UN REGARD SUR… Le projet de loi confortant les principes républicains

Quelques jours après l’abject assassinat de Samuel Paty, Emmanuel Macron s’était enfin décidé à aborder le problème de l’islamisme et de sa propagation dans nombre de secteurs de la vie en société.

Dans son discours prononcé aux Mureaux, les mots étaient forts, ils sonnaient juste. Y était pointé du doigt un projet politico-religieux, l’islamisme radical, dont l’ambition est de constituer une contre-société, à travers une organisation méthodique pour « contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle, ériger d’autres valeurs, développer une autre organisation de la société, séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci ».

A 18 mois de la fin de son mandat, le Président de la République semblait enfin avoir pris la mesure du danger mortel qui menace notre Nation. Mais, alors que le projet de loi confortant les principes de la République est examiné par le Parlement, que reste-t-il du discours des Mureaux ?

Rien, ou si peu.

La dénonciation de l’islamisme a pudiquement laissé place à celle du séparatisme puis à la défense des principes républicains. Le « réveil républicain » tant promis s’est métamorphosé en un patchwork de dispositions, parfois intéressantes, destinées à combattre des formes ponctuelles de repli identitaire à l’école, dans les services publics, dans les lieux de culte ou encore dans le tissu associatif.

Certes l’Etat aura désormais un droit de regard renforcé sur les agissements des associations et de leur financement, certes la polygamie et les certificats de virginité feront l’objet d’une vigilance particulière, certes les agents administratifs et les enseignants seront davantage protégés. Mais où est la grande ambition promise par Emmanuel Macron ?

Pourtant, il n’est pas trop tard et l’islamisme peut être vaincu, à la seule condition qu’Emmanuel Macron, ou son successeur, tire les conclusions du discours qu’il a lui-même prononcé.

Pour vaincre l’islamisme, le sursaut devra être global et s’attaquer aux causes et ne plus seulement tenter de soigner ses conséquences. Au premier rang desquelles l’immigration.

Sur les dernières années, la France accueille ou laisse résider sur son sol un solde net annuel de près de 300 000 personnes. L’équivalent de la ville de Strasbourg ! 300 000 personnes qui se dirigent invariablement vers les mêmes zones d’habitation dans lesquelles ils pourront soit bénéficier des solidarités traditionnelles soit profiter de la générosité publique. La persistance des flux migratoires (extension du regroupement familial par Emmanuel Macron, les plus de 90% déboutés du droit d’asile qui restent sur le territoire français…) et leur croissance ont fait reculer, voire disparaître, les éléments constitutifs de la culture et des coutumes françaises. C’est ce que regrette Claire Koç, fille d’immigrés turcs qui vient de publier Claire, le prénom de la honte. Elle y fait l’éloge de l’assimilation : « Ce qui me frappe, c’est qu’on nous affirme toujours que la France a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de l’étranger. Mais jamais on ne nous dit que l’étranger a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de la France. »

L’assimilation. C’est elle qui doit précisément redevenir la boussole des politiques publiques. Quelle fraternité civique peut être envisageable lorsque la haine de soi sert de nec plus ultra de la posture progressiste et lorsque les plus hautes instances de notre pays se complaisent dans l’excitation des rancœurs et frustrations identitaires d’une partie de la jeunesse française ? L’assimilation doit devenir une « assimilation de combat » : cessons de financer et de promouvoir les structures qui se font une spécialité de dénigrer la France et son histoire ; cessons de légitimer, en reprenant leur vocabulaire et leurs schèmes de pensée, les idéologies qui colportent les pires accusations fantaisistes sur son Etat.

Cessons enfin de faire d’une partie de la France un instrument d’influence au bénéfice de certaines puissances étrangères, peu au fait de notre conception humaniste et universaliste du monde. En maintenant, voire en renforçant l’Islam consulaire, à travers notamment l’écriture d’une « charte des valeurs » soumise aux fédérations musulmanes, rejetée par ailleurs par les plus intégristes, Emmanuel Macron persévère dans la faute originelle qui consistait à considérer les Français musulmans comme davantage musulmans que Français. Nos compatriotes musulmans ne sont pas une communauté distincte ou associée. Ils ne doivent donc plus dépendre de quelque manière que ce soit du Maroc, de la Turquie, du Qatar ou encore de l’Algérie.

Le sursaut est possible. Ils nécessitent d’emprunter un chemin ardu. Un chemin que l’actuel projet de loi ne trace malheureusement pas.

Paul, 30 ans, contributeur de l’équipe de Bruno Retailleau.