UN REGARD SUR… le nucléaire et la politique énergétique de la France

Il y a entre le discours d’Emmanuel Macron au Creusot sur l’excellence de notre filière nucléaire et le projet de loi climat examiné en ce moment à l’Assemblée un gouffre. Cette industrie qui fournit à la France plus de 70% de son électricité apparaît comme une des grandes absentes de l’agenda politique du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron en tressait les louanges dans son discours du 8 décembre 2020.

Dans le contexte de transition énergétique et d’augmentation de la consommation d’électricité que nous connaissons, la France, avec le nucléaire, peut être le leader européen de la production énergétique décarbonée : les italiens qui ont refusé le nucléaire par référendum nous achètent notre électricité et nous construisons les centrales nucléaires anglaises. Les espagnols ont détruit leurs paysages et leurs sols avec d’immenses champs d’éoliennes ; et les allemands après avoir abandonné le nucléaire au profit de l’éolien et du solaire, rouvrent des centrales à charbon, faute d’une production d’électricité suffisante !

L’industrie nucléaire fait vivre aujourd’hui 220 000 personnes et près de 3 000 entreprises sur notre territoire. Nous devrions en être fiers : cinquante ans de travail et de recherche de nos meilleurs ingénieurs et techniciens permettent aujourd’hui de produire avec 7 grammes d’uranium autant d’énergie qu’une tonne de charbon, sans émettre la moindre particule de dioxyde de carbone ! Au lieu de cela, depuis près de dix ans, nous complexons sur l’une de nos plus grandes forces.

Quand nos gouvernants accepteront-ils de voir enfin cette industrie du nucléaire comme le moyen d’avoir une avance considérable dans la transition énergétique ? Alors que les autres pays doivent décarboner leur électricité à coups d’énormes investissements, nous avons atteint cet objectif depuis déjà quarante ans. Nous pourrions être leaders dans l’étape de décarbonisation de nos transports et notre industrie grâce à l’hydrogène que nous pouvons obtenir sans polluer grâce à l’électricité produite par le nucléaire.

Pour éviter que le nucléaire français ne meure, le temps est compté.

  • En premier lieu, le Président doit initier le remplacement des réacteurs nucléaires actuels par ceux de la troisième génération, les réacteurs EPR. Les ingénieurs français sont prêts mais nous avons déjà été doublés par la Chine qui en a deux en fonctionnement depuis plus d’un an. Si rien n’est fait nous risquons de perdre définitivement notre maîtrise et notre savoir-faire.
  • En parallèle, il faut lancer le projet Cigéo qui règlera la question des déchets nucléaires. Ce projet d’enfouissement ultra-sécurisé n’attend plus que l’aval du gouvernement qui se laisse intimidé par des organismes anti-nucléaires.

Ces deux décisions courageuses et nécessaires verront-elle le jour ? Oui veut-on répondre en écoutant Emmanuel Macron au Creusot. Sans doute jamais quand on connaît la position de la Ministre en charge de l’énergie sur le nucléaire.

Mais que pense et que veut vraiment Emmanuel Macron en matière de politique énergétique ?

Une transition énergétique efficace et intelligente impose de refuser l’écologie politique, idéologie responsable de la fermeture de Fessenheim. Alors que cette centrale pouvait fonctionner jusqu’en 2041, la France doit maintenant acheter à l’Allemagne de l’électricité produite au charbon pour compenser les pertes ! L’écologie n’appartient à aucun camp, la préservation de notre environnement est une réalité qui demande du pragmatisme et non des croyances.

Enfin, le nucléaire est aussi le seul choix qui permettrait notre souveraineté énergétique. Un modèle énergétique reposant sur le solaire et l’éolien présente des limites pour notre environnement et notre biodiversité mais il est aussi contraire à nos intérêts économiques : les panneaux solaires sont aujourd’hui produits en Chine et les fabricants d’éoliennes sont danois, espagnols ou allemands. Rester à la pointe de la modernité dans le domaine du nucléaire doit donc être une priorité pour les dirigeants français. Cela commence par le rachat des turbines présentes dans les centrales vendues au géant américain General Electric sous l’autorité de… Emmanuel Macron, alors ministre des finances de François Hollande.

Relancer la filière nucléaire française est aujourd’hui indispensable pour protéger l’environnement et conserver notre indépendance énergétique. La France a les cartes en main, mais pour combien de temps encore ?

 

Caroline, 25 ans.