé) avec les risques de dérives technocratiques que cela implique.

Il faut au contraire décentraliser, faire confiance aux acteurs de terrain et aux expériences locales tout en incitant naturellement à une meilleure collaboration entre les différents acteurs de santé libéraux et publics.

La création d'emplois subventionnés d'assistants administrativo-médicaux n'est pas à la hauteur des enjeux. Le gouvernement prend le problème à l'envers, plutôt que de financer ces 4000 postes, il serait plus sain d'alléger, de supprimer nombre de contraintes administratives et de revaloriser les honoraires afin que les médecins puissent embaucher directement ces personnels s’ils les jugent indispensables.

De plus ces postes seront réservées essentiellement aux maisons de santé et aux maisons médicales pluridisciplinaires, l'intention est de privilégier les regroupements des professionnels de santé, le gouvernement considérant dorénavant que l’exercice isolé est une anomalie, intention paraissant louable car elle correspond aux souhaits de nombreux médecins, mais plusieurs dizaines de milliers de médecins généralistes et spécialistes exercent toujours dans leur propre cabinet ou dans des cabinets de groupe de droit privé et ne souhaitent pas intégrer de telles structures.

De même la création de 400 postes de médecins salariés donc publics qui seront déployés dans les déserts médicaux n'est vraiment à la hauteur des enjeux, il en faudrait plusieurs milliers. Cela représente environ 4 médecins par département, c'est ridicule quand on connaît le prochain désastre démographique qui va concerner quasiment toutes les régions, y compris certaines grandes agglomérations.

Marisol TOURAINE avait déjà imaginé un système similaire qui n'a pas rencontré un franc succès.

Car le problème de l'attractivité des territoires reste la cause principale de cette désertification.

La jeune génération de médecins plus urbaine, plus attachée à l'équilibre vie personnelle/vie professionnelle refuse d'aller s'installer dans les zones rurales et les villes moyennes. Malgré les multiples mesures incitatives existantes en particulier financières de très nombreux territoires sont et seront dépourvues d'une offre sanitaire suffisante, il y a rupture d'égalité et parfois mise en danger de la population.

Se posera probablement assez rapidement la prise de mesures plus contraignantes le temps que les effets de la suppression du numérus clausus se fassent ressentir.

Ceux-ci n'interviendront au mieux pas avant 10 à 15 ans, que fait-on en attendant ?

Enfin le secteur infirmier libéral semble mis à l'écart de ce plan, rappelons le rôle essentiel qu'il représente dans la continuité des soins. Dans certains territoires désertifiés il reste le seul recours pour les patients, ne l'oublions pas.

Malgré tout certaines décisions vont dans le bon sens : abandon probable de la T2A qui est inflationniste et entraînent parfois des comportements peu déontologiques, collaboration renforcée public/privé (mais attention une nouvelle fois à la mise sous tutelle de la médecine privée, les hôpitaux devraient s'inspirer des méthodes de gestion du privé qui sont bien plus efficientes), déploiement du DMP (Dossier Médical Partagé), efforts sur le numérique et la télémédecine, labellisation de 500 à 600 hôpitaux de proximité à l’horizon 2022 centrés sur la médecine générale, la gériatrie et la rééducation.

La suppression de numérus clausus est une bonne mesure, elle permettra d’augmenter le nombre de praticiens et de diversifier les profils. Malgré tout ne leurrons pas les futurs étudiants, il y aura une sélection, elle reste nécessaire. Espérons qu'elle sera régionalisée afin d'adapter le nombre de professionnels de santé aux besoins réels des territoires.

En attendant le gouvernement projette de régulariser environ 4000 médecins diplômés hors union européenne exerçant en milieu hospitalier. Espérons que cette régularisation se fasse sur des critères stricts de qualité.

En résumé le constat est bon, les intentions louables mais ce plan paraît très étatique et technocratique avec un risque évident de mise sous tutelle de la médecine libérale. Il ne représente pas une véritable rupture, de nombreuses mesures existent déjà ou avaient déjà été proposées. Il sera probablement insuffisant pour lutter contre la désertification médicale qui devrait être le véritable enjeu de toute réforme responsable.


Pour la banane, l’Europe a besoin de 3 frontières : une frontière économique, une frontière sociale et une frontière écologique !

Par Yves d’Amécourt 

J’étais la semaine dernière en déplacement en Guadeloupe où j’ai rencontré des producteurs de banane à Capesterre-Belle-Eau, notamment mon ami Guy Adolphe, Vice-Président de l’association des producteurs de bananes de la Guadeloupe.

Les producteurs de bananes de Guadeloupe, de Martinique et d’Europe, bénéficient à travers une OCM spécifique de ce que nous appelons de nos vœux pour le reste des produits agricoles.

En effet, les bananes produites en dehors de l’Europe payent à l’entrée sur le marché européen une taxe. Cette taxe permet de subventionner les producteurs européens et de rétablir ainsi une concurrence loyale avec des pays producteurs qui n’ont pas les mêmes contraintes de production que nous.

Malheureusement, au lieu de renforcer cette règle de bon sens, la commission n’a de cesse de baisser cette taxe à l’importation. Ainsi les droits de douane à l’entrée au marché européen sont passés de 176 euros/tonne en 2009 à 75 euros/tonne en 2020. Cela a provoqué un approvisionnement toujours croissant du marché européen, qui atteint aujourd’hui plus de 6 millions de tonnes de bananes par an.

Cet approvisionnement peut encore augmenter et cette hausse de l’offre risque de provoquer un effondrement des prix sur le marché européen de la banane, dont il est déjà possible d’observer les prémices depuis 2015 (passage de 14,1 à 11,9 euros par carton de bananes).

Une baisse de prix serait fatale aux productions européennes, qui supportent des coûts plus importants que leurs concurrents de pays tiers car elles respectent les normes européennes sociales, environnementales, sanitaires et phytosanitaires, et elles mettent en œuvre des engagements qualitatifs et agroécologiques comme par exemple les Plans « Banane Durable » aux Antilles (incluant la réduction des pesticides de plus de 70% depuis 1996), ou encore l’obtention d’une IGP aux Canaries.

Nous devons appeler de nos vœux le renforcement des frontières européennes par la mise en place de 3 frontières : une frontière économique assortie d’une taxe à l’importation, une frontière écologique assortie de contraintes de production et une frontière sociale pour lutter contre le dumping social et le non-respect de la dignité humaine.

  • Créer une « frontière économique » à l’entrée sur le marché européen en stoppant la baisse du tarif douanier sur les bananes d’importation pour le sanctuariser à 75 euros/tonne ; La taxe sur les bananes d’importation a vocation à être versée, via un système vertueux, aux producteurs de bananes européens ;
  • Créer une « frontière écologique » entre l’Europe et le reste du monde, pour cela, il convient d’établir une liste de substances actives autorisées ou interdites, sur la base de la règlementation européenne, que les bananes importées devront obligatoirement respecter ; Les pays producteurs des pays tiers exportateurs ne respectent pas les mêmes normes dans les domaines de la protection de la biodiversité, de l’environnement, de la santé, des produits phytosanitaires, des pratiques culturales, des normes sur la production biologique, etc. Par exemple, de nombreux pesticides et certaines méthodes d’application sont interdits pour les bananes européennes mais utilisés sur les bananes importées, comme par exemple le carbofuran, le carbaril, le traitement aérien, etc...
  • Créer une « frontière sociale » car la politique commerciale de l’UE n’a pas permis d’améliorer les conditions de travail et la protection sociale dans ces pays latino-américains (travail forcé, emploi d’enfants, répression du syndicalisme, travail informel, etc.), où les salaires sont nettement inférieurs qu’en Europe ; L’entrée sur la marché européen doit être assorti de critères de respect de la dignité humaine ; C’est le cas notamment en Equateur, 1er exportateur mondial de bananes, dont l’UE est le 1er acheteur, où le sujet de l’impact de la politique commerciale de l’UE sur les conditions de travail dans les pays tiers signataires d’accords bilatéraux de libre-échange fait débat ! Malheureusement, la clause de l’accord interdisant l’entrée du marché communautaire aux produits provenant de pays ne respectant pas les droits de l’Homme n’est pas appliquée !

L’Europe doit profiter de sa position de 1ère zone de consommation du monde pour protéger ses producteurs, à court terme, et, à moyen terme, entrainer dans son sillage l’ensemble des pays producteurs pour une meilleur protection sociale et environnementale des populations.

L’Europe est une civilisation, c’est aussi un message.