Listes communautaires : rencontre avec C. CASTANER2 min read

Le Ministre de l’Intérieur et la Garde des Sceaux m’ont reçu ce matin, avec Xavier Bertrand, pour évoquer la question des listes communautaires aux élections.

Christophe Castaner et Nicole Belloubet nous ont écouté. Ils ont posé avec nous un diagnostic partagé : aujourd’hui en France, l’islam politique est en train de construire une contre société séparatiste et anti-républicaine. Cet islam radical qui place la loi religieuse au-dessus de la loi civile a non seulement conquis des territoires mais il gagne des esprits également, notamment dans la jeunesse des quartiers.

Mais si nous avons posé le même diagnostic, reste la question des remèdes à apporter.

J’ai proposé que s’il devait y avoir une révision constitutionnelle, l’article 2 de la constitution soit modifié pour donner au principe de laïcité une portée plus effective qui permette de sanctionner le communautarisme. Mais parce qu’il nous faut agir rapidement, j’ai demandé qu’une loi interdisant les listes communautaires soit adoptée par le Parlement, se fondant sur les principes constitutionnels de laïcité, de souveraineté nationale et de la démocratie. Comme le démontre ma proposition de loi, nous avons les fondements juridiques pour interdire ces partis ou ces listes communautaires.

Sur ce sujet, les paroles importent peu. Seuls comptent les actes. De ce point de vue, l’attitude du Premier Ministre à l’Assemblée a de quoi inquiéter : interrogé aujourd’hui sur l’interdiction des listes communautaires, Edouard Philippe s’est contenté d’éluder… Ce n’est pas en nous rangeant derrière le parti de l’immobilisme qui proclame que rien n’est jamais juridiquement possible que nous réaffirmerons nos principes et nos valeurs.

Car l’islam politique n’est pas une fatalité, tout est affaire de volonté.

Le Gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour sortir de l’ambiguïté. A lui de trancher. Rapidement. Car il vaut mieux agir aujourd’hui que subir demain. Voulons-nous qu’un jour la République se réveille avec des fréro-salafistes à la tête de nos municipalités ?

Nous ne devons pas céder à la tentation du défaitisme. Car il y a pire que la radicalisation islamiste, c’est la capitulation devant l’islam radical, parce qu’elle met en péril l’indivisibilité de la République et l’unité du peuple français.

 

Bruno RETAILLEAU