Islamisme : l’Etat ne peut pas se défausser sur la société !2 min read

Hier à la Préfecture de Police de Paris, Emmanuel Macron a dénoncé « l’islamisme souterrain » qui gangrène la société. Si l’on ne peut que partager le constat, on peut s’interroger sur les réponses que dessinent le Président de la République.

En affirmant que les institutions « à elles seules ne suffiront pas » et en appelant à une « société de la vigilance », Emmanuel Macron semble oublier une chose : c’est à l’Etat de protéger les Français. C’est à lui qu’il revient de traquer et de neutraliser « l’hydre islamiste » qu’Emmanuel Macron a évoqué.

L’Etat ne peut pas se défausser sur la société. Il doit assumer toutes ses responsabilités. Car dans le drame qui vient d’endeuiller la République, c’est bien l’Etat qui a failli ! Pourquoi la salafisation de cet agent placé au cœur du renseignement n’a-t-elle pas été signalée aux plus hautes autorités ? Comment expliquer que l’imam radical qu’a fréquenté Michael Harpon n’ait pas été expulsé ? Pourquoi Christophe Castaner a, une fois de plus, cherché à relativiser ?

Emmanuel Macron a beau jeu d’appeler la société à la vigilance : depuis le début de son quinquennat, de nombreux observateurs, des élus locaux, de simples citoyens également, tirent le signal d’alarme et alertent le Gouvernement sur la progression du fréro-salafisme. A chaque fois, ces lanceurs d’alerte ont été ignorés, quand ils n’étaient pas caricaturés en « islamophobes » ou en « populistes ». Faut-il rappeler les propos de M. Griveaux qui jugeait « stigmatisante » la tribune de 100 intellectuels contre le séparatisme islamiste ? Ou ceux de M. Castaner comparant le voile islamique aux « fichus de nos grands-mères » ? Le Chef de l’Etat promet « l’intransigeance » sur les valeurs républicaines, mais voilà plus de deux ans que les Français attendent le grand discours promis par Emmanuel macron sur la laïcité ! Qu’attendons-nous pour renforcer les sanctions contre ceux qui ne respectent pas les lois que le peuple français s’est données ?

Quant à la distinction entre la « vigilance » et le « soupçon », qui la fera ? La société elle-même ? Mais sur quels critères ? Selon quels procédés ? La nation française est assez fracturée pour ne pas rajouter de nouveaux motifs de division. Contre l’ennemi islamiste, seul l’Etat a la légitimité pour à la fois protéger et rassembler.

Nous sommes en guerre contre le totalitarisme islamiste et dans cette guerre, c’est l’Etat et lui seul qui dispose des armes pour le neutraliser : qu’il les utilise et qu’il en forge de nouvelles pour plus d’efficacité !

 

Bruno RETAILLEAU