Article Force vives sur l'économie

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Agriculture : Monsieur le Président, désormais il faut FAIRE !

Par Yves d’Amécourt – Viticulteur - Maire de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) - Membre du Bureau politique de Force Républicaine

 

« Est-ce que vous allez nous aider réellement ? Parce que les paroles c’est bien, mais on attend les actes » a lancé un agriculteur au président de la République Emmanuel Macron lors de sa visite du salon de l’agriculture. Et de poursuivre « Je veux bien avoir confiance en vous, mais on attend vraiment ça, parce que c’est vraiment dur. Vraiment dur… ».

« On va attendre les actes, mais il semble avoir compris la problématique agricole », a réagi Samuel Vandaele, du syndicat des Jeunes agriculteurs.

Malheureusement, il suffit de se reporter au discours prononcer l’année dernière, au même endroit, devant le même auditoire, pour prendre conscience qu’entre les belle paroles du président et les actes du gouvernement … il y a un fossé, que dis-je, des douves infranchissables !

Pour sa deuxième visite au Salon de l’agriculture le  président de la République a essayé de convaincre qu’il tiendra sa promesse d’améliorer les revenus des agriculteurs… rien n’est moins sûr !

La loi EGALIM est contre-productive

Avec la loi EGALIM le gouvernement a préféré construire une nouvelle usine à gaz au lieu d’adopter le schéma tellement simple de la TVA Sociale, plébiscitée par le monde agricole depuis 20 ans !

Depuis le 1er février, date d’entrée en vigueur de la loi EGALIM, qui devait mettre en musique la promesse présidentielle, et la hausse du seuil de revente à perte (SRP) de 10%, la grande distribution se retourne vers les producteurs pour leur demander de baisser les prix d’autant !

Depuis 1970 le prix de l’alimentation à €uro constant a stagné, et la part versée aux agriculteurs a été divisée par deux !

La guerre des prix que se livre la grande distribution en France aboutit à deux résultats : l’appauvrissement puis l’asphyxie des filières agricoles, d’une part, et l’importation de produits agricoles à bas coût, d’autre part.

L’ensemble prend l’agriculture nationale en étaux !

Toutes les difficultés de l’agriculture sont liées à cet état de fait : le manque de  rentabilité, l’accès à l’emprunt et au foncier, la difficile de transmission des exploitations agricoles, le taux de suicide des agriculteurs,…

Le seul sujet, la priorité des priorités, c’est le revenu des agriculteurs.

Les consommateurs, dans un récent sondage disent qu’ils sont prêts à payer un peu plus cher leur alimentation à condition que l’augmentation aille dans la poche des agriculteurs. Avec la loi EGALIM les prix vont augmenter mais personne n’a l’assurance que cette augmentation reviendra dans les exploitations agricoles. C’est un leurre.

Qui plus est, le gouvernement a choisi d’augmenter encore la CSG et de la CRDS et de ponctionner ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Or, le revenu de l’agriculteur prend sa source dans le panier du consommateur.

Il faut d’urgence changer de modèle !

Dans un discours de près d'une heure, le président s'est présenté comme « un patriote » bien décidé à « ne rien lâcher » pour défendre l'agriculture française. « Je crois dans la force du modèle français. »

Mais de quel modèle parle-t-il ? D’un modèle dans lequel un certain nombre d’agriculteurs touche les minima sociaux ?

Un modèle où  « un tiers des professionnels » cesseront leur activité d'ici à 2022, comme le lui a dit Xavier Heinzlé, Président des Jeunes Agriculteurs ?

Un modèle où « un agriculteur se suicide tous les deux jours » comme le déplorait le Ministre de l’Agriculture lors de sa conférence de presse vendredi ?

Un modèle qui inflige toujours plus de normes à ses agriculteurs et qui importe d’Europe et d’ailleurs des produits qu’elle interdit de produire sur le sol national ?

Un modèle où la France est en train de faire subir à son agriculture ce qu’elle a fait subir à son industrie depuis 20 ans ?

Est-ce ça le modèle français dont parle le président de la République : toujours plus de normes, toujours plus de sur-transposition des textes européens jusqu’à étouffer les filières et asphyxier les agriculteurs ?

Les belles paroles ne suffisent plus ! Non, décidément, il faut d’urgence changer de modèle !

L’Europe ne protège plus ses agriculteurs …

Le Président appelle de ses vœux une « Europe qui protège ». Mais il y a belle lurette que l’Europe ne protège pas ses agriculteurs !

« L’Europe qui protège » que le président appelle de ses vœux, protège-t-elle ses agriculteurs quand le même président entend interdire l’utilisation du glyphosate en France, alors qu’il sera toujours autorisé en Europe et dans le monde ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs ? Sur un « marché commun » où les normes de productions ne sont pas communes et où s’ installe une concurrence déloyale et faussée entre les producteurs !

La France non-plus !

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand à chaque table ronde sur les revenus on ressort des négociations avec de nouvelles contraintes et de nouvelles charges pour les agriculteurs ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand elle laisse le service public de l’information pratiquer le mensonge et l’agri-bashing comme le font Elise Lucet et ses émissions « cash investigation » et « envoyé spécial » ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand elle laisse faire les politiciens et l’idéologie en lieu et place de l’écologie ? Quand elle nie les apports de la science et tourne le dos aux scientifiques ? Quand la France des lumières plonge dans un nouvel obscurantisme aux reflets verts ?

Et le président d’ajouter « L'Europe agricole aujourd'hui est menacée de l'extérieur et de l’intérieur ». Notre sentiment est que la France agricole est surtout menacée par l’inconséquence de nos dirigeants !

En effet, si 85 % des Français ont une bonne opinion des agriculteurs, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo et Le Figaro, l'agriculture, le « plus beau métier du monde », a du mal à faire rêver les jeunes et les demandeurs d'emploi, alors que la profession manque de bras… Aujourd’hui, les bras viennent d’ailleurs : de Bulgarie, de Roumanie, d’Espagne, du Portugal, du Maghreb. Dans un pays qui compte 6 millions de chômeurs et 2 millions de jeunes qui ne sont ni dans l’emploi, ni dans la formation, cela pose question, cela fait mal au cœur !

La société d'études Altares a constaté que les défaillances d'entreprises d'élevage avaient augmenté de 19 % en 2017 (Elles ont été plus de 300). C’est l’équivalent de la fermeture de l’usine Ford de Blanquefort, mais on en a parlé beaucoup moins.

Ils veulent transformer la PAC en PEC (Politique Ecologique Commune)

La PAC est à l’image de nos dirigeants. Comme le dit justement François Xavier Bellamy : « Rien ne sert d’être « En Marche » si on ne sait pas où l’on va ! »

En 1962, quand la politique agricole commune a été mise en place, parmi les objectifs inscrits dans le Traité de Rome, figurait en bonne place l'accroissement de la productivité et la garantie de la sécurité des approvisionnements. La pénurie alimentaire qui avait marqué la Seconde guerre mondiale était encore dans tous les esprits. L'objectif d'autosuffisance est alors bel et bien rempli. Les heures de travail mobilisées pour exploiter un hectare ont diminué de 20 % entre 2000 et 2010. Les rendements ont quadruplé en six décennies grâce à l’amélioration des variétés, l’usage de la chimie et la mécanisation des pratiques.

Charles De Gaulle disait : « Un pays qui ne peut pas se nourrir lui-même n'est pas un grand pays. ». En ce début de 21ème siècle, la formule garde tout son sens. L’agriculture Française ne se contente pas de produire. Elle produit bien. C’est une des plus performantes, des plus respectueuses de l’environnement et des plus saines du monde.

Elle pourrait pourtant vieillir d'un coup avec une PAC qui enfourche le cheval de  la « normalisation » du secteur agricole, qui met fin aux barrières douanières par la signature aveugle d’accords internationaux, tout en interdisant ici les méthodes qu’ils utilisent là-bas, qui met en scène une confrontation brutale de nos paysans avec le marché mondial, en leur retirant au préalable, au nom de l’écologie, les armes pour combattre, faisant de cette bataille, une bataille perdue d’avance !

L'Europe pourra-t-elle dans ce cas résister à la montée en puissance de la Chine, du Brésil ou de l'Inde ? Et si elle en est incapable, que signifierait une perte d'indépendance, de souveraineté,  dans le secteur agricole ? Avec quels nouveaux équilibres géostratégiques faudrait-il compter, alors que les tensions sur le marché mondial des denrées alimentaires sont de plus en plus vives ?

Toutes ces questions qui reviennent à une seule : les biens alimentaires sont-ils des marchandises comme des autres ? La réponse est non !

Chacun comprend bien ici que la protection de l’environnement doit être raisonné dans le cadre d’une concurrence mondialisée pour préserver son 1er pilier de la PAC qu’est le développement économique !

La PAC représente 40% du budget de l’Union Européenne. Elle ne doit pas perdre du vue son premier objectif qui est la production agricole et le développement d’une agriculture de qualité.

Aujourd’hui, le budget de la PAC est menacé à deux titres :

  • le 1er est la baisse annoncée du budget (-15%),
  • le second est le « verdissement idéologique de la PAC », qui ferait perdre à la PAC son objectif initial pour financer la mise en œuvre de nouvelles contraintes écologique sous le nom d’éco-dispositif (jusqu’à 100% des aides directes contre un plafond de 30% auparavant) ;

Le 1er juin dernier après que le commissaire européen à l’agriculture Phili Hogan ait présenté sa proposition de prochaine PAC, Angélique Delahaye et Michel Dantin, nos députés européens, dénonçaient une politique dans laquelle on ne trouve plus « la politique », on distingue à peine « l’agricole », et on observe la décomposition du « commun » ! Vaste programme !

Les belles paroles du président  Président Emmanuel Macron et de son Ministre de l’Agriculture (le 3ème depuis 18 mois !) prononcées à Paris, ne sont pas arrivées jusqu’à Bruxelles !

Notre projet à nous est pragmatique et tourner vers l’avenir !

Améliorer le revenu des agriculteurs :

  • Mettre en place la TVA Sociale en agriculture pour baisser les cotisations sociales des agriculteurs et augmenter immédiatement et durablement leur revenu net (baisse des cotisations sociales),
  • Investir une part de la taxe carbone dans la diminution des émissions et la captation et le stockage du carbone  dans l’agriculture (agriculture de conservation, projet 4/1000) et la sylviculture (plan simple de gestion durable) ;
  • Investir une part de la taxe carbone dans la transformation des coproduits de l’agriculture et de la sylviculture en énergie (méthanisation, bois-énergie,…) et dans la production d’énergies renouvelables ;
  • Mettre en place dans chaque exploitation un « compte épargne aléas climatique et économique » pour protéger nos exploitations et le revenu des agriculteurs des différentes crises ;

Développer –vraiment- nos filières :

  • Mettre en place des politiques de filière et investir dans l’industrie de 1ère transformation et 2ème transformation de nos productions agricoles et du bois, ce qui permettra, du même coup le développement économique du monde  rural ; Trop de nos produits agricoles et forestiers sont transformés hors de France ! C’est bien d’appeler à consommer national, encore faut-il produire national !

Protéger le marché européen …

  • Interdire l’importation en Europe de produits qui ne respectent pas les normes de productions européennes, refuser de signer des traités internationaux qui iraient contre cette règle ;
  • Supprimer de nombreux « calibres » et normes de consommation (dates de péremption), revoir les normes de transport, afin de permettre  d’éviter la destruction de quantités considérables de fruits / légumes que l’on produit … et que l’on jette !

En France, diminuer les normes et rétablir une saine concurrence avec les produits d’importation :

  • Supprimer de la constitution le « principe de précaution » pour n’y laisser subsister que le « principe de responsabilité », afin que le doute profite à la recherche au lieu de lui nuire ;
  • Supprimer de notre arsenal toutes les normes ajoutées par la France aux normes européennes, pour ne laisser subsister que celles que celles qui sont communes et qui régissent le marché commun ;
  • Simplifier l’administration et l’accès aux aides européennes mis en place par la France et qui nous coupent de certaines aides (dossiers PAC, accès aux programmes LEADER, FEADER, …) ;
  • Utiliser la TVA Sociale pour faire contribuer les produits d’importation au financement de la protection sociale pour rétablir une concurrence libre et non faussée entre nos agriculteurs et les autres agriculteurs européens ;

Entrer de plein pied dans l’agriculture et la sylviculture du futur :

  • Ouvrir la recherche dans les domaines porteurs d’avenir : la génétique, la fertilité des sols, l’agriculture de conservation, l’agriculture de précision 3.0,…
  • Rendre éligible les exploitations agricoles et les exploitations forestières aux « Crédit Impôt Recherche » afin qu’elles puissent participer, plus nombreuses, aux projets de recherche et d’expérimentation et entrer, plus nombreuses, dans le monde de demain ;
  • Simplifier le droit et les formes juridiques des exploitations agricoles pour permettre aux exploitations agricoles de se développer dans toutes leurs facettes : production agricole, transformation, commercialisation, tourisme, immobilier, foncier, production d’énergie ;
  • Protéger la Politique Agricole Commune : son budget, ses objectifs (production de qualité, investissements d’avenir, protection contre les aléas climatiques et économiques)

Nous souhaitons que la France redevienne la 1ère puissance agricole en Europe et l’Europe le leader agricole dans le monde !