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La réforme de l’Etat

16 janvier 2019

Force Républicaine recevait le 16 janvier Jean Louis THIERIOT, député et auteur de De Gaulle le dernier réformateur,et Xavier FONTANET, ancien PDG d’Essilor et professeur de stratégie pour une table ronde passionnante sur le thème “La France est-elle réformable”.

Pour rendre du pouvoir d’achat aux Français, faut-il : Baisser les impôts et taxes ? Baisser les charges sur les salaires pour augmenter le net ? Les deux et selon quelle priorité ?

Promettre une augmentation de 20% ou plus du salaire minimum, comme le font certains, c’est de la fausse générosité. Une telle décision aboutirait à dégrader encore davantage la compétitivité française mais également à écraser la grille des salaires. En réalité, il n’existe que deux solutions pour augmenter le niveau de vie des Français : diminuer les prélèvements obligatoires tout d’abord, et donc baisser drastiquement la dépense publique ; créer davantage de richesses ensuite, afin de distribuer plus de pouvoir d’achat. Si la France donne parfois le sentiment de ne pas être réformable, c’est d’abord parce que ceux qui la gouvernent ne disent pas la vérité aux Français.

Comment améliorer l’acceptabilité de l’impôt ? Faut-il simplement en baisser le montant ou ne faut-il pas prévoir une nouvelle répartition de l’impôt ?

Il faut faire les deux ! Prenons la question de notre compétitivité : pour la renforcer, il est nécessaire à la fois de baisser les cotisations sociales et de faire porter davantage la charge fiscale sur les produits importés à travers la mise en place de la TVA sociale. L’impôt n’est pas seulement trop élevé en France ; il est aussi mal réparti. Cette question de la répartition de la charge fiscale a d’ailleurs été au cœur du déclenchement de la crise des Gilets jaunes : la France qui a manifesté, c’est aussi celle qui contribue toujours plus et reçoit toujours moins. Cette injustice fiscale, c’est la nouvelle fracture sociale.

Pour baisser la pression fiscale ou les charges dans un contexte de dette explosif, quelles dépenses de l’Etat faut-il baisser en priorité ? A quel type d’aide/prestation/politique faudrait-il renoncer en tout ou partie ou quelle politique faudrait-il réformer en premier lieu ?

Concernant la dépense publique, la France est la lanterne rouge de l’Europe : elle se situe au 28ème rang sur les 28 pays de l’UE ! Sans surprise, ce laisser-aller fait d’elle le champion du monde occidental des impôts et des taxes. Taxer plus pour dépenser plus : telle est la dérive mortifère qui nous a entrainé par le fond. Nous devons nous fixer un objectif de 100 à 120 milliards d’euros d’économies sur cinq années. Cet objectif est réalisable si plusieurs mesures de salut public sont prises, comme le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, qui permettrait à la fois de garantir le pouvoir d’achat des retraités et de réaliser 20 milliards d’économies par an à l’horizon 2025. Ajoutons à cela la nécessaire sortie des 35 heures. Par ailleurs, c’est l’action publique dans son ensemble qui doit être rationalisée. La suppression des doublons entre les collectivités territoriales et l’Etat pourrait générer une économie de 5 milliards d’euros par an ! Est-il responsable de maintenir dans les administrations déconcentrées de l’Etat des services économiques alors que cette compétence a été largement confiée aux Régions ? De même, finissons-en avec un dogme absurde : celui du monopole public dans tous les services publics. Demain, dans les TER, les opérateurs seront des entreprises privées. De même, chaque jour, sur bon nombre de territoires, des transporteurs privés véhiculent les élèves vers leurs établissements scolaires, selon des modalités d’intérêt général définies par les Conseils régionaux. Ce système donne toute satisfaction. Pourquoi ne pas l’élargir pour faire baisser les coûts ?

Quelle place doit-on donner à la compétitivité de notre économie pour favoriser une hausse du pouvoir d’achat ?

La France ne renouera pas avec la prospérité si elle ne renforce pas la compétitivité de ses entreprises. Notamment dans l’industrie. Aujourd’hui, notre pays perd des parts de marché vis-à-vis de l’Allemagne qui produit du haut de gamme et même de l’Espagne, dont le niveau de gamme est comparable au nôtre mais qui dispose d’un coût de production nettement inférieur. Il faut donc diminuer les impôts de production mais également proposer aux entreprises un contrat gagnant-gagnant : moins d’impôts et de taxes contre moins de subventions. C’est d’abord de liberté dont ont besoin nos entrepreneurs. De même, il nous faut nous atteler sérieusement à la problématique des normes et de ces multiples contraintes qui pèse sur les acteurs économiques. Confier cette tâche à la puissance publique est illusoire : elle ne peut être à la fois juge et partie. La bureaucratie est le problème, non la solution. Aussi la France pourrait-elle s’inspirer de ce qu’ont mis en place nos voisins britanniques avec le BRE (Better Regulation Executive) : un comité composé de personnes indépendantes et qualifiées proposant la suppression des normes et règlementations qui étouffent l’économie. Grâce à cette simplification, le gouvernement britannique estime avoir fait faire aux entreprises 12,5 milliards d’économies en cinq ans.

Peut-on réindustrialiser notre pays ?  De quelle manière ?

La désindustrialisation nous plombe. Economiquement et socialement : c’est l’industrie d’un pays qui tire l’innovation, la productivité et finalement les salaires. Car il y a une corrélation entre le pouvoir d’achat et la productivité : c’est parce que celle-ci est plus forte dans l’industrie que le salaire est en moyenne plus élevé que dans les autres secteurs. Pour réindustrialiser, il nous faut actionner les leviers de compétitivité évoqués précédemment mais également investir fortement dans l’industrie du futur. Les Américains ont déjà pris le train de cette transformation industrielle avec l’Advanced Manufacturing Office, les Anglais avec le dispositif Catapult et les Allemands à travers leur industrie 4.0. En France, un écosystème se construit autour des clusters, des Pôles de compétitivité, des Instituts de Recherches Technologiques. Nous avons des atouts considérables, car la France déborde d’intelligence. Mais cet étendard de la réindustrialisation doit être porté au plus haut niveau, pour que notre regard change et qu’un nombre croissant de jeunes s’investissent dans cette filière prometteuse.

Comment favoriser le développement de l’emploi dans les zones les périphériques ? Quel aménagement du territoire pour un développement économique mieux réparti ?

L’emploi ne se décrète pas ; il est d’abord créé par les employeurs. Sur nos territoires, ce sont les PME, souvent familiales, qui sont les premiers pourvoyeurs d’emplois. Pour que la croissance ne profite pas simplement aux métropoles ou aux grandes agglomérations, il faut mettre l’accent sur le développement des PME afin de leur permettre de devenir des ETI (entreprises de tailles intermédiaires) capables d’innover, d’exporter, tout en maintenant leurs centres de décision sur nos territoires. Ces ETI sont une force de frappe industrielle en Allemagne, et même en Angleterre. Elles sont trop peu nombreuses en France. Aux pouvoirs publics de créer les conditions favorables, en matière de financement, de fiscalité ou d’innovation, pour multiplier le nombre d’ETI françaises.

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