MERCOSUR “Nous ne devons rien lâcher pour nos agriculteurs !” B. RETAILLEAU2 min read

L’accord avec le Mercosur est un nouveau coup de poignard dans le dos des agriculteurs. Il signe une double capitulation, sociale et environnementale. 
 

  • Capitulation sociale car c’est bien un gigantesque plan social qui risque de se produire avec ce mauvais accord : comment les éleveurs de bovins, déjà plongés dans la crise, pourront-ils résister à l’arrivée sur le marché européen de 99 000 tonnes de viande bovine produite à bas coût ? Comment notre filière volaille pourra-t-elle s’en sortir alors que déjà 43% des poulets consommés en France sont importés et que cet accord prévoit 180 000 tonnes supplémentaires venant d’Amérique du Sud ? 
     
  • Capitulation environnementale car les produits agricoles qui demain arriveront sur le marché européen l’ont été avec des substances qui aujourd’hui sont interdites en France. Rien qu’au Brésil, 74% des produits phytosanitaires utilisés sont prohibés en Europe ! Lors des Etats généraux de l’alimentation, Emmanuel Macron avait plaidé pour une alimentation saine et durable et aujourd’hui, il qualifie de « bon accord » un texte qui risque de mettre à terre des filières qui font des efforts considérables en matière de qualité et de responsabilité environnementale, au profit des fermes usines sud-américaines. Ce double discours sur l’écologie est insupportable ! 

Le Parlement français doit absolument se prononcer sur cet accord. Tout comme nos députés doivent défendre au Parlement européen les intérêts agricoles français. Nous ne devons rien lâcher pour nos agriculteurs. J’attends également qu’au niveau européen, des réformes démocratiques soient entreprises car ces accords commerciaux, conçus dans l’opacité la plus totale, doivent être enfin soumis à l’information des peuples et faire l’objet d’une plus grande association des parlements nationaux, avant toute signature. La commission européenne doit sortir de sa bulle idéologique : le libre échange dévoyé, les européens n’en veulent plus ; la concurrence déloyale, nos concitoyens n’en peuvent plus. Faire sauter les dernières barrières pour nos éleveurs alors qu’il y a seulement quelques semaines les européens ont très largement exprimé leur besoin de protection, c’est un déni de démocratie. C’est avec de telles décisions que se préparent les prochaines insurrections électorales. 

Bruno RETAILLEAU
Sénateur de la Vendée et Président du Groupe LR au Sénat