La téléconsultation une solution face à la désertification médicale

Par Dominique DELANDRE

Face à la désertification médicale, de nombreux territoires font preuve d’innovation et d’imagination pour palier la carence de médecins généralistes.

Une expérience intéressante à l’initiative du député de MONTARGIS, Jean Pierre DOOR, a débuté dans le LOIRET. Ce département compte seulement 90 généralistes pour 100 000 habitants soit 30 de moins que la moyenne nationale et se classe dans le trio de tête peu enviable des départements les moins médicalisés de France.

Depuis l’entrée en vigueur le 15 septembre 2018 du remboursement de la téléconsultation par l’assurance maladie, il a incité les maires de sa circonscription à se mobiliser pour lancer la téléconsultation dans leur commune.

Un partenariat a été signé avec une start-up basée à Marseille pour équiper les cabinets mis à disposition par les maires et assurer la logistique

Trois municipalités se sont engagés dans le processus et d’autres communes vont rejoindre le dispositif.

Le principe est simple.

Une infirmière accueille sur rendez-vous les patients, les installe devant une caméra, le médecin de l’autre côté de la webcam, lui demande de prendre les constantes, d’utiliser le cas échéant des appareils connectés (stéthoscope, tensiomètre, otoscope, thermomètre.. et peut-être bientôt échographe) et peut s’entretenir avec les patients.

A la fin de la consultation les patients repartent avec une ordonnance envoyée par le médecin. Le règlement de la consultation se fait par carte bancaire et la télétransmission de la feuille de soins est possible.

Ces médecins ont été recrutés par la start-up suite à un appel à candidature, ils sont soit retraités, soit exercent dans des régions qui en général ne connaissent pas encore de crise démographique médicale.

Le projet est porté par les collectivités locales : la région Centre Val de Loire finance l’ensemble du matériel nécessaire soit 25000 € par cabinet, les communes mettent à disposition les locaux. L’Agence Régionale de Santé quant à elle finance la rémunération des infirmiers assurant la téléconsultation.

Condition nécessaire le territoire doit être couvert pas le haut débit, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas pour toutes les communes.

Ce dispositif semble séduire élus, population et médecins.

Même si cette innovation n’est pas parfaite ni suffisante, elle permet de soulager les médecins généralistes souvent débordés et de répondre à une demande de plus en plus pressante de patients ne trouvant plus de médecins traitants.