Sur la forêt, ne faisons pas de langue de bois !

Dans un reportage sur le Chêne et la Chine diffusé dans le journal de 20h00 de TF1 le 16 mai, il est indiqué de manière erronée que “30% des parquets en chêne fabriqués par la Chine reviendraient en France” ; ce qui induit l’idée auprès des téléspectateurs que les chênes de qualité secondaire exportés en Chine reviendraient ensuite en France pour concurrencer nos propres parquets.

Les chiffres officiels des douanes françaises contredisent cette idée ! Ils indiquent que les parquets en provenance de Chine représentent sur les douze derniers mois moins de 2% des importations françaises de parquet.

Par ailleurs, il est inexact de soutenir, comme le fit TF1 le 16 mai, que nos scieries manqueraient actuellement de chêne à cause des exportation vers la Chine ! La vérité est que les scieries françaises regorgent de chêne qu’elles sont obligées de surstocker. Que des milliers de m3 de chêne sont actuellement abandonnés en forêt faute d’acheteur.

Ce reportage, 10 jours avant les élections européennes, contribue à biaiser l’opinion des téléspectateurs qui ont pourtant le droit à des données fiables et vérifiées pour se faire leur propre jugement !

C’est vrai, la France ne transforme pas assez le bois qu’elle produit !

C’est vrai, la France importe trop de bois !

C’est vrai, il y aurait un intérêt national a réinvestir dans les industrie de 1ère et de seconde transformation en France.

Mais nous n’y arriverons pas avec la méthode Coué et avec des reportages mensongés !

Nous y arriverons en donnant aux scieurs, aux transformateurs, aux artisans de France, un environnement social et fiscal qui leur permettent d’investir, de travailler, d’employer de la main d’œuvre, sur un marché où la concurrence serait libre et non faussée !  Ce n’est pas le cas actuellement.

C’est vair, le déficit de la balance commerciale de la filière forestière française est de quelques milliards d’€uros. Les bois importés arrivent de partout et pour nombre d’entre eux, du nord de l’Europe (Allemagne, Scandinavie).

Pourtant la France est un grand pays forestier et chaque année, les surfaces boisées gagnent du terrain. Elle représentent aujourd’hui 16,9 millions d’hectare, soit 31% du territoire métropolitain.

Pourtant, la France dispose de toutes les essences de bois nécessaire, sur son sol, pour subvenir à tout les types de besoin dans toutes les filières.

Mettons donc notre énergie à reconstruire et à développer des filières bois pérenne : pour l’énergie, le transport, les meubles, la construction, à l’image de celle qui existe pour les barriques et l’élevage du vin.

La forêt est une source de matériaux, un endroit où l’on absorbe le CO2 (gaz à effet de serre), un lieu de vie sociale et un réservoir de biodiversité.

Faisons en sorte de la protéger et de la développer durablement au service de l’économie, de l’écologie et du lien social ! C’est un sujet qui devrait être prioritaire pour le gouvernement français.

Alors, parlons vrai ! La forêt française, ses acteurs, ne sauraient se satisfaire de la langue de bois !

Yves d’Amécourt