Ouverture des marchés : la guerre de l'aloyau est ouverte !

par Yves d'Amécourt, viticulteur, Maire de Sauveterre-de-Guyenne, Président de la Communauté des Communes Rurales de l'Entre-deux-Mers, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau politique de Force Républicaine (photo Yves d'Amécourt).

 

Après près de vingt années de négociations et de discussions obscures, le traité commercial entre l’Union européenne et les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) a été signé vendredi 28 juin 2019. L’Assemblée nationale doit ratifier définitivement l’accord du CETA avec le Canada.

Le point sur ces décisions controversées et autour desquelles circulent de nombreuses informations contradictoires.

Quel est le poids des nouveaux contingents accordés au Canada et au Mercosur ?

Les partisans de ces traités expliquent qu’ils représentent une faible part de la consommation de viande bovine en Europe et qu’ils ne sont pas une menace pour les filières européennes.

  • 67 950 Tonnes au total pour le Canada ;
  • 99 000 Tonnes à droits de douanes préférentiels (7.5%) pour le Mercosur ,

Les chiffres leur donnent raison à première vue puisque l'on parle de 2% du marché européen ! Mais la réalité est toute autre. Ces nouveaux contingents vont cibler en grande partie le segment de marché spécifique de l’aloyau. Un marché très rémunérateur et beaucoup plus valorisé en Europe que sur leur propre territoire qui représente 400.000 Tonnes et risque donc de confisquer 40% du marché le plus rémunérateur aux éleveurs et opérateurs européens !

La viande importée en Europe respectera-t’elle les mêmes normes que celles qui s’appliquent en Europe aux éleveurs ?

Certains défenseurs des accords soutiennent l’idée que la viande importée respectera les normes européennes, que les contrôles seront fiables et qu’il n’y aura pas de bœuf aux hormones.

C'est vrai pour l'usage des hormones, seules substances aujourd’hui interdites dans les accords ! Mais qu'en sera-t-il d’autres produits interdits en Europe depuis de nombreuses années et qui ne sont pas prévus dans les accords ?

La vérité est que les règles de l’OMC ne lui permettent pas à Union Européenne d’imposer ses propres normes de production ! Il en sera ainsi de ...

  • l'usage des farines animales dans l’alimentation des animaux vecteur de l'encéphalite spongiforme bovine, qui avait provoqué en Europe la crise de la vache folle ;
  • l'usage des antibiotiques administrés comme activateurs de croissance ;
  • l'utilisation de produits OGM et de pesticides interdits en Europe (plus de 200 substances sont autorisées au Brésil ;

Quelles garanties sur la traçabilité des viandes importées ?

Alors que les viandes bovines françaises font l’objet d’une traçabilité obligatoire individuelle de chaque animal, de son lieu de naissance jusqu’au lieu de transformation de la viande, le Canada et le Mercosur n’imposent, eux, aucune traçabilité individuelle. La traçabilité des bovins se fait donc par lot, et uniquement à la sortie des exploitations. Un système qui a de quoi inquiéter, d’autant qu’une commission d’enquête du Parlement européen s’était rendue au Brésil début 2018 et avait émis de sérieux doutes sur les modalités de traçabilité et de contrôle en vigueur dans ce pays…

Michel Dantin faisait partie de cette commission d'enquête. Il déclarait à l'issue : "La Commission européenne fait preuve d’un certain angélisme sur la question de l’ouverture du marché aux pays du Mercosur, dont le Brésil, mais également en matière sanitaire."

En effet, l'accès des animaux à l’alimentation, à l’eau, aux soins, la surface minimale par animal … sont autant de prérogatives qui ne font l’objet d’aucune obligation règlementaire, dans les pays du Mercosur.

Enfin, l’élevage bovin brésilien est aujourd’hui responsable d'une partie importante de la destruction de la forêt amazonienne qui est, avec la forêt du fleuve Congo, l'un des deux poumons de la planète.

Quels impacts sur le marché Français et Européen ?

Les défenseur de l'accord prétendent que l’accord avec le Canada n’a eu que très peu d’impact sur la filière Française et Européenne. En effet, le pays n’aurait exporté que 1.000 Tonnes de viande de bœuf en 2018, ce qui représente 2% du contingent autorisé.

Ils disent également que seules 36 fermes canadiennes seraient en mesure de produire de la viande de bœuf sans hormone ce qui ne représenterait pas de danger pour le marché européen.

Dans ces conditions, on se demandent bien pourquoi ces pays signent des accords, si c'est pour ne pas les utiliser ! La vérité c'est que la filière canadienne s’organise pour exporter davantage vers l’Union européenne. Entre 2017 et 2018, elle a été en mesure de doubler ses exportations de viande bovine.

CETA, Mercosur, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande… A chaque nouvel accord, le secteur de la viande bovine devient systématiquement la variable d’ajustement des négociations.

Comme l'écrivait justement Bruno Retailleau le 10 juillet dans une tribune parue dans le FIGARO : les éleveurs d'Europe se retrouvent pris entre le marteau de la concurrence déloyale et l'enclume de la réglementation environnementale !

Cette situation est intenable pour les professionnels de la filière ! Labourage et pâturage, les deux mamelles de la France, ont une sérieuse mammite !

Il nous faut inventer les accords commerciaux du XXIème siècle !

Ces accords avec le Mercosur, le Canada, sont complétement dépassés et  connotés  XXème siècle . Les négociateurs obnubilés depuis 20 ans pour cette volonté de signer coûte que coûte un jour un accord, ont oublié que le monde autour d'eux changeait … Ils sont incohérents en termes de choix stratégiques pour les nations qui veulent limiter les émissions de GES, incohérents pour les consommateurs d'Europe qui veulent de la qualité, et de la traçabilité … Ce sont des accords de « l'ancien monde » ! Ce n'est même pas du libéralisme : le vrai libéralisme s'impose des règles du jeu communes !
Ce que nous voulons par dessus tout c'est défendre nos races et nos terroirs : la salers dans le Cantal, la charolaise en Bourgogne et en Vendée, la rouge des près dans le Maine et l'Anjou, la blonde d'Aquitaine, la parthenaise, la limousine et la bazadaise, en Nouvelle-Aquitaine, la normande, … plutôt que de consommer comme nous le faisons aujourd'hui la viande en provenance d'Europe du Nord et demain, l’Angus d'Argentine …
Nous le voulons pour toute une liste de bonnes raisons très positives pour notre pays !
Nous voulons que les consommateurs puissent connaître l'origine, le lieu de la transformation, celui de l'emballage, afin que totalement informés, ils puissent être des acteurs responsables de l'écologie et de l'économie !
Nous souhaitons rentrer de plein pied dans l'économie du XXIème siècle ! Demain nous appartient, si nous le voulons bien !

 

 


Symptôme d’un Etat qui n’arrive pas à se réformer, les « trésoreries » locales

Tribune parue sur le site de l'IFRAP, par Yves d'Amécourt, Maire de Sauveterre-de-Guyenne (photo), Président de la Communauté des Communes Rurales de l'Entre-deux-Mers, Conseiller Régional de la Nouvelle-Aquitaine, membre du bureau politique de Force Républicaine.

A quoi servent les quelque 4.000 trésoreries, antennes de la direction générale des finances publiques, réparties sur le territoire ? 67% des trésoreries comptent moins de 10 agents et 26% moins de 5. Or, la DGFiP estime dans des documents internes, qu'en dessous de 10 postes, une implantation ne peut plus fournir de services de qualité aux usagers.

Ces trésoreries assistent surtout les collectivités locales dans l’élaboration de leur budget. Elles réalisent pour chaque collectivité locale les « comptes de gestions » qui sont la copie exacte des « comptes administratifs » réalisés par les collectivités locales elles-mêmes. Elles conseillent et assistent les collectivités locales dans l’établissement de ces différents documents et dans leurs choix de gestion.

Les trésoreries permettent aux collectivités locales de recevoir leurs recettes et d’acquitter leurs dépenses. Concrètement, pour pouvoir honorer leurs dépenses, les collectivités locales continuent à rédiger des mandats et des titres, comme au XIXème siècle. Les titres et les mandats sont signés par le maire, ou le président, envoyés à la trésorerie la plus proche où quelqu’un les contrôle, puis les active… Ce processus de gestion des mandats et des titres occupe en France entre 50.000 et 70.000 personnes !

Ce processus n’existe pas dans les pays d’Europe qui nous entourent, lesquels comptent beaucoup moins d’agents, des homologues de la DGFiP (l’écart atteint 57.937 agents avec le Royaume-Uni en 2017). La situation de la France avec un réseau d’agents de l’Etat qui tiennent les comptes de gestion des collectivités et assurent les paiements et encaissements sur le territoire, est totalement spécifique à la France. Ni l’Allemagne ni le Royaume-Uni ne fonctionnent de la sorte ce qui ne les empêche pas pour autant d’assurer une grande transparence sur l’utilisation des fonds publics par les collectivités.

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De droite et écolo ?

Intervention d'Yves d'Amécourt, hier, à l'occasion de la convention de Force Républicaine, le 15 juin 2019.

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Chers Amis,

Nous voici rassemblés pour une nouvelle convention, et non des moindre !

Je remercie Bruno Retailleau et tous ceux qui ont travaillé depuis quelques mois à sa préparation, en particulier Xavier Regnault, Jean-François Dejean, Briac Legouvello, Louis-Maire Le Roy, Vincent Chriqui, Sophie Rohfritsch. Tous ceux qui nous ont adressé leurs contributions au sein des « Forces Vives », la branche société civile de Force Républicaine, animée avec talent par Viviane Chaine-Ribeiro.

L’écologie est un vaste, très vaste sujet… C’est en fait le sujet de tous les sujets ! C'est la science de l'habitat, la science des conditions d'existence.

L’écologie est une science. Elle sait se remettre en cause, contester ses propres conclusions, elle avance avec son temps. L’écologisme est un dogme ! Nous étudions la science, nous refusons le dogme ! Voilà la différence !

Pourquoi organiser une convention sur l’écologie alors que l’on a l’impression que, sur le sujet, tout a été dit ?

Et bien parce que nous refusons la politique écologique telle qu'elle nous est présentée aujourd'hui !

Quelques exemples parmi tant d'autre …

Personne ne comprend pourquoi la filière nucléaire doit être sacrifiée alors qu’elle permet à la France d’être dans le concert des grandes puissances peu émettrices de gaz à effet de serre !

Personne ne comprend pourquoi on n’investit pas plus sur le sujet du stockage de l'énergie électrique : seul véritable sujet important ! Notamment sur la filière hydrogène ! Savez-vous que si la Sahara était un panneau solaire, il pourrait produire l'énergie électrique dont a besoin l’humanité tout entière ! Encore faudrait-il pouvoir la transporter !

Au moment où l’on nous annonce l’arrivée de carburants composés de 10% d’agro-carburants personne ne comprend pourquoi les taxes ne baissent pas elles aussi de 10% !

Si le pétrole est mauvais et que l’électricité est bonne, pourquoi l’augmentation des taxes sur le pétrole n’est-elle pas compensée par une baisse des taxes sur l’électricité. Elles sont aujourd’hui de 54% !

Décidément, personne ne comprend rien à cette politique écologique … dont on ne voit finalement que des taxes et des règlements !

Alors que l’habitat est le 1er poste de consommation d’énergies fossiles, qu’attendons-nous, avec nos chercheurs, nos techniciens et nos ingénieurs, pour devenir les leaders de la construction à énergie positive ?

Personne ne comprend pourquoi on va manifester à l’autre bout du monde contre la déforestation, et que, dans le même temps, on ne soutient pas en France, notre filière bois ! La Forêt française est en expansion mais la balance commerciale de la filière bois reste déficitaire de quelques milliards d’euros !

Personne ne comprend pourquoi on ne choisit pas de travailler main dans la main avec nos agriculteurs plutôt que d’en faire des souffre- douleur ! Si tous les agriculteurs du monde augmentaient de 4 pour 1000 la matière organique dans les sols chaque année, cela reviendrait à fixer la totalité des gaz à effet de serre émis par les activités humaines que ne fixent pas déjà la nature et les océans ! Ce type d’agriculture du futur est gagnant-gagnant : moins d’émission, plus de stockage, plus de production pour nourrir le monde ! Mais il n’est pas admis par l’idéologie du moment. Il est contraire au dogme de la décroissance !

Chers amis,

Si nous nous engageons résolument sur le terrain de l’écologie, c'est que tout ce qu’on nous présente manque cruellement de cohérence !

-         Notre sentiment est que l’écologie politique s’attaque à des symboles plus qu’aux sujets réels!

-         Notre conviction c’est qu'il y a urgence, et que les sujets ne sont pas traités à la bonne échelle !

C’est pour cette raison à Force Républicaine, qu’il nous faut prendre la main sur l’écologie !

Dans cette réflexion globale qui commence aujourd’hui, notre 1er objectif est de démêler le vrai du faux …

En matière d’écologie les fausses nouvelles sont très nombreuses, notamment du coté des écologistes !

Démêler le vrai du faux sur les énergies renouvelables, sur le diesel, sur les OGM, sur les pesticides, sur le dérèglement climatique, sur la biodiversité …

Ca n’est pas si simple mais c’est salutaire car la vérité est le chemin. Le seul chemin !

Notre second objectif est de propager les bonnes nouvelles !

Quand tout autour de nous, sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans nos écoles, le catastrophisme est devenu le mode de communication de l’écologisme, nous pensons au contraire, que l’enthousiasme est vertueux et que l’optimisme est porteur d’avenir !

  • La France, par exemple, fait partie des pays les plus vertueux, dans le monde, en matière d’écologie, selon le classement réalisé par l'Université de Yale aux Etats-Unis, qui classe 180 pays en fonction de 24 critères environnementaux : on y trouve la qualité de l'air, des eaux, la préservation des ressources naturelles animales, végétales et minérales, de la biodiversité, ...

Et bien soyons fiers de nos résultats et poursuivons nos efforts ! Propageons ces bonnes nouvelles comme autant de contre-feu au catastrophisme ambiant !

  • Lorsque Gérard Mourou, prix nobel de Physique, déclare le 3 octobre  2018 dans LA TRIBUNE qu’avec le laser, « on peut réduire la radioactivité d’un million d’année à 30 minutes » … On s’étonne qu’aucun média ne se fasse l’écho de cette déclaration pleine d’espoir ! A Force Républicaine, on la diffuse, on communique, on interpelle !
  • Lorsque le 14 mai dernier, le quotidien Allemand Tagespiegel titre : « Les écologistes allemands s'interrogent sur le dogme anti-OGM » car « il y va de la vérité et des faits » … Nous considérons que c'est une très bonne nouvelle et nous la diffusons en France, notamment aux écologistes !
  • Lorsque le magazine LE POINT, cette semaine, consacre sa une à l’« ECOLOGIE : Vérités et Fariboles » nous conseillons de l’acheter !

Tout ce qui nous permettra de sortir du dogme, de rétablir la vérité, doit être considéré comme une bonne nouvelle et nous devons le propager, notamment sur les réseaux sociaux qui sont le mode de communication de la jeunesse !

Refusons les raisonnements globalisant, l'appauvrissement de la langue, les mots valises, la novlangue que dénonçait Georges Orwell dès 1949 dans son livre « 1984 ».

La connaissance et l’éducation permettent le discernement. Notre mission est d'enrichir le débat, pas de le rétrécir. D'ouvrir le champ des possibles quand d’autre le ferme !

Il faut que nous permettions à chacun, par nos communications, de sortir du prêt à penser, de faire la part des choses, de trier entre le bon grain et l'ivraie ! L’avenir se construit sur du solide !

Notre troisième objectif est de proposer des actions concrètes et significatives à l’échelle souhaitée !

Alors que l’écologie politique s’attaque à des totems, notre objectif à nous est d’être dans le concret, dans la réalisation, dans les projets !

Et puis, mes chers amis, sur le sujet de l'écologie, la France à aussi des choses à dire au monde ! Un message particulier !

L’atmosphère, les océans, l’eau, ne connaissent pas de frontière, ils font partie du patrimoine mondial de l’humanité !

Cela doit engager nos politiques de coopération d’une part, et nos politiques d’échanges et de commerce d’autre part.

Je pense en particulier à l’entretien des deux poumons du monde que sont le bassin du fleuve Amazone et celui du fleuve Congo !

Le sujet de la réforme foncière en Afrique Subsaharienne, le sujet du droit de l’arbre sont aussi nos sujets et il ne faut pas les abandonner à l’influence grandissante des Chinois. Le règlement de ces questions est crucial pour le continent Africain, et pour l’humanité tout entière.

L'Afrique est le berceau de l'humanité, elle ne doit pas devenir son tombeau. C'est notre responsabilité collective !

Là aussi, notre message doit être clair pour nous permettre d’agir.

Je vous le disais en introduction, l'écologie est le sujet ! C'est un sujet enthousiasmant et porteur d'avenir !

On nous le présente aujourd'hui comme une multitude de contraintes et de taxes ! Ce n'est pas notre écologie !

Rabelais disait : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme » … Aujourd’hui, chers amis, il est tant de remettre un peu de sciences dans nos consciences !

-        Démêler le vrai du faux

-        Propager les bonnes nouvelles

-        Faire des propositions concrètes pour agir au bon endroit et à la bonne échelle

C’est le but de cette 1ère convention qui allie sciences humaines et sciences dures, pensées globales et actions locales, qui replace l’homme et la philosophie au cœur du débat … Pour construire une écologie du bien commun !

Cette convention s’organisera en deux parties autour de deux questions :

  • Quel modèle économique ? Avec les interventions du philosophe Luc FERRY et du scientifique Olivier BABEAU.
  • Quelle échelle pour la révolution écologique ? avec les interventions de Philippe CHARLEZ, Docteur en physique, de Patrice VALANTIN, entrepreneur, et de Jean-Francois Husson, sénateur de Meurthe et Moselle

C’est notre amie Sophie Rohfritsch qui accueillera et présentera nos invités, animera les débats de l’après-midi !

Pour conclure, cher Bruno, chers amis, j’ai bien envie de dédier cette convention au regretter Michel SERRES, éternel optimiste, passionné d'écologie, précurseur aussi !

« Un philosophe doit faire trois voyages, aimait-il dire.  Il doit voyager dans la totalité du savoir, c'est-à-dire être encyclopédiste.  Dans la totalité du monde, c'est-à-dire dans les paysages qui permettent de voir la planète. Et dans la totalité des hommes, à travers les classes sociales et les cultures, pour rencontrer le  plus de langues et de religions possible »

C’est le chemin que nous vous proposons ! Il commence aujourd’hui !

Je laisse le parole à notre président Bruno Retailleau ! Sous vos applaudissements !


Sur la forêt, ne faisons pas de langue de bois !

Dans un reportage sur le Chêne et la Chine diffusé dans le journal de 20h00 de TF1 le 16 mai, il est indiqué de manière erronée que "30% des parquets en chêne fabriqués par la Chine reviendraient en France" ; ce qui induit l'idée auprès des téléspectateurs que les chênes de qualité secondaire exportés en Chine reviendraient ensuite en France pour concurrencer nos propres parquets.

Les chiffres officiels des douanes françaises contredisent cette idée ! Ils indiquent que les parquets en provenance de Chine représentent sur les douze derniers mois moins de 2% des importations françaises de parquet.

Par ailleurs, il est inexact de soutenir, comme le fit TF1 le 16 mai, que nos scieries manqueraient actuellement de chêne à cause des exportation vers la Chine ! La vérité est que les scieries françaises regorgent de chêne qu'elles sont obligées de surstocker. Que des milliers de m3 de chêne sont actuellement abandonnés en forêt faute d'acheteur.

Ce reportage, 10 jours avant les élections européennes, contribue à biaiser l'opinion des téléspectateurs qui ont pourtant le droit à des données fiables et vérifiées pour se faire leur propre jugement !

C'est vrai, la France ne transforme pas assez le bois qu'elle produit !

C'est vrai, la France importe trop de bois !

C'est vrai, il y aurait un intérêt national a réinvestir dans les industrie de 1ère et de seconde transformation en France.

Mais nous n'y arriverons pas avec la méthode Coué et avec des reportages mensongés !

Nous y arriverons en donnant aux scieurs, aux transformateurs, aux artisans de France, un environnement social et fiscal qui leur permettent d'investir, de travailler, d'employer de la main d'œuvre, sur un marché où la concurrence serait libre et non faussée !  Ce n'est pas le cas actuellement.

C'est vair, le déficit de la balance commerciale de la filière forestière française est de quelques milliards d'€uros. Les bois importés arrivent de partout et pour nombre d'entre eux, du nord de l'Europe (Allemagne, Scandinavie).

Pourtant la France est un grand pays forestier et chaque année, les surfaces boisées gagnent du terrain. Elle représentent aujourd'hui 16,9 millions d'hectare, soit 31% du territoire métropolitain.

Pourtant, la France dispose de toutes les essences de bois nécessaire, sur son sol, pour subvenir à tout les types de besoin dans toutes les filières.

Mettons donc notre énergie à reconstruire et à développer des filières bois pérenne : pour l'énergie, le transport, les meubles, la construction, à l'image de celle qui existe pour les barriques et l'élevage du vin.

La forêt est une source de matériaux, un endroit où l'on absorbe le CO2 (gaz à effet de serre), un lieu de vie sociale et un réservoir de biodiversité.

Faisons en sorte de la protéger et de la développer durablement au service de l'économie, de l'écologie et du lien social ! C'est un sujet qui devrait être prioritaire pour le gouvernement français.

Alors, parlons vrai ! La forêt française, ses acteurs, ne sauraient se satisfaire de la langue de bois !

Yves d'Amécourt


Monsieur le Président : on ne joue pas avec la biodiversité !

Le Président de la République a tort d’instrumentaliser à chaud le rapport sur la biodiversité au bénéfice de son parti !

Son intervention se situe toujours sur le même thème : attiser les peurs pour justifier une politique du bâton ! Et comme coupable idéal : les agriculteurs ! Comme totem « la fin de glyphosate » !

« 1 millions d’espèces vont disparaître », hier matin Aurore Berger parlait même de « la fin du monde » !

Le titre du rapport est choisi à dessein pour interpeller. Le pré rapport mentionnait 500000 à 1000000 d’espèces menacées si on ne fait rien. C’était un appel à agir !

Oui, le constat est alarmant au niveau mondial : métropolisation de l’habitat et artificialisation des terres, déforestation, pollution de l’eau et diminution de l’eau potable, exploitation des ressources naturelles (mines) sans respect de la nature...

Mais c’est tout le contraire de ce qui se passe en France où la prise de conscience est là et est partagée depuis longtemps déjà. Les actions sont engagées.  Il ne faut pas inquiéter les français mais les encourager dans la voie que nous avons choisie :

Nos agriculteurs sont parmi les plus performants du monde et progressent chaque année, nous reboisons la France et notre forêt est gérée durablement, notre droit minier a intégré depuis longtemps un volet environnemental conséquent. Les filières de recyclage, la diminution des emballages à la source, la France est en pointe sur chacun de ces sujets !

La France est au travail ! En Bretagne, récemment, on a observer une augmentation du nombre des abeilles dans les essaims.

Reste le problème de l’étalement urbain, de la pollution lumineuse dans les villes, qui sont aujourd’hui redoutables pour les insectes, de l'arrivée par la mondialisation des échanges, d'espèces invasives, de virus, ... Or, parmi les espèces menacées il y a des plantes mais aussi de nombreux insectes. Les insectes sont la nourriture des oiseaux et des chauves-souris… C’est la toute la chaine alimentaire qui en danger. Au bout, il y a l’homme.

Nous avons fait des progrès collectivement en France. Il faut en faire encore. Il faut aussi aujourd’hui porter ce message au monde et aider les autres pays à protéger leur forêt, je pense notamment aux deux poumons du monde : le bassin de l’Amazone et celui du Congo. Au Congo et sur le continent Africain, cela passe par une réforme foncière d'envergure.

Quant à nous, il ne faut pas nous satisfaire de ce que nous avons déjà fait. Nous devons être exemplaires ! Nous sommes, en France, sur le bon chemin, malgré tout ce que raconte les écologistes radicaux !

Nous organisons le 15 juin une convention sur ce sujet à Force Républicaine, pour participer à la prise de conscience et aussi, parce que les français le demandent, pour faire la part des choses entre l’idéologie et l’écologie !

Nous souhaitons sortir de l’écologie politique pour promouvoir l’écologie du bien commun !

La terre a connu 5 extinctions de masse, ce serait la 6ème.

La terre en a vu d’autre . Elle nous survivra ! Aujourd’hui, la question est plus celle de l’humanité ! Car l’homme n’a pas toujours habité la terre ... et la terre peut vivre sans l’homme ! C’est l’humanité qui serait en danger si elle ne vivait pas en cohérence avec la planète qui la nourrit. L'enjeu fondamental est de ne pas hypothéquer l'avenir et de consommer ce que la planète est capable de nous donner. Mais, contrairement à l'idéologie dominante, il faut prendre conscience, aussi, que la planète peut nous donner plus à condition de mieux la comprendre et de mieux la connaître, de la respecter.

Ce rapport comme l’écrivent ses auteurs est un rapport de "prise de conscience". C'est un rapport d’espoir en la sagesse de l’humanité !

N’en faisons pas un instrument de politique politicienne ! Ne l’instrumentalisons pas comme le font les ténors de LREM, EELV, FI, ... qui appellent à ne plus manger de viande alors que cette préconisation ne fait pas partie de celles mentionnées dans le rapport initial.

Nourrir 10 milliards de personnes en 2050 de façon « durable » implique une transformation de la production agricole, une meilleure gestion de l'eau, mais aussi des habitudes de consommation (régime alimentaire, gaspillage alimentaire), souligne le rapport.

Dans son intervention très opportuniste sur la biodiversité, le Président annonçait des mesures qui, pour la plupart, sont déjà toutes votées. Des processus qui ont été engagés par ses prédécesseurs depuis 20 ans !

Le Président prenait la parole, le jour même où on annonçait la fin du « train des primeurs » de Rungis, et bientôt 25.000 camions en plus sur les routes !

Monsieur le Président, il est urgent de passer des belles paroles aux actes ! On ne protégera pas la biodiversité avec des discours !

Entre dire et faire, il y a place pour la sincérité !


Pour la banane, l’Europe a besoin de 3 frontières : une frontière économique, une frontière sociale et une frontière écologique !

Par Yves d’Amécourt 

J’étais la semaine dernière en déplacement en Guadeloupe où j’ai rencontré des producteurs de banane à Capesterre-Belle-Eau, notamment mon ami Guy Adolphe, Vice-Président de l’association des producteurs de bananes de la Guadeloupe.

Les producteurs de bananes de Guadeloupe, de Martinique et d’Europe, bénéficient à travers une OCM spécifique de ce que nous appelons de nos vœux pour le reste des produits agricoles.

En effet, les bananes produites en dehors de l’Europe payent à l’entrée sur le marché européen une taxe. Cette taxe permet de subventionner les producteurs européens et de rétablir ainsi une concurrence loyale avec des pays producteurs qui n’ont pas les mêmes contraintes de production que nous.

Malheureusement, au lieu de renforcer cette règle de bon sens, la commission n’a de cesse de baisser cette taxe à l’importation. Ainsi les droits de douane à l’entrée au marché européen sont passés de 176 euros/tonne en 2009 à 75 euros/tonne en 2020. Cela a provoqué un approvisionnement toujours croissant du marché européen, qui atteint aujourd’hui plus de 6 millions de tonnes de bananes par an.

Cet approvisionnement peut encore augmenter et cette hausse de l’offre risque de provoquer un effondrement des prix sur le marché européen de la banane, dont il est déjà possible d’observer les prémices depuis 2015 (passage de 14,1 à 11,9 euros par carton de bananes).

Une baisse de prix serait fatale aux productions européennes, qui supportent des coûts plus importants que leurs concurrents de pays tiers car elles respectent les normes européennes sociales, environnementales, sanitaires et phytosanitaires, et elles mettent en œuvre des engagements qualitatifs et agroécologiques comme par exemple les Plans « Banane Durable » aux Antilles (incluant la réduction des pesticides de plus de 70% depuis 1996), ou encore l’obtention d’une IGP aux Canaries.

Nous devons appeler de nos vœux le renforcement des frontières européennes par la mise en place de 3 frontières : une frontière économique assortie d’une taxe à l’importation, une frontière écologique assortie de contraintes de production et une frontière sociale pour lutter contre le dumping social et le non-respect de la dignité humaine.

  • Créer une « frontière économique » à l’entrée sur le marché européen en stoppant la baisse du tarif douanier sur les bananes d’importation pour le sanctuariser à 75 euros/tonne ; La taxe sur les bananes d’importation a vocation à être versée, via un système vertueux, aux producteurs de bananes européens ;
  • Créer une « frontière écologique » entre l’Europe et le reste du monde, pour cela, il convient d’établir une liste de substances actives autorisées ou interdites, sur la base de la règlementation européenne, que les bananes importées devront obligatoirement respecter ; Les pays producteurs des pays tiers exportateurs ne respectent pas les mêmes normes dans les domaines de la protection de la biodiversité, de l’environnement, de la santé, des produits phytosanitaires, des pratiques culturales, des normes sur la production biologique, etc. Par exemple, de nombreux pesticides et certaines méthodes d’application sont interdits pour les bananes européennes mais utilisés sur les bananes importées, comme par exemple le carbofuran, le carbaril, le traitement aérien, etc...
  • Créer une « frontière sociale » car la politique commerciale de l’UE n’a pas permis d’améliorer les conditions de travail et la protection sociale dans ces pays latino-américains (travail forcé, emploi d’enfants, répression du syndicalisme, travail informel, etc.), où les salaires sont nettement inférieurs qu’en Europe ; L’entrée sur la marché européen doit être assorti de critères de respect de la dignité humaine ; C’est le cas notamment en Equateur, 1er exportateur mondial de bananes, dont l’UE est le 1er acheteur, où le sujet de l’impact de la politique commerciale de l’UE sur les conditions de travail dans les pays tiers signataires d’accords bilatéraux de libre-échange fait débat ! Malheureusement, la clause de l’accord interdisant l’entrée du marché communautaire aux produits provenant de pays ne respectant pas les droits de l’Homme n’est pas appliquée !

L’Europe doit profiter de sa position de 1ère zone de consommation du monde pour protéger ses producteurs, à court terme, et, à moyen terme, entrainer dans son sillage l’ensemble des pays producteurs pour une meilleur protection sociale et environnementale des populations.

L’Europe est une civilisation, c’est aussi un message.


Agriculture : Monsieur le Président, désormais il faut FAIRE !

Par Yves d’Amécourt – Viticulteur - Maire de Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) - Membre du Bureau politique de Force Républicaine

 

« Est-ce que vous allez nous aider réellement ? Parce que les paroles c’est bien, mais on attend les actes » a lancé un agriculteur au président de la République Emmanuel Macron lors de sa visite du salon de l’agriculture. Et de poursuivre « Je veux bien avoir confiance en vous, mais on attend vraiment ça, parce que c’est vraiment dur. Vraiment dur… ».

« On va attendre les actes, mais il semble avoir compris la problématique agricole », a réagi Samuel Vandaele, du syndicat des Jeunes agriculteurs.

Malheureusement, il suffit de se reporter au discours prononcer l’année dernière, au même endroit, devant le même auditoire, pour prendre conscience qu’entre les belle paroles du président et les actes du gouvernement … il y a un fossé, que dis-je, des douves infranchissables !

Pour sa deuxième visite au Salon de l’agriculture le  président de la République a essayé de convaincre qu’il tiendra sa promesse d’améliorer les revenus des agriculteurs… rien n’est moins sûr !

La loi EGALIM est contre-productive

Avec la loi EGALIM le gouvernement a préféré construire une nouvelle usine à gaz au lieu d’adopter le schéma tellement simple de la TVA Sociale, plébiscitée par le monde agricole depuis 20 ans !

Depuis le 1er février, date d’entrée en vigueur de la loi EGALIM, qui devait mettre en musique la promesse présidentielle, et la hausse du seuil de revente à perte (SRP) de 10%, la grande distribution se retourne vers les producteurs pour leur demander de baisser les prix d’autant !

Depuis 1970 le prix de l’alimentation à €uro constant a stagné, et la part versée aux agriculteurs a été divisée par deux !

La guerre des prix que se livre la grande distribution en France aboutit à deux résultats : l’appauvrissement puis l’asphyxie des filières agricoles, d’une part, et l’importation de produits agricoles à bas coût, d’autre part.

L’ensemble prend l’agriculture nationale en étaux !

Toutes les difficultés de l’agriculture sont liées à cet état de fait : le manque de  rentabilité, l’accès à l’emprunt et au foncier, la difficile de transmission des exploitations agricoles, le taux de suicide des agriculteurs,…

Le seul sujet, la priorité des priorités, c’est le revenu des agriculteurs.

Les consommateurs, dans un récent sondage disent qu’ils sont prêts à payer un peu plus cher leur alimentation à condition que l’augmentation aille dans la poche des agriculteurs. Avec la loi EGALIM les prix vont augmenter mais personne n’a l’assurance que cette augmentation reviendra dans les exploitations agricoles. C’est un leurre.

Qui plus est, le gouvernement a choisi d’augmenter encore la CSG et de la CRDS et de ponctionner ainsi le pouvoir d’achat des ménages. Or, le revenu de l’agriculteur prend sa source dans le panier du consommateur.

Il faut d’urgence changer de modèle !

Dans un discours de près d'une heure, le président s'est présenté comme « un patriote » bien décidé à « ne rien lâcher » pour défendre l'agriculture française. « Je crois dans la force du modèle français. »

Mais de quel modèle parle-t-il ? D’un modèle dans lequel un certain nombre d’agriculteurs touche les minima sociaux ?

Un modèle où  « un tiers des professionnels » cesseront leur activité d'ici à 2022, comme le lui a dit Xavier Heinzlé, Président des Jeunes Agriculteurs ?

Un modèle où « un agriculteur se suicide tous les deux jours » comme le déplorait le Ministre de l’Agriculture lors de sa conférence de presse vendredi ?

Un modèle qui inflige toujours plus de normes à ses agriculteurs et qui importe d’Europe et d’ailleurs des produits qu’elle interdit de produire sur le sol national ?

Un modèle où la France est en train de faire subir à son agriculture ce qu’elle a fait subir à son industrie depuis 20 ans ?

Est-ce ça le modèle français dont parle le président de la République : toujours plus de normes, toujours plus de sur-transposition des textes européens jusqu’à étouffer les filières et asphyxier les agriculteurs ?

Les belles paroles ne suffisent plus ! Non, décidément, il faut d’urgence changer de modèle !

L’Europe ne protège plus ses agriculteurs …

Le Président appelle de ses vœux une « Europe qui protège ». Mais il y a belle lurette que l’Europe ne protège pas ses agriculteurs !

« L’Europe qui protège » que le président appelle de ses vœux, protège-t-elle ses agriculteurs quand le même président entend interdire l’utilisation du glyphosate en France, alors qu’il sera toujours autorisé en Europe et dans le monde ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs ? Sur un « marché commun » où les normes de productions ne sont pas communes et où s’ installe une concurrence déloyale et faussée entre les producteurs !

La France non-plus !

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand à chaque table ronde sur les revenus on ressort des négociations avec de nouvelles contraintes et de nouvelles charges pour les agriculteurs ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand elle laisse le service public de l’information pratiquer le mensonge et l’agri-bashing comme le font Elise Lucet et ses émissions « cash investigation » et « envoyé spécial » ?

La France protège-t-elle ses agriculteurs quand elle laisse faire les politiciens et l’idéologie en lieu et place de l’écologie ? Quand elle nie les apports de la science et tourne le dos aux scientifiques ? Quand la France des lumières plonge dans un nouvel obscurantisme aux reflets verts ?

Et le président d’ajouter « L'Europe agricole aujourd'hui est menacée de l'extérieur et de l’intérieur ». Notre sentiment est que la France agricole est surtout menacée par l’inconséquence de nos dirigeants !

En effet, si 85 % des Français ont une bonne opinion des agriculteurs, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo et Le Figaro, l'agriculture, le « plus beau métier du monde », a du mal à faire rêver les jeunes et les demandeurs d'emploi, alors que la profession manque de bras… Aujourd’hui, les bras viennent d’ailleurs : de Bulgarie, de Roumanie, d’Espagne, du Portugal, du Maghreb. Dans un pays qui compte 6 millions de chômeurs et 2 millions de jeunes qui ne sont ni dans l’emploi, ni dans la formation, cela pose question, cela fait mal au cœur !

La société d'études Altares a constaté que les défaillances d'entreprises d'élevage avaient augmenté de 19 % en 2017 (Elles ont été plus de 300). C’est l’équivalent de la fermeture de l’usine Ford de Blanquefort, mais on en a parlé beaucoup moins.

Ils veulent transformer la PAC en PEC (Politique Ecologique Commune)

La PAC est à l’image de nos dirigeants. Comme le dit justement François Xavier Bellamy : « Rien ne sert d’être « En Marche » si on ne sait pas où l’on va ! »

En 1962, quand la politique agricole commune a été mise en place, parmi les objectifs inscrits dans le Traité de Rome, figurait en bonne place l'accroissement de la productivité et la garantie de la sécurité des approvisionnements. La pénurie alimentaire qui avait marqué la Seconde guerre mondiale était encore dans tous les esprits. L'objectif d'autosuffisance est alors bel et bien rempli. Les heures de travail mobilisées pour exploiter un hectare ont diminué de 20 % entre 2000 et 2010. Les rendements ont quadruplé en six décennies grâce à l’amélioration des variétés, l’usage de la chimie et la mécanisation des pratiques.

Charles De Gaulle disait : « Un pays qui ne peut pas se nourrir lui-même n'est pas un grand pays. ». En ce début de 21ème siècle, la formule garde tout son sens. L’agriculture Française ne se contente pas de produire. Elle produit bien. C’est une des plus performantes, des plus respectueuses de l’environnement et des plus saines du monde.

Elle pourrait pourtant vieillir d'un coup avec une PAC qui enfourche le cheval de  la « normalisation » du secteur agricole, qui met fin aux barrières douanières par la signature aveugle d’accords internationaux, tout en interdisant ici les méthodes qu’ils utilisent là-bas, qui met en scène une confrontation brutale de nos paysans avec le marché mondial, en leur retirant au préalable, au nom de l’écologie, les armes pour combattre, faisant de cette bataille, une bataille perdue d’avance !

L'Europe pourra-t-elle dans ce cas résister à la montée en puissance de la Chine, du Brésil ou de l'Inde ? Et si elle en est incapable, que signifierait une perte d'indépendance, de souveraineté,  dans le secteur agricole ? Avec quels nouveaux équilibres géostratégiques faudrait-il compter, alors que les tensions sur le marché mondial des denrées alimentaires sont de plus en plus vives ?

Toutes ces questions qui reviennent à une seule : les biens alimentaires sont-ils des marchandises comme des autres ? La réponse est non !

Chacun comprend bien ici que la protection de l’environnement doit être raisonné dans le cadre d’une concurrence mondialisée pour préserver son 1er pilier de la PAC qu’est le développement économique !

La PAC représente 40% du budget de l’Union Européenne. Elle ne doit pas perdre du vue son premier objectif qui est la production agricole et le développement d’une agriculture de qualité.

Aujourd’hui, le budget de la PAC est menacé à deux titres :

  • le 1er est la baisse annoncée du budget (-15%),
  • le second est le « verdissement idéologique de la PAC », qui ferait perdre à la PAC son objectif initial pour financer la mise en œuvre de nouvelles contraintes écologique sous le nom d’éco-dispositif (jusqu’à 100% des aides directes contre un plafond de 30% auparavant) ;

Le 1er juin dernier après que le commissaire européen à l’agriculture Phili Hogan ait présenté sa proposition de prochaine PAC, Angélique Delahaye et Michel Dantin, nos députés européens, dénonçaient une politique dans laquelle on ne trouve plus « la politique », on distingue à peine « l’agricole », et on observe la décomposition du « commun » ! Vaste programme !

Les belles paroles du président  Président Emmanuel Macron et de son Ministre de l’Agriculture (le 3ème depuis 18 mois !) prononcées à Paris, ne sont pas arrivées jusqu’à Bruxelles !

Notre projet à nous est pragmatique et tourner vers l’avenir !

Améliorer le revenu des agriculteurs :

  • Mettre en place la TVA Sociale en agriculture pour baisser les cotisations sociales des agriculteurs et augmenter immédiatement et durablement leur revenu net (baisse des cotisations sociales),
  • Investir une part de la taxe carbone dans la diminution des émissions et la captation et le stockage du carbone  dans l’agriculture (agriculture de conservation, projet 4/1000) et la sylviculture (plan simple de gestion durable) ;
  • Investir une part de la taxe carbone dans la transformation des coproduits de l’agriculture et de la sylviculture en énergie (méthanisation, bois-énergie,…) et dans la production d’énergies renouvelables ;
  • Mettre en place dans chaque exploitation un « compte épargne aléas climatique et économique » pour protéger nos exploitations et le revenu des agriculteurs des différentes crises ;

Développer –vraiment- nos filières :

  • Mettre en place des politiques de filière et investir dans l’industrie de 1ère transformation et 2ème transformation de nos productions agricoles et du bois, ce qui permettra, du même coup le développement économique du monde  rural ; Trop de nos produits agricoles et forestiers sont transformés hors de France ! C’est bien d’appeler à consommer national, encore faut-il produire national !

Protéger le marché européen …

  • Interdire l’importation en Europe de produits qui ne respectent pas les normes de productions européennes, refuser de signer des traités internationaux qui iraient contre cette règle ;
  • Supprimer de nombreux « calibres » et normes de consommation (dates de péremption), revoir les normes de transport, afin de permettre  d’éviter la destruction de quantités considérables de fruits / légumes que l’on produit … et que l’on jette !

En France, diminuer les normes et rétablir une saine concurrence avec les produits d’importation :

  • Supprimer de la constitution le « principe de précaution » pour n’y laisser subsister que le « principe de responsabilité », afin que le doute profite à la recherche au lieu de lui nuire ;
  • Supprimer de notre arsenal toutes les normes ajoutées par la France aux normes européennes, pour ne laisser subsister que celles que celles qui sont communes et qui régissent le marché commun ;
  • Simplifier l’administration et l’accès aux aides européennes mis en place par la France et qui nous coupent de certaines aides (dossiers PAC, accès aux programmes LEADER, FEADER, …) ;
  • Utiliser la TVA Sociale pour faire contribuer les produits d’importation au financement de la protection sociale pour rétablir une concurrence libre et non faussée entre nos agriculteurs et les autres agriculteurs européens ;

Entrer de plein pied dans l’agriculture et la sylviculture du futur :

  • Ouvrir la recherche dans les domaines porteurs d’avenir : la génétique, la fertilité des sols, l’agriculture de conservation, l’agriculture de précision 3.0,…
  • Rendre éligible les exploitations agricoles et les exploitations forestières aux « Crédit Impôt Recherche » afin qu’elles puissent participer, plus nombreuses, aux projets de recherche et d’expérimentation et entrer, plus nombreuses, dans le monde de demain ;
  • Simplifier le droit et les formes juridiques des exploitations agricoles pour permettre aux exploitations agricoles de se développer dans toutes leurs facettes : production agricole, transformation, commercialisation, tourisme, immobilier, foncier, production d’énergie ;
  • Protéger la Politique Agricole Commune : son budget, ses objectifs (production de qualité, investissements d’avenir, protection contre les aléas climatiques et économiques)

Nous souhaitons que la France redevienne la 1ère puissance agricole en Europe et l’Europe le leader agricole dans le monde !